‹ Traitement actuel du cancer de la langueChapitre 33 sur 247 · LA VOIE TRANSMAXILLAIRE MÉDIANE · texte numérisé non relu

LA VOIE TRANSMAXILLAIRE MÉDIANE

Lorsqu'on veut avoir accès sur le segment inférieur de la langue, on peut utiliser deux procédés :

— Soil la section niédiane ou para-médiane de la machoire qui une fois les deux tranches osseuses écartées, permet d’extirper les tissus malades. C’est une 6pératon de pénétration.

— Soit la section bilatérale, verticale de la machoire, avec résection du Segment intermédiaire, opération de pénétration et d’exérèse

S'opposant aux résections totales préconisées par VaLLas et dont on lira la technique dans la thèse de Lam- BERT. (2), les résections parcellaires sont seules aujourd'hui employées. <

Les premières en effet, si elles permettent anatomiquement l’ablation large des lésions sont affreusement graves et mutilantes, nécessitant après la guérison opératoire la mise en place d'un appareil de prothèse.

Les secondes au contraire, inspirées de J. L. Faure et de MorEsTN\ (1) réalisent une opération strictement buccale.

TECHNIQUE DE LA RÉSECTION PARTIELLE DU MAXILLAIRE DANS LES CANCERS DU PLANCHER.

MoresTIN pratiquait dans le même temps l'évidement des loges ganglionnaires et la résection du maxillaire.

(1) MoREsTIN. — Congrès Français de Chirurgie, 1907. Comptes-rendus de la Soc. Nat. de chir., 22 juillet 1908.

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Nous avons l'habitude de scmder ces deux actes opéraloires. Nous décrirons donc seulement dans ce paragraphe de technique l’exérèse de la tumeur elle-même.

Position du malade : Le malade est placé sur Le dos. mi-assis, la (ête en position d'hyper-extension, un billot sous les épaules.

FIG. 7. — Opération de Morestin. Tracé de l’incision. «

1* Lemps : Incision. — On peut tracer soit une double incision verticale à partir de la commissure des lèvres, et descendant sur la région mentonnière, soit une incision verticale divisant la lèvre inférieure en son milieu et du point Inférieur de laquelle partent deux branches parallèles au maxillaire inférieur, branches que l’on peut arrêter plus où moins près du bord antérieur du sterno-

cléido-mastoïdien. Cette dernière incision nous parait préférable.

2° temps : Dissection des deux lambeaux ainsi créés. — Rapidement au bistouri et à la rugine, en raclant le pérloste, on détache de chaque côté deux lambeaux comprenant la moitié correspondante de la lèvre et de la Joue.

F16. 8. — Opération de Morestin. Tracé de la section osseuse.

3° temps : Réseclion du maxillaire. — On doit réséquer un fragment assez large de l'arc maxillaire en laissant une baguette osseuse de 1 cm de hauteur à partir du bord inférieur.

L'opération peut être réalisée soit par morcellement à la pince gouge, soil avec la scie, le ciseau et le maillet.

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Dans ce dernier cas, on pousse un trait de scie transversal à la hauteur voulue ; deux traits de scie verticaux, détachés sur le précédent à partir de la première pré-molaire, achèvent de mobiliser ce fragment. Il%st facile alors de le détacher avec une pince ou un ciseau, (fig. 8).

4° temps : exérèse de la tumeur. — On sectionne verticalement la langue en s’aidant d’un fil tracteur passé dans la pointe. L’exérèse doit porter au-delà des limites du néoplasme. On se reporte ensuite vers le plancher de la bouche. On évide soigneusement les deux creux sub-linguaux Jusqu'à la sangle du mylo-hyoïdien et d’un bloc on enlève l'arc maxillaire, la tumeur et le contenu du plancher de la bouche.

o° Lemps : Réfeclion de là langue. — On pince de chaque côté dans le moignon restant les linguales qui saignent. Un premier plan de capitonnage au catgut est recouvert d’un deuxième plan muqueux qui reconstitue la langue. On termine par la suture cutanée.

Nous verrons ultérieurement que les suites opératoires sont simples en dehors des complications banales observées à l’occasion de tout traumatisme opératoire chez ces malades. La protection des espaces celluleux du cou par le diaphragme pelvien laissé en place empêche l'appari- Uon des cellulites cervicales toujours si graves après les résections totales.

L'intérêt économique du procédé de MoREsTN a été. bien mis en évidence par R. BerNar». Il apporte :

Comme avantages immédiats : un pronostic favorable et des suites relativement simples.

Comme avantages éloignés :

la conservation de l'ampleur de la bouche :

la conservation des attaches antérieures de la langue et de l'appareil hvoïdien, facteurs d’habileté

LÉ fonctionnelle, alimentation souvent satisfaisante. mastication facile, élocution très bonne S

la conservation d'une esthétique sub-normale.

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