LIVRE VI, OHAPITRS III. 88S
change fixe en présenee d'une fabrioation de monnaie $ms uniformité. La piastre du Chili pèse 9!( grammes à 900/iQOO de fin et se subdivise en centavos, de telle sorte que eette piastre est identique à notre pièce de 8 &., et le centaïKk identique è notre pièce de 8 centimes.
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Pour changer Tune contre Tautre deux monnaies différentes il faut nécessairement prendre l'une des deux pour terme de comparaison. Lorsque nous faisons le change de notre plus grosse pièce d'or avec le franc, nous disons qu'elle vaut cent francs. Dans la comparaison que fait notre esprit il y a un terme fixe, c'est la pièce d'or. Soit que le rapport de valeur qui existe entre la pièce d'or et la pièce d'argent varie par renchérissement ou la dépréciation de l'une ou de l'autre, nous disons que la pièce d'or vaut tel ou tel nombre de francs» plus ou moins : la pièce d'or reste comme un terme fixe de comparaison. Dans le langage du change, ce terme fixe s'appeDe le certain ; le terme variable de comparaison se nomme Vin^ certain. On comprend assez que l'un n'est en réalité ni plus certain, ni plus incertain que l'autre, et que ces mots se rapportent au r61e de l'une ou de l'autre monnaie dans la comparaison. Ainsi lorsqu'on dit qu'une livre sterling vaut 25 fir. 22 c, pltis ou moins^ la livre sterling est le terme fixe, le point de comparaison, ou, pour tout dire en un mot, le certain. Si elle venait h se déprécier, comme à l'époque du papier-monnaie, à subir des variations de 15, 20, 25 p. Vos on dirait que le change est à 22, à 20, à 18 fr., mais la livre sterling n'en serait pas moins le certain^ le terme invariable de comparaison ; le franc, qui n'aurait éprouvé aucune variation» n'en serait pas moins l'incertain.
On dit qu'une place donne le certain à une autre, lorsque c'est la monnaie de la première qui sert de terme de comparaison entre les deux places. Londres donne donc le certain à Paris, et réciproquement Paris lui donne l'incertain. Autrefois ces rapports, fixés par d'anciens usages, étaient tels, qu'en général les monnaies les plus vieilles, les plus anciennement connues, donnaient le certain aux plus modernes. Aujourd'hui on prend presque toujours pour terme fixe, pour certain, celle des deux monnaies dont la valeur est la plus élevée, parce qu'il est plus facile, par ce moyen, de constater et de suivre les plus petites variations du change.
Sur les cotes de change des diverses places, on n'inscrit souvent que Yincertain; on suppose que tous les intéressés connaissent, et ont fixé dans leur mémoire h$^rtain, Ainsi on dira