EMPLOI DU STÉRÉOSCOPE D.US LE TRAITEMENT DU STRABISME
qui existent entre la convergence et l'accommodation font que, n'accommodant pas, le myope n'éprouve pas le besoin de converger.
C'est pour la vision rapprochée seule que les troubles se font sentir. La lecture à 30 centimètres, pour obtenir une vision binoculaire parfaite, exige un certain effort de convergence. La synergie entre l'accommodation et la convergence et aussi le réflexe rétinien de convergence assurent la vision binoculaire. Mais dans l'insuffisance de convergence, le premier de ces mécanismes est imparfait et le second insuffisant. Supprimons le réflexe rétinien de convergence et la divergence apparaîtra : c'est le strabisme latent. Le sujet peut bien lire alors pendant un certain temps, puis la fatigue survient, les yeux sont larmoyants, injectés, la vision devient trouble, les lettres semblent danser et, dans les cas plus avancés, la diplopie apparaît. Le malade est obligé de se reposer quelques heures, quelquefois tout une journée avant de reprendre sa lecture.
L'excès de convergence au contraire se rencontrera presque toujours chez les hypermétropes. Ceux-ci accommodant beaucoup ont tendance à converger trop.
Détermination des strabismes latents. — Stéréoscope. — Le stéréoscope mettra facilement en évidence ces troubles latents d'équilibre musculaire, s'ils existent. On fait regarder au sujet deux images très -ixnples, deux disques noirs par exemple, distants l'un de l'autre de 3 à 4 centimètres et tenus à environ 15 centimètres des lentilles.
Afin de pouvoir facilement vérifier comment sont
LE Tn.VITEMENT ADJUVANT DU STRABISME
VUS parle sujet les objets d'épreuve, chacun d'eux est muni d'un petit point ou cercle appelé « contrôleur », placé, l'un au-dessus du test-objet de droite, l'autre au-dessous de celui de gauche ( Fig. 121).
FiG. 121.
Tesls pour la délerminalion des sli-abismes latents.
Lorsque les deux disques principaux sont fusionnés, le sujet ne voit qu'un seul disque avec au-dessus et audessous deux petits points situés sur une même ligne verticale, preuve que les images sont bien superposées {Fig. 123).
Fia. 123. Orlhophorie (Convergence normale).
Fig. 122. Exophorie Fig. 124. Esophorie
(Diminution de convergence). (Exagération de convergence).
Lors de strabisme latent, au contraire, la fusion est incomplète, et la situation des points supérieur et inférieur renseigne sur la variété et le degré d'hétérophorie.
K.MPL)I DU SriiRÉ),ÎCO?j: LE TaVlT&MBST D J Sfll VîISM i 245
La localisation, on le sait, est homonyme dans le strabisme convergent et lors d'exagération de convergence (ésophorie fig. 124), les points respectivement vus par chacun des deux yeux sont reportés du côté de l'œil correspondant. Dans la diminution de convergence (exophorie), ils sont reportés du côté opposé (localisation croisée, fig. 122).
Le trouble de convergence est-il encore plus accusé et la déviation plus considérable ? Il y a alors non plus seulement déviation des petits points contrôleurs, mais les deux disques eux-mêmes ne sont plus superposés : le sujet en voit deux et d'autant plus écartés que la déviation est plus accentuée.
Fig. 125. — Vision d'an slrabique convergent.
La situation respective des petits points annexés à chaque disque permettra toujours de reconnaître à quel œil il correspond et, par la même, la variété de strabisme en même temps que son degré. La localisation dans le strabisme convergent étant homonyme, un grand excès de convergence ou un strabisme convergent avec vision simultanée donneront l'aspect cidessus {fig. 125).
Y a-t-il au contraire insuffisance de convergence très marquée, ou strabisme divergent, la localisation en pareil cas étant croisée, on aura l'aspect suivant {fig. 126).
LE THAITEIHEKT ADJUVANT DU STRABISME
Il est facile de se rendre compte de ces différents modes de vision au moyen de prismes placés devant les yeux. Des prismes à arête temporale placent, nous le savons, le sujet normal dans les conditions d'un strabique convergent, et les prismes à arête nasale dans celles d'un strabique divergent.
Le seul reproche qu'on pourrait faire à la méthode est son extrême sensibilité. Déjà en effet, chez le sujet normal, il est bien rare que l'orthophorie ne se transforme pas très vite, après quelques instants de fixa-
FiG. 1:0. — Vision (l'un tlrabique divergent.
tion,en hétérophorie, soit que la convergence s'exagère, ou au contraire se relâche, cette dernière éventualité étant beaucoup plus fréquente. Aussi le diploscope de Rémy est-il préférable. C'est l'instrument de choix et ces troubles peuvent être mis en évidence avec toutes les expériences, aussi bien avec celles à deux lettres verticales et à quatre lettres horizontales qu'avec l'expérience à trois lettres horizontales.
Diploscope. (On pourra se servir du grand diploscope ou mieux encore du petit). — C'est avec l'expérience à deux lettres verticales qu'ils apparaissent le plus facilement ; le moindre trouble de convergence