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leur intérêt, créer des traites ou des remises. En d'autres termes, ils font sur les changes, outre la commission, des opérations directes.
En arithmétique, ces opérations se réduisent toujours à une recherche sur le pair proportionnel des changes, sur la différence du cours de telle monnaie entre telle place ou telle autre.
Il faut bien observer que celui qui veut faire une spéculation sur les changes agit librement, sans être contraint défaire un payement ou de recouvrer une somme à tel ou tel jour déterminé, en une monnaie fixée d'avance. U peut tirer ou remettre à volonté, choisir, pour formuler sa lettre ou son or* dre, telle monnaie qu'il lui plaît. Bien qu'il réside à Paris, il peut changer, s'il le trouve bon, des florins de Vienne contre des piastres de Madrid, et celles-ci contre des roubles ou des livres sterling. Toutefois cette liberté a des bornes dans la nécessité de changer un peu plus tôt ou un peu plus tard ces monnaies étrangères contre des francs. La nécessité est d'autant plus éloignée que le banquier jouit auprès de ses correspondants d'un plus grand crédit, et si ce crédit est illimité, on peut dire que la liberté du banquier est complète.
Les cambistes ont formulé pour les spéculations sur les changes ce qu'ils appellent quatre maximes fondamentales dans les termes suivants :
1** « Pour tirer sur une place étrangère qui donne le certain^ le prix du change le plus haut est le plus avantageux. »
Celui qui tire vend : donc plus la monnaie qu'il vend est évaluée haut, plus il gagne.
2^ « Pour tirer sur une place étrangère qui donne l'incertain^ le prix du change le plus bas est le plus avantageux. y> En effet, on change la monnaie exprimée par l'incertain contre celle qui exprime le certain : moins la monnaie que l'on achète est coûteuse et plus on gagne.
3* a Pour faire des remises^ sur une place étrangère qui donne le certain^ le prix du change le plus bas est le plus avantageux. » Qui remet achète, et il s'agit pour lui d'acheter à bon marché : ce qui a lieu lorsqu'il achète la monnaie du certain à bas prix.
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4"* a Pour Dure des remisa sur une place étrangère qui donae l'incertain^ le prix le plus haut est le plus avantageux. » Toujours pour le même motif que ci-dessus.
n est asse» difficile de comprendre Futilité de ces maximes, simples et presque naïves, qui semblent empruntées à Téode et dont rhomme d'affaires n'a aucun besoin. Mais elles sont enseignées depuis si longtemps et avec tant de solennité, que nous n'avons pas voulu les omettre.
Pour spéculer sur les changes, il faut se rendre exactement compte du sens des cours. On parvient à les comparer en« semble et à les réduire promptement à une mesure commune par la pratique, lorsque l'on jouit d'une excellente mémoire et qu'on est organisé pour les affiedres. On raconte que feu U, Nathan Meyer Rotschild, de Londres, concluait chaque jour ses affaires de change, qui étaient immenses, couramment, en causant, sans prendre de notes, au pied d'une des colonnes du Stock exchange et qu'en rentrant, il dictait le détail des opérations qu'il avait faites, sans erreur ni omission, de manière à ce qu'on pût en passer écriture sur-le-champ. Peu d'hommes assurément sont doués de facultés semblables : d'ailleurs, avant d'en venir là, il faut commencer, comme tout le monde, par l'arithmétique. Il s'agit toujours de trouver le pair proportionnel de la monnaie sur laquelle on veut opérer, et de plusieurs monnaies, si l'on n'a pas de dessein arrêté sur telle ou telle place. Ceci revient toujours aux opérations indiquées plus haut.
Ceux qui désireraient un plus grand nombre d'exemples et d'exercices pratiques les trouveront dans le Traité du change et des arbitrages, de M. Ch. Le Touzé. Ils y trouveront également tous les exercices relatifs aux arbitrages sur matières d'or et d'argent. L'auteur de ce livre est un praticien et son travail est assez récent pour que les renseignements nombreux qu'il contient n'aient pas trop vieilli.
