‹ Traitement adjuvant du strabisme [electronic resource]Chapitre 41 sur 52 · EMPLOI DU STÉRÉOSCOPE DANS I.E TRAITEMENT DU STRABISME · texte numérisé non relu

EMPLOI DU STÉRÉOSCOPE DANS I.E TRAITEMENT DU STRABISME

Exemple: 1^ Un malade qui fusionne les disques du carton n° 9 à la distance de22c. converge de presque 2^;

2° Un malade qui fusionne les disques du carton n° 6 à 20 cm., converge de 10 « et s'il les fusionne à 12 c. 5, il converge de 8» (Bull).

Traitement du strabisme convergent. — Tout d'abord, quelle que soit la variété de strabisme, convergent ou divergent, il importe de prendre des figures extrêmement simples et rigoureusement semblables, point essentiel pour solliciter la fusion.

Presque toutes les séries de cartons publiés par la plupart des éditeurs, en particulier en Suisse et en Allemagne, sont beaucoup trop compliquées. Bien loin de faciliter la vision binoculaire, elles y font plutôt obstacle en favorisant la répulsion des images.

C'est ainsi que les cartons représentant un objet sur le côté droit de la carte et un autre entièrement dissemblable sur le côté gauche, très utiles pour combattre la neutralisation, doivent au contraire être rejetés pour les exercices de fusionnement.

Avec Bull nous conseillons donc pour les exercices stéréoscopiques l'emploi d'images aussi, simples que possible et donnons la préférence à deux disques noirs, rigoureusement semblables, et placés l'un à droite, l'autre à gauche, le droit étant vu par l'œil droit, le gauche par l'œil gauche.

Nous l'avons vu, la fusion stéréoscopique exige une certaine divergence des yeux. Or, tandis que la convergence est très nettement sous l'influence de la volonté, il est beaucoup plus difficile de réussir àdiver-

l.li TH.VITEMENT ADJUVANT DU STRABISME

ger. Le relâchement de la convergence, qui déjà, chez le sujet normal, exige un certain entraînement, est à peu près impossible chez le strabique convergent. C'est la raison pour laquelle le traitement orthoptique est beaucoup plus difficile, aussi bien avec le stéréoscope que par tous les autres moyens, dans le strabisme convergent que dans le strabisme divergent. Ce qui faisait avouer à Javal, après le labeur énorme qu'il a fourni sur le sujet, que « la mise en pratique des exercices stéréoscopiques est le plus souvent une rude éjDreuve de patience ».

Pour faciliter la fusion, on aura recours aux moyens suivants :

1° On diminuera l'écartement des disques, soit qu'on se serve de disques mobiles et pouvant être rapprochés à volonté, soit qu'on emploie les cartons àécartement progressivement gradué. Les figures seront d'abord éloignées de 2 c. à 2 c. 1 /2 puis on augmente progressivement l'écartement. La figure 130 donne, nous l'avons dit, quelques indications au sujet de l'écartement à donner aux figures ;

2° Le carton sera tout d'abord assez rapproché des oculaires prismatiques du stéréoscope.

On comprend en effet, sans qu'il soit besoin d'insister, que la fusion sera d'autant plus facile chez le strabique convergent que les figures à fusionner seront plus rapprochées. La fusion une fois obtenue, on les éloigne progressivement, le sujet cherchant à maintenir la fusion. C'est naturellement l'inverse dans le strabisme divergent. La fusion ici est d'autant plus facile que les tests-objets sont plus éloignés des yeux.

EMPLOI DV STfillÉOSCOI'E DANS LE TIl.VITEMEiNT DU STUABISME 26.")

30 Si ces doux premiers moyens, qui marchent de pair : dimimition de l'écartement des figures et rapprochement de celles-ci des yeux du sujet, demeurent insuffisants ,on interposera devant les yeux des prismes à arête nasale de force progressivement croissante. ,La fusion une fois obtenue, on diminuera peu à peu la force de ces derniers.

Rappelons que la convergence étant moindre dans le regard en haut, on peut mettre à profit cette propriété en relevant fortement le stéréoscope, de même que nous avions relevé le diploscope. Puis le sujet s'exerce à maintenir la vision simple en ramenant graduellement l'instrument à sa position horizontale.

Javal a pu par ce procédé entreprendre des exercices stéréoscopiques avec des sujets dont la convergence, lors du regard horizontal, était trop forte pour pouvoir être mesurée avec le carton de la figure 130. De même si la convergence varie avec la direction des regards, il y aura avantage à tourner le stéréoscope vers l'un des côtés, sauf à le redresser peu à peu en maintenant la fusion.

Lorsque la fusion des deux disques est obtenue pour une certaine distance, avant de faire fusionner des disques plus écartés, on demandera au sujet de maintenir la fusion tandis qu'on éloigne graduellement le carton des yeux du strabique.Cet exercice, que Javal appelle : '( exercice de consolidation », permet généralement de réussir le carton suivant dans la position la plus facile et d'arriver graduellement à la fusion de disques ayant un écartement de 6 centimètres.

On peut alors à ce moment faire faire au sujet

LE TRAITEMENT ADJUVANT DU STRABISME

l'exercice suivant recommandé par Javal. Il se sert de deux disques écartés de six centimètres et perforés à leur centre (flg. 132).

Tenant le carton tout près des yeux, on fait regarder le sujet au loin à travers les trous qui se fusionnent. Avec quelque patience celui-ci arrive à les maintenir fusionnés, tout en écartant graduellement le carton

FiG. 132. — Disques perforés de Javal.

des yeux et en voyant les flèches et les traits blancs, vaguement d'abord, nettement plus tard (Javal).

Un peu plus tard la fusion s'obtient d'emblée, sans regarder préalablement à travers les trous, et finalement le sujet arrive à fusionner les cartons suivants et des photographies stéréoscopiques sans le service d'instruments. Il a appris ainsi à relâcher sa convergence et à accommoder, tout en laissant les yeux en parallélisme.

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