LV. IliAilEMRNT ADJUVANT DU STnABISMK
strabisme convergent, il s'agissait de strabisme divergent. Un simple examen de la figure 52 permet d'en comprendre le mécanisme : dans l'œil gauche 0 vient
OG OD
Fig. ii2. — Mode de vision du striibique divergent dans i'expérienre à une lettre (Diplopie croisée).
former son image cà gauche de la macula (m) et celleci est projelée à droite en 0'.
En résumé, ainsi qu'on le voit par cette expérience à une lettre, le sujet doué de vision binoculaire, c'est à-dire chez lequel les deux lignes visuelles viennent exactement converger au point 0, ne voit qu'un seul 0. Si ses lignes visuelles viennent converger trop en avant (strabisme convergent) ou trop en arrière (strabisme divergent) de ce même point, immédiatement il voit deux 0 (fig. 51 et 52).
EXERCICES ORTHOPTIQUES
Qu'il s'agisse donc de strabisme divergent ou de strabisme convergent, le résultat est toujours identique : le sujet voit deux 0.
Si nous voulons maintenant tirer de cette expérience d'autres renseignements sur la variété du strabisme, nous devrons rechercber à quel œil appartient chacune des imases. Pour cela, comme nous l'avons dit à propos de la diplopie, nous placerons devant l'un des deux yeux un verre rouge et nous demanderons au sujet de nous indiquer la position de la lettre rouge par rapport à la lettre noire ; ou plus simplement nous interposerons pendant quelques secondes la main en écran devant l'un des yeux et nous rechercherons la lettre qui vient de disparaître. En répétant plusieurs fois cette petite manœuvre tantôt sur un œil, tantôt sur l'autre et en appliquant les données énoncées plus haut, il est très facile de faire le diagnostic de la variété de la déviation. La main placée devant Vœil gauche fait-elle disparaître la letlre droite, on dira qu'il y a diplopie croisée et l'on pourra penser à un itrahisjne divergent (fig. 52) ; au contraire, la main devant rœ2/ gauche fait-elle disparaître la lettre gauche, on dira qu'il y a diplopie homonyme et l'on pourra penser à un strabisme convergent (fig*. 51).
Tout ceci d'ailleurs est purement théorique et l'on ne devra jamais se baser sur cette seule expérience pour affirmer un diagnostic. Un strabique pourrait, lui aussi, ne voir qu'un seul 0 et l'on serait tenté de conclure à l'existence de la vision binoculaire, si l'on n'avait songé à rechercher par les autres procédés la présence d'une amblyopie ou d'une neutralisation.
LK rUAlTKMENT ADJUVANT DU STIIARISMK
Toutes les fois qu'il y a diplopie, les deux lettres ne sont pas forcément sur une même ligne horizontale ; il arrive même assez fréquemment que l'une des deux soit sensiblement plus élevée que l'autre. Cela veut dire que les deux yeux ne sont pas exactement à la même hauteur, qu'il y a du strabisme sursum ou deorsumvergent. Eu appliquant les données que nous avons précédemment exposées et que nous étudierons plus en
Fig. 53. — Projection dans le strabisme deorsumvergcnt.
détail dans l'expérience n° 2, il est facile de s'apercevoir qu'à l'œil le plus bas appartient l'image la plus élevée et inversement.
Dans cet œil, en effet (fig. 53), le point 0 vient former son image en o, au-dessous de la macula m ; elle est donc projetée en 0'. Le strabisme purement vertical est extrêmement rare ; il est plus fréquent de le voir compliquer des strabismes convergents ou divergents.
Eu plaçant convenablement un prisme devant l'un ou l'autre des yeux, le sommet nasal, temporal, supérieur ou inférieur, on peut, ainsi que nous l'avons dit, réaliser toutes les variétés de strabisme.
Le prisme, en effet, dévie les rayons lumineux qui le traversent vers la base. Mais l'image étant vue toujours dans le prolongement du rayon réfracté, est reportée par l'observateur vers l'arête, si bien qu'en pratique
KXlCnCICES OllTUOPTIQUES
nous pouvons dire que le prisme dévie l'image vers r arête {Wsç. 54).
Fig. o4. — Marche des rayons lumineux dans le prisme.
