LIVRE VI, CHAPITRE III. SSiS
ment à Amsterdam et à Hambourg. Dans cette dernière ville, toutayantrcompte à la Banque est crédité de 27 S/8 marcs de banque contre le dépôt d'un marc de Cologne, soit 6r. 233,769 d'argent fin, et débité, lorsqu'il retire ce dépôt, de 27 3/4 marcs de banque pour chaque marc de poids qu'il retire.
On comprend assez que la monnaie de banque a été imaginée pour éviter les inconvénients du faux-monnayage officiel et les difficultés du change de diverses monnaies étrangères dans les villes dont le territoire était peu étendu. La monnaie de banque ou monnaie d'écriture a pu avoir cours par une simple convention des principaux négociants d'une ville, et bientôt l'usage s'en est répandu même au dehors, parce que cette monnaie, n'ayant point d'existence réelle, avait une fixité de titre et de poids incomparable et ne pouvait être altérée.
La livre sterling était une monnaie de ce genre, et elle a eu cours bien avant que la loi de 1818 lui eût donné la forme réelle du souverain d'or. Le marc banco de Hambourg est la principale monnaie de ce genre qui ait cours encore aujourd'hui.
La monnaie de compte est celle par laquelle toutes les sommes sont exprimées dans les transactions et dans les écritures du commerce. Quel que soit le nombre des pièces de monnaie réelle données et reçues en payement en chaque pays, il y en a toujours une qui est préférée pour les écritures et les transactions, et par laquelle toutes les sommes sont énoncées. Ainsi, en France, la monnaie de compte se compose de la pièce de 1 fr. et de la pièce de*l cent., ou, comme on dit, an compte en France par francs et centimes. On voit tout d'abord que cette expression ne veut pas dire que la monnaie de compte soit la plus employée dans les payements et recettes, car en France le centime est rare et la pièce de i fr. n'est employée que comme appoint de la pièce de 5 fr. Celle-ci prévaut dans l'usage, mais non dans les écritures, parce qu'en effet, la pièce de 1 fr., qui a moins de valeur et qui se subdivise décimalement en centimes, est infiniment plus commode dans les comptes. L'Angleterre compte par livres, shillings et pence : wv les Uyres de commerce, chaque colonne de caisse se con)«
pose donc de trois compartiments ; et comme la livre se divise en 20 sbilliogs et chacun de ceux-ci en 12 pence, il faut souvent faire des réductions qui sont bien plus compliquées que celles qui résultent du système décimal. Ajoutons que la dernière subdivision, le dernier équivalent, le denier ou penny, de 10 centimes environ, ne permet pas, aussi bien que le centime, de rapprocher les comptes de Texactitude maihé^ matique.
La monnaie de change est celle qui est employée dans Tévaluation du change avec les monnaies étrangères. Autrefois il n'était pas rare que la monnaie de change fût différente de la monnaie de compte et de la monnaie réelle. Naguère encore, dans la cote du change entre Paris et Amsterdam, on employait l'ancien écu de 3 livres de France qui n'existait plus, ni comme monnaie relie, ni comme monnaie de compte. Pourquoi ? parce que telle était l'habitude. Mais chaque jour ces distinctions de monnaies diverses qui surchargeaient la mémoire des employés de banque et embarrassaient quelquefois la comptabilité, tendent à disparaître et l'unité s'établit. En France, par exemple, le franc est à la fois monnaie réelle, monnaie de compte et monnaie de change, de même qu'en Angleterre la livre sterling et ses subdivisions.
Quelquefois la monnaie de compte est, soit une monnaie de banque, soit une ancienne monnaie réelle, hors cours, mais qui s'évalue, par un change tacite, en monnaie réelle et courante.
Voici un tableau des monnaies de compte employées sur les principales places de commerce : les villes de la Suisse, du royaume d'Italie et de la Belgique n'y figurent point, parce qu'elles ont la même monnaie de compte que la France. En Allemagne, il n'y a guère plus que deux monnaies, le thaler de Prusse et le florin de l'Allemagne du sud : la plupart des places du commerce comptent comme Berlin et comme Vienne ; la plupart des places espagnoles de l'Amérique du sud ont conservé l'ancienne piastre et comptent conmae Mexico. Il est triste d'ajouter que, le Chili excepté, la plupart des républiques hispano-américaines sont infestées de monnaies qui n'ont ni le poids, ni le titre indiqués par la loi, de telle sorte qu'il n'y a point à proprement parler de pair du