LIVKE II, CHAPITRE XVI
action dont le capital primitif est de 800 fr. se vend 800 fr., le courtage est perçu sur cette dernière somme, soit que les 800 fr. du capital nominal aient ou n'aient pas été versés par les premiers souscripteurs. • ^
Les négociations de rentes et d'actions ontlieu tous lesjours non fériés de une heure à trois heures, à la criée, autour de la corbeille de la Bourse, dans un espace réservé aux seuls agents de change et qu'on nomme le parquet. Les règlements de la Compagnie des agents de change interdisent à ces officiers publics de conclure aucune affaire en course ou dans leur cabinet et môme sur le parquet autrement qu'à la criée. Mais il serait assez difficile de comprendre comment certaines opérations, les reports, par exemple, pourraient se faire autrement que de gré à gré.
§ 2. — Des divers titres qui se négocient à la Bourse de Paris.
Il se négocie à la Bourse de Paris des titres de toute sorte. Le cours des plus importants seulement ou des plus favorisés est inscrit sur la cote officielle rédigée par les agents de change. Ce sont ces titres sur lesquels la spéculation se porte le plus volontiers. Les autres représentent des capitaux moins importants et portent des dénominations très-variées ; ils se négocient le plus souvent dans la coulisse, sans ministère d'agents de change.
Les titres qui fournissent la matière des négociations les plus habituelles, sont les rentes françaises, quelques rentes étrangères, les bons du Trésor, les actions de la Banque de France, du Comptoir d'escompte, des compagnies de chemins de fer françaises et en général les actions des compagnies anonymes * . Les titres sur lesquels se fait en ce moment le plus grand nombre d'affaires, sont les inscriptions de rente, les actions de chemins de fer et des sociétés de crédit mobilier et foncier.
Rentes françaises. — Les rentes sur l'État sont perpétuelles : elles portent actuellement la dénomination de 4 1/2, 4 et 3
* Voir pour plos de détails l'excellent Manuel det fonds publies et des sociétés par actionsy par M. Alph. Courtois fils.
p. Vo'Les arrérages de ces rentes sont payés, tous les six mois, par le trésor public, savoir : le 22 mars et le 22 septembre, pour les rentes 4 et 4 1/2 p. 7o ; le 22 juin et le 22 décembre, pour les rentes 3 p. 7o- Lorsqu'on dit que le 4 1/2 p. Vo Jouissance du 22 septembre, est à 104, cela signifie que 4 fr. 80 de rente annuelle, dont 2 fr. 26 payables le 22 mars suivant, se vendent à la Bourse 104 fr. Dans le prix de la rente, vendeurs et acquéreurs tiennent compte de ces 2 fr. 25 payables plus ou moins prochainement. De même, lorsqu'on dit que le 3 p. 7o jouissance du 22 décembre est à 77, cela signifie qu'une inscription de 3 fr. de rente annuelle, dont 1 fr. 80 payables le 22 juin suivant, se vend à la Bourse au prix de 77 fr.
On appelle coupon • cet intérêt semestriel, et on dit que le coupon est détaché de l'inscription le 7 mars et le 7 septembre, pour le 4 1/2 et le 4 p. Vo ; le 7 juin et le 7 décembre, pour le 3 p. Vo? parce que l'arrérage semestriel est payé à celui qui était propriétaire de l'inscription à ces dates. Il en résulte que la valeur réelle des rentes, à la Bourse, est diminuée de 2 fr. 28 pour le 4 1/2, de 2 fr. pour le 4 p. 7o, du 6 au 7 mars et du 6 au 7 septembre, de 1 fr. 80 pour le 3 p. 7o du 6 au 7 juin et du 6 au 7 septembre.
Actions. — Après les inscriptions de rentes françaises, les actions des diverses compagnies anonymes et particulièrement celles qui ont pour objet l'exploitation des chemins de fer, fournissent les titres les plus connus et dont la négociation est la plus facile. La plupart de ces actions ont pris en quelque sorte un titre uniforme. Leur coupure courante est de 800 fr. et il y en a un grand nombre au porteur, ce qui rend les négociations à la fois plus commodes et plus promptes.
Les obligations des compagnies de chemin de fer, les titres d'emprunt de la ville de Paris, les lettres de gage du crédit foncier, qui assurent aux détenteurs la jouissance d'annuités rachetables à diverses conditions, forment la matière de nombreuses transactions à la Bourse de Paris.
* Les rentes au porteur ont en effet un coupon d'arrérages joint au titre, et qui est détaché chaque fois que les arrérages sont payés. Les rentes nominatives n'ont point de coupon. Le payement des arréragea est constaté par l'apposition d'un timbre spécial au dos du titre.