Dans l'exemple que nous avons choisi (A fig-. 55) un prisme Pde 10° est placé devant l'œil gauche, le som-
LE TRAU'EMENT ADJUV Dl' STRABISME
met dirigé du côté nasal. Le rayon parti de 0 est dévié par le prisme vers sa base et vient former son imago en o à gauche de la macula ; elle est ensuite projetée dans l'espace cà droite de 0 en 0'. C'est exactement ce qui se passe dans un strabisme divergent (B, fig. 35) : l'image de 0 vient également se former dans l'œil
H-i, .0 i c m-isme à arêle temporale placé devant l'un des deux yeux Hg. o(. Le l^ijsme^a ^^.^v^ ^trabique convergent.
gauche en o à gauche de> macula, et est projetée en 0'. Un prisme à sommet nasal réalise donc un strabisme divergent. , , .i n 1a Chez le sujet normal qui fixe la lettre 0, le prisme a pour effet de produire de la diplopie en déviant en 0' l'image de l'œil gauche. Mats alors intervient le réflexe rétinien de convergence, qiu
KXERCICES ORTDOPTIQUES
US
sollicite l'œil gauche à exécuter un certain mouvement de convergence pour faire coïncider la macula m avec le point o. Ace moment, les deux maculas reçoivent en même temps l'image de 0 et le fusionnement se produit (voir p. 45 : Asthénopie accommodalive). Il est donc indispensable de choisir un prisme suffisamment ' fort pour pouvoir lutter contre cette convergence.
Si, au lieu d'être nasal, le sommet du prisme était temporal, on réaliserait un strabisme convergent (fig. 56) ; mais ici le sujet cherchera à lutter contre l'effet du prisme par la divergence. Or, on sait que celle-ci est beaucoup moindre que la convergence, ce qui permettra d'employer un prisme moins fort.
2° Expérience n° '2 ou expérience à deux lettres verticales.
Dispositif. — Nous l'avons décrit déjcà (voy. p 101 %. 44 et 45). On utilise les deux trous du disque es plus éloignés, les plus rapprochés étant fermés par 1 opercule, et on imprime au disque un léger mouvement de rotation de telle sorte que les deux trous les plus éloignés fassent avec la verticale un angle de 30° environ. Il existe dans les diploscopes du commerce un petit cran d'arrêt qui permet facilement de mettre le disque en bonne position Si l'on se sert de notre cJipIoscope simplifié, il suffit de placer le disque de telle sorte que le côté interne des trous vienne presque au contact de la face externe de la règle sur
116 Li; TRAlTIiMENT ADJUVANT DU STnAUlSME
laquelle est fixée le disque (l). La. bai-rcttc [b) est placée dans la position verticale et dans ces conditions le sujet, qui a la vision binoculaire voit les deux lettres
i placées exactement l'une au-dessus de l'autre (2).
Les deux trous sont-ils placés dans la situation delà figure 57, celui du côté droit situé en haut, à la place de 1 lieure d'un cadran, celui du côté gauche en bas, à 7 heures, c'est la lettre supérieure Z qui est vue par l'œil droit et lalettre inférieure N qui est vue par l'œil gauche (fig. 57) ; au contraire, dans la situation de la figure 58, l'orifice supérieur étant à gauche, à 11 heures, et l'orifice inférieur k droite, à 5 heures, c'est la lettre supérieure Z qui est vue par l'œil gauche et la Içttre iaférieure N qui est vue par l'œil droit (fig. 58) .
Si nous supposons le disque virtuellement coupe en deux moitiés égales par une ligue verticale passant
sinuilalion, Il miporte ae be leiiii j ^ perdre dp.
extrémi.é du diP|Of ^°Pf, P'!' ^f,f,'ond^ les rapjorts des l.o„s vue les ypiude lobser\ect,dans ceb ConQiuu ,^
avec l:.r'^Rle verticnle, appi^ ec '%';^,<;P°f™!ci ^ont en l)onne ",t;'C'i.or7în;;re d s° l oS doïu'enir •u^contact des bords dP [;°ï;^;?-oif s^^'S- crun ^lim^ aoumes images.
(■2)1.a barrette ^ pour res. 1 at lu de s ,pp,^ ^^^^ diploscope
Cliacun des trous, en cfleJ, ' f,;°"*'',^ avec plus de est vu double eu diplopie c.^!^^^^^^ ^. \
détails à propos de '.i 'roisiuT^e e^^^^^^^ nous occupe, ce n'est plus de mettre la barrette d^'i'S f P^icnce qu nou^ verticaledeux, mais quatre 1^°''^^! ^enii-rd^^ d'eux et deux
KXEnr.lCES ORTHOPTIQUirS
pai' son ceuli-e, ligne assez bien représentée ici par la règle 'verticale contre laquelle il est appliqué, nous voyons que la moitié droite correspond à l'œil droit et la moitié gauche à l'œil gauche. Les trous, qu'ils soient
Fiir. -iT. — Expérience à deux lettres verticales. Mode de vision de cliaciin des deux yeux, les trous du disque occupant les positions de 1 lieurc et 7 heures.
