LIVRE VI, CHAPITRE II. 51Ô
différence est le sexil chiffre qu'il importe de connaître, puisqu'elle est l'objet même du compte.
Pour abréger le calcul, au lieu de rechercher et d'inscrire successivement au crédit et au débit l'intérêt de chaque somme entrée en compte, on recherche seulemeùt le nombre^ (3'est4* dire le produit de chaque somme multipliée parle npnibre des jours pendant lesquels son intérêt a couru t en d'autres termes, la somme dont l'intérêt pendant un jour serait égal à l'intérêt cherché. On inscrit successivement chacun des nombres obtenus dans une colonne spéciale.
Le jour où l'on règle le compte, soit le 31 décembre, l'addition de la colonne des nombres^ tant au crédit qu'au débit, donne une somme égale à celle dont l'intérêt pendant un jour serait égal à la somme des intérêts courus ail profit de chaque somme, tant au crédit qu'au débit : donc en cherchant l'intérêt de la somme des nombres, au crédit et au débit, par la division indiquée plus haut *, on aurait le montant de l'intérêt dû à chacune des deux parties du compte : une soustraction ferait ressortir la différence cherchée.
Mais il est plus simple encore lorsque l'intérêt convenu est le même au crédit et au débit, de relever d'abord la différence des nombres et de calculer l'intérêt stir cette différence. Et effet, par ce moyen, qui n'altère en rien le résultat définitif, on ne fait qu'une division au lieu de deux, et avec un dividende plus petit.
Avec ce procédé, dans un compte courant composé seulement de cent articles, on ne fait qu'une division au lieu de cent, et on n'achète cet avantage qu'au prix de l'addition des ii^mbres, plus élevée, il est vrai, que l'addition de l'intérêt produit par chaque somme.
Voyons d'abord en quoi consiste le compte courant dans son état le plus simple ; ensuite nous examinerons les complications qu'y introduit la pratique et les méthodes les plus gêné* raies et les plus commodes pour les simplifier.
Supposons entre deux banquiers A et B un compte courant dont tous les articles soient établis, valeur au jour d'entrée.
• Voir pages 509 et suivantes.
SâO TRAITÉ DE8 OPÉRATIONS DE BANQUE.
comme si c'étaient des versements effectifs d'espèces. On comprend assez qu'au moyen de l'escompte, tout article, billets, traite ou remise, peut être ramené à telle échéance que Von veut, et notamment à l'échéance du jour où il entre aux livres. C'est par un escompte effectif que la Banque de France et la plupart des grandes maisons de banque ramènent au jour d'entrée l'échéance de tous les effets de commerce que leur remettent les ayants-compte. Rien n'est donc plus simple que de ramener tous les articles à l'échéance d'entrée par un escompte fictif.
Donc A et B ont ensemble un compte courant. Nous tenons les livres de A, et nous y trouvons B créditeur, suivant inventaire fait le 31 décembre, de fr. 3,000. Cette somme est portée entrée au 1" janvier, sur un livre réglé, comme le modèle A ci-joint.
B. et C*, banquiers à Z. leur compte cm 81 Juillet^ à 5 et 6 «/o.
DATKS.
Doit.
Avoir.