APPLICATION DES DIFFÉRENTS MOYENS ORTIIOPTIQUES
et au traitement du strabisme et d'en faire le sujet de sa thèse inaugurale (1).
Suivant sa technique on place sur les deux panneaux de lappareil des tests portant des figures simples ou des lettres destinées à être superposées ou complétées parle fusionnement des images. C'est ainsi que les tests de la figure 107 vus en superposition donneront l'impression d'une croix dans un rond, et que les tests de la figure 111, en se complétant, donneront l'im-
Fig. 111. — Tests de vision simultanée.
pression d'un E. On aura soin dans les expériences avec lettres de représenter celles placées sur le plan verso renversées (fig.l 11) ; vues après réflexion dans le miroir, elles sont projetées dans un sens convenable (2). Il est évident que, plus la convergence sera forte, plus les lests devront être rapprochés de l'arête; dans le cas
1 15. MoxxÉT. — Le stéréoscope de Pigeon et ses applications en ophtalmolofjie. {Thèse de Paris, 1908.) Rousset, éditeur.
'2) Les épreuves verso doivent naturellement être renversées puis- (ju'elles seront redressées après réflexion dans le miroir; pour éviter ce renversement des épreuves, notre élève Drouin a ajouté un second miroir dans le plan Pv et l'image se trouve placée en face de lui contre le plan bissecteur. Mais déjà la présence d'un premier miroir est un des inconvénients de l'appareil, par suite de l'affaiblissement de l'image qui en résulte; un second miroir raU'aiblit encore davantage et nous préférons ou bien renverser l image, ou mieux nous servir d'images symétriques (fig. ^07 et 108).
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de divergence ils devront en être au contraire éloignés.
Cette expérience permet de contrôler immédiatement les qualités de la vision d'un strabique : un individu qui voit les images des deux côtés recto et verso jouit de la vision simultanée ; s'il ne voit qu'une image, il a une vision monoculaire ; si enfin il voit tantôt l'une, tantôt l'autre, il présente une visio7i alternante. Au contraire si le sujet fusionne les deux tests, il possède la vision binoculaire; à un degré de plus, si, remplaçant les tests par des stéréotypies recto et verso, le sujet accuse la sensation de relief, c'est qu'il présente une vision binoculaire parfaite, dite stéréoscopique\ nous y reviendrons ailleurs.
Ces trois degrés de la vision binoculaire représentent, nous le savons, les trois stades que doit franchir tout strabique pour arriver au rétablissement de la vision normale.
Dans le cas qui nous occupe, le sujet qui neutralise ne verra que Tune des images, mais assez rapidement on arrive avec cet appareil à combattre la neutralisation et à rétablir la vision simultanée. On pourrait s'aider au besoin, comme dans les stéréoscopes classiques ou le diploscope, d'un prisme à arête verticale ou même horizontale pour obtenir la dénivellation, et enfin plus facilement que dans tous les autres appareils, on pourra utiliser, pour vaincre l'amblyopie, l'éclairage intense de l'une des deux images. En réalité les deux panneaux sont presque toujours inégalement éclairés et l'on aura bien soin de placer le plus éclairé du côté de l'oeil amblyope. De même on s'arrangera toujours pour que l'image rétléchie, c'est-à-dire dans la
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position représentée {ûg. 109), riniage de gauche, corresponde à 1 œil qui ne neutralise pas, l'image de droite étant fixée directement par l'œil qui neutralise. Etant réfléchie par le miroir et virtuelle, elle est un peu moins distincte et lïmage de droite sera plus facilement distinguée.
Est-ce au contraire l'œil gauche qui neutralise ? On retourne l'appareil de telle sorte que le plan recto se trouve à gauche et le plan incliné à droite, le plan qui porte le miroir étant dirigé à droite au lieu d'être à gauche comme tout à l'heure.
Il n'est pas rare d'observer des strabiques chez lesquels la vision simultanée est impossible ou très difficile à obtenir avec le diploscope et qui peuvent cependant y arriver en quelques instants à l'aide des expériences précédentes.
Ce premier résultat obtenu, si on place le sujet au diploscope (expérience à 2 et à 4 lettres), la vision simultanée se maintient dans presque tous les cas ; dans les autres cas on y arrive presque toujours en continuant pendant quelque temps les exercices stéréoscopiques (1).
En résumé, après avoir reconnu au moyen du diploscope, l'absence de vision simultanée et la neutralisation, celle-ci sera combattue par l'un des différents moyens que nous venons d'énumérer et on peut à. cet égard diviser en deux grandes classes les cas de neutralisation, suivant que celle-ci disparaît facilement,
1, Le stérf^oscope de Pigeon permettant de mesurer les plus petites lacunfsdnns le champ de la vision centrale trouve encore son appUration dans la rccherclic systématique des scotomes centraux chez les strabiques amblyopes.
LE TRAITEMENT ADJUVANT DU STRABISME
après quelques exercices, ou au contraire est particulièrement tenace et persiste en dépit de tous les efforts . A la première variété, l'expérience à deux lettres du diploscope convient parfaitement; c'est pourquoi nous conseillons de commencer par elle tout d'abord. Outre qu'elle nous renseigne de suite sur l'absence de vision simultanée, elle peut suffire à réveiller cette vision si la neutralisation n'est pas trop rebelle. Dans le cas contraire on aura recours aux autres moyens énumérés : bougie de Javal, synoscope, stéréoscopes de Holmes ou de Pigeon; grâce à eux et avec de la persévérance on arrive toujours à triompher des neutralisations les plus rebelles. Dans les formes particulièrement tenaces, nous conseillons surtout l'emploi de notre synoscope. Nous ne l'avons jamais vu échouer même dans les neutralisations les plus invétérées et paraissant rebelles à tous les autres moyens, surtout si l'on se sert des images lumineuses.
La vision simultanée obtenue, les images sont vues alors en diplopie. Assez rapidement on arrive à les faire fusionner et la vision binoculaire, et même stéréoscopique, peuvent être réalisées avec ces différents appareils; nous y reviendrons ailleurs. Mais elle est plus facilement obtenue avec le diploscope et mieux vaut commencer toujours par lui.