C.:—'LES,/GLOSSECTOMIES PAR VOIE TRANSMAXILLAIRE
VaLLas enseignait que la caractéristique opératoire du cancer du plancher, c’est la résection osseuse.
En effet, dès qu'une tumeur a pris une extension considérable, elle envahit la muqueuse de voisinage : le plancher de la bouche en avant, les piliers et la région amygdaliennes latéralement. Dès qu'elle atteint le périoste et se fixe aux tissus osseux, elle devient justiciable, si l’on veut en pratiquer l’exérèse chirurgicale, d’un abord par voie transmaxillaire. Les pharyngotomies dans ces cas sont insuffisantes pour permettre une exérèse complète. Il est nécessaire, suivant l'expression souvent citée de J. L. FAURE « de se débarrasser du mur ».
Opération grave lorsqu'elle interrompt la continuité de l'arc mandibulaire et qu'elle fait communiquer la cavité buccale et les espaces cellulaires du cou, opération dont la mortalité effrayante a contraint la plupart des chirurgiens à limiter l'emploi du bistouri, elle devient une opération bénigne et simple quand on se borne à un morcellement partiel du maxillaire inférieur. C’est ce qu'avait déjà très bien montré Morestin. C’est ce que vient de redire R. BERNARD (1), qui a donné à la question un renouveau d'actualité. C’est pourquoi la formule de Varras, un peu schématique, semble en partie justifiée à l’heure acluelle, contrairement à l'opinion des classiques.
(1) R. BERNARD. — Traitement chirurgical des cancers du plancher de la bouche propagés au maxillaire inférieur par la résection partielle du maxillaire. (Journ. Chir., t. 33, n° 3, mars 1929).
(2) LAMBERT. — Traitement chirurgical des cancers du plancher de la bouche. Thèse de Lyon, 1911.