on haut ou en bas, seront vus toujours par l'œil droit s'ils sont à droite de celte ligne, -par l'œil gauche s'ils sont à gauche. Enfin, la lettre supérieure est vue toujours par le trou situé en haut, la lettre inférieure par le tiou situé en l)as. La simple inspection des deux figures ci-contre le montre nettement, et il n'y a là aucune rliffir-uilé.
LE TRAITEMENT ADJUVANT DU STRABISME
Toutefois, il n'est pas tout à fait exact de dire que le sujet doué de vision binoculaire voit les deux lettres exactement placées l'une au-dessus de l'autre sur une naême ligne verticale. C'est en effet ce qui se produit tout d'abord, mais très vite apparaît une légère déni-
Pi„ Expérience à deux lettres verlicales. Mode de vision, les trous du disque étant ù 11 heures et o heures.
vellation des deux lettres qui semblent osciller légèrement autour d'un axe horizontal situé au milieu de l'espace qui les sépare. La supérieure se dévie adroite delà verticale, tandis que l'inférieure se porte àgauche, ou inversement l'inférieure se déplace à droite tandis que la supérieure se dévie à gauche ; ainsi se produit
EXERCICES ORTHOPTIQUES
un léger l)alancement des lettres qui, dans uu très court espace de temps, peuvent affecter ces différentes positions :
Z Z Zi
Mécanisme de la vision. — Cette expérience, comme
OG OD
Fig. :j9. — Expérience à une lettre.
le montrent les figures 57 et 58, n'est donc pas un test de vision binoculaire, comme la première expérience à une lettre dont nous reproduisons ici la fii'ure 'fig. 59), mais de vision simultanée. Voyons en efiet ce qui se passe dans ces conditions.
Li; TRAITEMENT ADJUVANT DU STRABISME
Tandis qu'un œil voit la lettre supérieure, l'autre voit la lettre inférieure. Le disque est-il disposé de telle sorte que les deux trous occupent respectivement les positions de 5 heures et 11 heures, c'est-à-dire le trou de droite étant situé en bas et à droite et le trou de gauche en haut et à gauche ? L'œil droit verra la lettre inférieure N et l'œil gauche la lettre supérieure Z (fig. 58).
Les figures 60 et 61 montrent le mode de vision de
Fi,,-. 60 — Expérience îi deux lettres verticales. Mode de vision de la ° lettre inférieure par l'œil droit.
chacun des deux yeux. Ceux-ci étant horizontalement placés doivent fixer le point intermédiaire entre Z et N pour voir ces deux lettres sur une même ligne verticale. L'œil droit fixant le point intermédiaire [h] celui-ci, vient former son image sur la macula, et la lettre inférieure N, la seule visible pour cet œil, vient impressionner la rétine en n, un peu au-dessus de la macula (m). Elle est donc extériorisée un peu au-dessous de h, enN (fig. 60).
Le même raisonnement appliqué à l'œil gauche montre que dans ces conditions, la macula m étant toujours dirigée vers le point intermédiaire h, Z vient impressionner la rétine un peu au-dessous de m, en z ; elle sera donc vue un peu au-dessus de A, en Z (fig. 61 ).
EXERCICES ORTUOPTIOLES
En réunissant les deux figures 60 et 61 on en obtiendj'a une nouvelle dans laquelle les deux points de fixation, les points intermédiaires h, seront confondus. Elle permettra de comprendre facilement le mode d'extériorisation des lettres Z et N (fig. 62).
Les lignes d'impression, c'est-à-dire celles qui
Fig. 61. — Expérience à deux lettres verticales. Mode de vision de la lettre supérieure par l'œil gaucbe.
partent de la lettre pour se rendre à la rétine et les lignes de localisation dans l'espace, ou si Ton veut d'extériorisation, c'est- cà-dire celles qui partent de la
Fig. fyl. — Expérience à deux lettres verticales. Mode de vision des lettres par les deux yeux.
réti-ne pour être ensuite localisées dans l'espace, se confondent. 11 en résulte que les 2 lettres Z et N sont vues en images réelles et à l'endroit où elles se trouvent, exactement l'une au-dessus de l'autre. Seulement, comme il n'existe pour les deux yeux aucun