‹ Traité théorique & pratique des moteurs à gazChapitre 36 sur 68 · CD · texte numérisé non relu

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La densité de ce gaz était de 0,833 et son pouvoir calorifique par mètre cube atteignait 1.432 calories.

Des nombreuses analyses que j'ai faites je suis autorisé à déduire que riiydrogène forme parfois jusqu'à :23^ du volume ; l'oxyde de carbone varie de 18 à i2»"i ; mais le volume total des gaz combustibles dépasse rarement 48. Avec de bon anthracite, on peut obtenir lî>00 calories par mètre cube; on tombe rarement au-dessous de 1.350 el nous estimons que c'est une limite inférieure, au-dessous de laquelle le moteur marche mal.

Par mèlre cube de gaz, il fiiut environ 2o0 grammes d'anthracite. On peut facilement calculer d'après cela le prix de revient du gaz. Chez MM. Van Houten, on emploie du charbon à 20 francs la tonne, et, en tenant compte de tous les frais, conduite des appareils, réparations, intérêt et amortissement du matériel, etc., on arrive à peine à un prix de 1 centime le mètre cube; il est vrai de dire que l'installation est colossale. En opérant en petit, l'on arriverait à 2 centimes environ par 1000 litres. Les plus petits appareils produisent 23 mètres cubes par heure : on ne peut guère descendre au-dessous, et il n'y aurait pas d'avantage à alimenter de la sorte un moteur de moins de 5 à 6 chevaux.

La conduite d'un appareil Dowson n'exige aucune connaissance spéciale et, dans la pratique, un chauffeur, tout en faisant son travail ordinaire, peut en même temps surveiller l'opération, moyennant une légère augmentation de salaire.

Quant aux consommations rapportées au cheval-heure effectif, elles ont été étabhes par de sérieuses expériences dont nous parlerons plus loin. M. Dugald Clerk a trouvé une dépense de 630 grammes d'anthracite; à Rouen, j'ai relevé, en septembre 1891, une consommation de ol6 grammes d'anthracite et de 96 grammes de coke, alors que cependant l'installation du gazogène laissait à désirer. Chez MM. Crossley d'Openshaw, qui font plus de 150 chevaux par les gaz pauvres, on a produit le cheval-heure par 460 grammes d'anthracite {*). A Munich, à la station d'électricité de Schwabing, un rapport officiel de l'ingénieur Uppenborn a établi que le cheval-heure effectif coûtait 700 grammes de combustible ; cette installation fonctionne depuis le 27 février 1889.

(1) Ce résultat extraordinaire a été releré à la papeterie Spicer and Son à Gadalrang.

En somme, le gazogène Dowson donne un gaz, qui est 3,8 fois moins riche que le gaz de ville, mais qui coûte de 6 à 10 fois moins cher. Nous déclarons hautement que cet appareil sera le plus puissant auxiliaire du moteur à gaz dans la concurrence qu'il est appelé à faire à la machine à vapeur.

M. Dowson a obtenu, pour les services qu'il a rendus à l'industrie, une médaille d'or et le prix de 50 guinées de Sir William Siemens.

M. Pierson est l'agent pour la France de la Dowson Economie Gas and Power C limited, dont le siège est à Londres.

Jusqu'ici M. Dowson n'a point encore eu de rival.

Mais il a obtenu de trop beaux succès et les gaz pauvres sont trop nécessaires aux progrès du moteur àgazpour que les inventeurs, toujours en quête d'une nouveauté, négligent cette branche d'industrie qui promet de devenir largement rémunératrice.

M. Lencauchez devait à son passé de chercher à perfectionner ce qui existait, en appliquant aux moteurs les remarquables gazogènes qu'il a imaginés et construits. Cet ingénieur a, en effet, remanié et perfectionné les appareils Siemens avec beaucoup de bonheur et Ton connaît les belles etgrandioses installations qu'il a faites, notamment à Saint-Denis pour la Société des métaux et à la raffinerie Say à Paris.

Nous savons qu'il a essayé aux chantiers de la Buire, à Lyon, divers modèles, qui lui ont donné des résultats plus que satisfaisants : en employant une houille maigre du Creuset, il a obtenu 4.500 litres de bon gaz par kilogramme de combustible.

Ces essais ont été poursuivis par la Société de l'Horme, de qui dépendent les chantiers de la Buire, et qui a acquis la concession, pour le midi de la France et quelques pays étrangers, du moteur Simplex.

Une application du nouveau gazogène Buire-Lencauchez a été faite à Marseille à la minoterie de M. Barataud, et j'ai reçu à analyser des gaz d'une qualité excellente, qui expliquent les résultats fournis par cette installation : l'appareil marche jour et nuit depuis plusieurs mois, et la dépense d'anthracite est inférieure à tout ce qu'on pouvait espérer

Malheureusement la discrétion nécessitée par la prise de certains brevets a empêché Tadministration de la Buire de nous fournir les renseignements dont nous aurions eu besoin et qu'elle eut certainement été heureuse de nous communiquer, et, à notre grand regret, nous ne pouvons donner aucun document sur les dernières créations de cette importante maison de Lyon, qui parait vouloir se consacrer résolument à la production économique des gaz pauvres.

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