L'ÉTENDUE DES ANNE-XIONS TERRITORIALES
du Kronprinz, du grand-duc de Bade et des ministres de l'Allemagne du Sud, assure que Bismarck inclinait à céder sur ce point et que Thiers ne put pas profiter de ces dispositions parce qu'il n'eut pas la finesse de les deviner. A défaut de preuves positives, il est difficile de se prononcer aussi catégoriquement. Les exigences du parti militaire, pour qui la possession du terrain en avant de la ligne de la Moselle était considérée comme une nécessité, pouvaient difficilement être réfutées. Voir ces considérations stratégiques déjà indiquées avant les préliminaires dans un article de la Gazette de la Bourse de Berlin, inséré dans le Moniteur officiel du Gouvernement général de Lorraine du 28 février 1871, et développées avec plus de netteté dans un article de la. Gazette de Silésie inséré dans le même Moniteur du 16 mars 1871. En somme, ce sont ces considérations d'ordre militaire qui l'emportèrent. Aussi Denis, pourtant peu indulgent pour Thiers, reconnaît que, vraisemblablement, un autre que lui n'eût pu sauver Metz (La Fondation de V Empire allemand, pp. 518-519). Il est d'ailleurs présumable, on l'oublie trop aisément, que si Thiers eût réussi pour Metz, il eût échoué pour Belfort.