ARBITRAGES
Les arbitrages de banque ont pour but de trouver la voie la plus avantageuse pour tirer et pour remettre des lettres de change sur les places étrangères. On donne à cette opération le nom d'arbitrage parce que en s'y livrant le banquier fait un choix.
Il y a des opératioDS d'arbitrage qui naissent directement de celles du commerce de marchandises lui-même; il y en a qui sont Tobjet d'un conunerce spécial très-légitime. Dans les premières, il s'agit de tirer ou de remettre, c'est-à-dire de recouvrer une somme déterminée ou de la payer aux conditions les plus avantageuses. Dans les autres, on spécule directement sur le cours des changes, avec liberté, sans être tenu par aucun engagement de recouvrer ou de payer, ou, en d'autres termes, de tirer ou de remettre.
l"" Cas où i] s'agit de tirer ou de remettre une somme déterminée.
S'agit-il de tirer sur Londres, ou, en d'autres termes, de recouvrer une somme à Londres, on cherche si par quelque voie indirecte la livre sterling produira un plus grand nombre de francs que par la voie directe, ce qui se £ait par le change indirect de la livre sterling avec diverses places, ou même en échangeant la livre sterling contre une autre monnaie, celle-ci contre une troisième et celle-ci en francs. En prenant l'exemple déjà cité ci-dessus, où la livre sterling vaudrait 25 fr. 13 à Hambourg, tandis qu'elle ne vaudrait que 25 if. 05 à Paris ou à Londres, Userait plus avantageux de négocia la traite sur Londres à Hambourg et d'en reprendre le montant en papier sur Paris au change de 190.
S'il s'agissait, au contraire, de remettre, c'es1>^-dire de payer à Londres, il serait plus avantageux de remettre directement que de prendre la voie de Hambourg.
En termes généraux, lorsqu'on a besoin de tirer, on cherche, d'après le cours des changes, quelle est la place sur laquelle la monnaie que l'on veut vendre se vend le plus cher, et lorsqu'il s'agit de remettre, c'est-à-dire de payer, on cherche, toujours d'après le cours des changes, quelle est la place sur laquelle la monnaie que l'on doit est à meilleur marché. En un mot la question est toujours d'acheter au meilleur marché et de vendre au meilleur prix que l'on peut.
Dans toutes les opérations relatives à ce que l'on appelle le premier cas des arbitrages, il ne s'agit que de comparer les résultats de divers changes indirects et de choisir le plus avantageux.