Là s'arrête l'arithmétique : on comprend qu'elle n'a rien à voir dans les convenances pour opérer sur telle ou telle ville, avec tel ou tel correspondant : elle ne peut pas indiquer quelle est la profondeur du cours, si l'on peut s'exprimer, c'est-à-dire combien il pourrait supporter d'achats ou de
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Tentes Bang Tariations seofiiblfis et quelles sont ses ohaiices de durée.
Ainsi, pour opérer une spéculation en connaissanee de cauee, il faut sayoir, par exemple si un achat important de livrée sterling à Yienne n'élèverait pas le cours sur cette place, et si une vente importante à Milan n'y ferait pas baisser la valeur de la livre, etc. Or, ce sont toutes ces considérations très-complexes, et sur lesquelles on ne peut ôtre fixé qu'à la suite d'une longue expérience et par des relations sûres, qui doivent décider à faire ou h ne faire pas FopératioB. «
Quant aux opérations combinées et multipliées auxqudles peuvent donner lieu les spéculations sur les changes, elles sortent complètement de notre sujet. C'est une matière sur laquelle il n'y a point de théorie certaine, pas plus que sur les opérations particulières de tel ou tel commerce déterminé. Quels que soient les ordres de banque, composés ou simples, fondés ou non sur une circulation de papier, il faut en dernière analyse conclure par un achat ou par une vente de monnaie, ou plus exactement, par le change d'une monnaie pour une autre, et, en ce qui touche l'arithmétique, on ne sort pas de la règle conjointe.
Les commissions et les calculs auxquels elles donnent lieu ont môme perdu depuis quelque temps une grande partie de leur andenne importance. Les spéculations sur les changes deviennent rares, et lorsqu'un banquier en fait une, c'est, ordinairement, de compte à demi avec un de ses correspondants. La plupart des opérations de change roulent sur les payements et recouvrements de commerce de marchandises.
Les arbitrages entre les monnaies et les matières d'or, qui tenaient autrefois une grande place dans les affaires des banquiers cambistes, ne sont plus qu'une opération exceptionnelle depuis la découverte des mines de la Californie et de l'Australie. Les matières d'argent ont fait l'objet d'un commerce plus actif depuis quelque temps, et on a changé contre de l'or des pièces de 5 fr. pour les convertir en roupies.
Les monnaies qui servaient le plus habituellement an commerce des matières d'or et d'argent, étaient les onces d'or ou quadruples et les piastres d'Espagne. Aujourd'hui la poudre
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d'or fait concurrence aux quadruples, et les pièces de 5 fr. viennent presque partout remplacer les piastres.
Dans les arbitrs^ de monnaies et de matières d*or et d'argent, on calcule exactement la valeur intrinsèque des premières, et on les compare aux métaux précieux ; on juge, on arbitre, s'il est avantageux de changer les unes contre les autres. La règle conjointe, au lieu de porter sur les monnaies et sur les chiffres des cours, portera sur le change de divers poids et mesures et sur l'évaluation du fin contenu dans les monnaies.
On trouvera peut-être que l'arithmétique de banque, ainsi réduite à quelques opérations qui se reproduisent sans cesse, soit dans les comptes d'intérêt, soit dans les comptes courants, soit dans les arbitrages, est une arithmétique fort simple. En effet, en théorie, la connaissance approfondie des proportions et des applications immédiates qui s'en déduisent est suffisante pour bien comprendre toutes les opérations usitées en banque. Mais comprendre est une chose et pratiquer en est une autre. On peut bien connaître la théorie et faire exactement toutes les opérations; c'est peu si Ton ne les fait vite, dans la forme qu'elles doivent recevoir sur les livres, de manière à rendre le résultat saillant. C'est peu même de calculer exactement et vite, la plume à la main et dans l'isolement; il faut encore savoir calculer de tête, sans livre, ni plume, dans son bureau et à la promenade, dans la rue même et en entretenant une conversation, de manière à pouvoir embrasser d'un coup d'œil une offre de négociation, en apprécier tous les détails et y répondre en quelques instants. Une longue expérience et une aptitude mnémonique spéciale peuvent seules enseigner les secrets de l'arithmétique mentale. Ce serait folie de prétendre l'enseigner dans un livre.