LIVRE Vî, CBAPÎTM tV
Soit une somme de 1,000 livres sterling à payer de Paris à Londre^s. Il s'agira de l'y payer au meilleur marché possible, de vérifier si, par une voie indirecte, par Vintermédiaire de telle ou telle place de commerce, on pourrait éteindre la dette de 1 ,000 livres en déboursant un moindre nombre de francs que par le change direct, par l'achat, sur la fplace de Paris, d'une lettre sur Londres.
Les cours sont cotés ainsi qu'il suit :
Londres.
AniBUnwiiD,
Hambourg,
Livourne,
Péterebourg,
Etc.
Cours du Change.
fr. p. 1 Uvre st.
Paris,
fr. p. 100 florins.
Amsterdam,
fr. p. 100 marcs, l/i p. 100 prime.
Hambourg,
LiToumo,
fr. p. 100 roubles.
Pétersbourg, Etc.
fr. p. 1 livre st.
floriDs, 1 1. st.
aiarcs48chei.b/p.1 1.
liY. st. p. 1 Uy. sterl.
pefic«p.1 rouble.
Il s'agit de déterminer le cours de la livre sterling proportionnellement aux monnaies des places indiquées ci-dessus, en d'autres termes, de rechercher successivement le cours de la livre, proportionnellement au franc, en monnaie d'Amsterdam, de Hambourg, de Saint-Pétersbourg, etc., et de choisir ou arbitrer la voie par laquelle on veut faire le payement de 1,000 livres sterling.
On obtient, comme nous l'avons vu, le change indirect entre Paris et Londres, par Hambourg, au moyen de la conjointe suivante :
Entre Paris et Londres, par Ha^nbourg.
1 livre sterting : 212 scheliings baneo, 1,600 sdieliings : 190 francs, :: liivre sterl. : a;a=2Sfr. 13.
Entre Paris et Londres^ par lAvoume,
1 livre sterling =» 25,07.
Entre Patis et Londres, par Saint-Pétersbourg.
1 1. : 240 pence, 39 pence : 1 rouble, iOO roubles : 397 francs, :: 1 liv. : a? =24,43
Entre Paris et Londres, par Amsterdam.
i 1. st. : il.l7 florins^ 100 florins : 213 francs^ :: 1 livre st. : ««23.79.
Par ces opérations successives, on reconnaît promptement que la voie la plus avantageuse pour payer à Londres, ou, ce qui revient au même, pour remettre à Londres, est la voie d'Amsterdam, c'est-à-dire en changeant d'abord des francs contre defe florins d'Amsterdam et ceux-ci contre des livres sterling.
S'il s'agissait au contraire de recouvrer à Londres la même somme de 1,000 livres sterling, il est évident que la voie la plus avantageuse serait celle de Livourne, puisque c'est celle par laquelle on obtiendrait la plus forte somme en francs et centimes pour une somme donnée de livres sterling.
On pourrait de même calculer un arbitrage par deux ou plusieurs places intermédiaires.
Mais tout arbitrage se complique des frais de change et de commission qu'il faut payer aux banquiers par l'intermédiaire desquels passent soit les traites, soit les remises. Il faut donc faire entrer la commission dans le calcul de l'arbitrage ainsi que les faux frais, tels que ports de lettres, etc. Dans la pratique, on évalue le tout à tant pour cent et on ajoute le chiffire au prix de l'arbitrage.
2** Cas où l'on est libre de tirer ou de remettre à volonté.
Un négociant, aussi bien qu'un banquier, peut avoir besoin de tirer ou de remettre sur une place étrangère. Aussi quelques maisons du commerce de marchandises font-elles ce que les cambistes appellent les arbitrages du premier cas ; elles achètent et vendent des lettres sur les places étrangères. Mais la plupart des négociants, mieux avisés, laissent aux banquiers le soin de faire les arbitrages et réservent pour leur commerce ordinaire le temps et l'application dont ils disposent. Entre les banquiers, il en est quelques-uns qui non-seulement achètent et vendent les lettres sur l'étranger, mais qui ont sur les principales places de commerce des correspondants avec des crédits ouverts, de manière à pouvoir à volonté, s'ils y trouvent