I.E TnAllEMENT ADJUVANT DU STRABISME
• Si l'œil gauche avait une meilleure acuité visuelle que le droit, il faudrait retourner le carton. Sans doute les chiffres sont vus renversés alors, niais la mesure de la déviation se rapproche de ce qu'elle sera au cours des exercices stéréoscopiques, pendant lesquels la convergence est habituellement sous l'influence de l'accommodation de l'œil le meilleur.
La figure 130 vue au stéréoscope donne en même temps la mesure de la différence de hauteur pouvant exister entre les deux yeux. Si par exemple la ligne verticale paraît coupée par l'horizontale à une certaine distance de son milieu, il y aura lieu de déniveler les deux figures à fusionner en plaçant chacune d'elles à une hauteur convenable pour en obtenir la fusion.
On aura soin, pour toutes ces mesures, de placer toujours les tests-objets à la même distance des yeux. Il suffira pour cela de coller tout le long de la réglette antéro-postérieure du stéréoscope de Holmes, sur laquelle glisse le porte-objet, une échelle de papier gra^ duée en centimètres et numérotée de 10 à 24, le dernier numéro coïncidant avec l'extrémité postérieure de la réglette. Dans les stéréoscopes du commerce, la distance des prismes à l'extrémité de la réglette horizontale est en effet de 24 centimètres.
Ce mode de mesure, on ne saurait trop le répéter, est tout à fait approximatif, par suite des très grandes variations qui se produisent d'un moment à l'autre chez un même sujet. C'est qu'en effet, en outre des variations spontanées de la convergence, on rencontre encore, comme le fait remarquer Javal, de grandes différences suivant que le plan du regard s'élève ou s'a-
EMI'I.OI DU STÉItÉOSCOPE DANS LE TIIAITE.ME.N P DU STUABISME 2G1
baisse ou encore suivant que c'est l'un ou l'autre des yeux qui accommode exactement.
Il n'y aura donc pas lieu d'apporter dans ces mesures uno trop grande précision. Aussi croyons-nous peu pratiques les indications fournies par Bull pour la mesure exacte du degré de convergence dans le stéréoscope. Nous les donnons seulement à titre d'indication et conseillons au lecteur de se contenter du procédé de Javal.
Pour déterminer le degré de convergence des yeux de l'observé lorsque celui-ci voit simplement les disques d'un carton, Bull a construit le tableau suivant: Il suppose un stéréoscope de Holmes muni de lentilles de 6 D, avec les centres séparés par une distance de 86 millimètres et dont l'appui frontal est construit de façon que les centres de rotation des yeux soient à Go millimètres derrière les lentilles. La distance interpupillaire de l'observé est supposée être de 60 millimètres, mais les angles de convergence marqués sur le tableau sont sensiblement exacts, même si cette distance est supérieure ou inférieure à 6 centimètres (fig.131).
Les numéros de 3 à 12 (ligne supérieure du tableau) représentent l'écartement en centimètres des disques du carton, et la ligne qui descend de chaque numéro, en traversant les échelles, indique pour le carton correspondant le degré de convergence ou de divergence des lignes visuelles lorsque les images des deux disques sont fusionnées. Les chiffres à gauche des zéros expriment en degrés la convergence, et ceux à droite, la divergence.