‹ Traité théorique et pratique des opérations de banqueChapitre 26 sur 268 · CHAPITRE }L · texte numérisé non relu

CHAPITRE }L

DE l'aPTÏTUD'E BB'S «CAPITAUX.

Les capitaux, prêtés ou non, il jqc faut jamais Toublier, existent toujours et nécessairement sous une forme matérielle : il y a par .conséquent autant de «sortes de capitaux qu'il y a d'espèces de marchandises. Et comme, par suite de la division du travail, chaque espèce de marchandises est employée dans rindustrie ou le commerce, jusqu'à consommation, par une classe iparticuUère d'entrepreneurs qui ont des vues, des besoins «t des habitudes spéciales, il en résulte qu'il existe autant de marchés particuliers de crédit qu'il y a d'espèces différentes de capitaux, c'est-à-dire de marchandises.

Chaque classe de capitaux adonc des lois particulières de disponibilité, et, si l'on peut s'exprimer ainsi, une «aptitude spéciale » qui détermine les conditions de l'offre et delà demande. Jean est agriculteur: il veut faire valoir unfonds de terre; peu lui importe qu'il y ait sur le marché d'autres capitaux disponibles; il ne s'occupe que des fonds de terre, et sa demande n'exerce une influence que sur le cours des fermages. Tel autre veut louer une maison, une machine, et sa demande n'affecte que le marché spécial de location des maisons ou des machines.

Cette séparation des marchés n'existe pas seulement en matière d'immeubles. Paul est maître de forges : il veut emprunter des fontes ^u du charbon pour en faire des fers. Son

Page 1