‹ Traitement adjuvant du strabisme [electronic resource]Chapitre 8 sur 52 · C. — Insuffisance du droit interne gauche · texte numérisé non relu

C. — Insuffisance du droit interne gauche

gauche, ils sont vus comme en C. Plus l'insuffisance sera considérable, plus le point supérieur s'écartera de la ligne médiane. En général, l'écartement est plus

CORRECTION DU STRABISME DIVERGENT

graiid après quelques minutes de fixation, le droit interne se relâchant davantage.

Toute insuffisance de convergence, en effet, entraîne une diplopie croisée. La figure 19 le montre nettement; l'un des droits internes étant relâché, les yeux ne convergent plus ; ils divergent, et il y a diplopie croisée. Nous retrouverons ce principe, lorsque nous parlerons du diploscope, et nous verrons que ce très ingénieux instrument permet, encore plus simplement que le prisme, le diagnostic de l'asthénopie musculaire.

Traitement des troubles visuels dus a la myopie. — On comprend comment l'asthénopie musculaire, ou strabisme divergent latent, conduira facilement au strabisme divergent manifeste. Nous envisagerons tout d'abord le traitement de l'asthénopie ou strabisme divergent latent.

Correction de Tasthénopie. — 1° On commencera par corriger la myopie à l'aide de lentilles concaves, et, en principe, on prescrira la correction totale, c'està-dire des verres qui corrigent toute la myopie et placent l'œil dans les conditions de l'œil emmétrope.

Soit un myope de — 4 dioptries. Un tel œil voit nettement à la distance de 25 centimètres sans aucun effort d'accommodation, et par conséquent n'est nullement sollicité à converger. Si nous plaçons devant cet œil un verre concave de — 4 dioptries, nous rendrons l'œil emmétrope, et le sujet devra développer alors pour voir nettement à 25 centimètres un effort d'accommodation de 4 dioptries. Comme il lui faut à cette distance converger de 4 angles métriques, l'équilihrc

LE TBATTIiMENT ADJUVANT DU SïRABISMK

entre la convergence et l'accommodation est rétabli, et la divergence tend à disparaître.

La correction totale est d'autant mieux tolérée que le sujet est plus jeune, et que la myopie est plus faible. Si elle est mal tolérée, on prescrira des verres concaves de — 2, — 3, — 4 suivant la tolérance, et, au fur et à mesure qu'on augmente la force du verre, on voit, avec l'expérience du prisme à arête supérieure, le point supérieur se rapprocher de la ligne verticale.

2° Si la correction par les verres est insuffisante, il

Fig. 23. — Pnr l'iidjonction des prismes, les rayons lumineux Venus du polnto sont déviés vers la base du prisme, si bien que les deux yeux n'ont pas besoin de converger davantage que s'ils voulaient tixer un point o situé plus loin.

faudra écarter les verres, c'est-à-dire reporter leur centre en dehors de la ligne visuelle, en un mot les décentrer. On y arrive très simplement. Toute monture de lunette d'essai porte à l'extrémité de sa tige horizontale une vis qui permet d'écarter plus ou moms les verres. On procède par tâtonnement, et on arrive très rapidement cà trouver le meilleur écartement.

Il est facile de comprendre l'action du décentrage des verres. Tout verre concave peut être assimilé à deux

COnRECTION DU STRABISMIi) DIVERGENT

prismes opposés par leur sommet (fig-. 15). Les rayons lumineux passant exactement par le centre du verre ne subissent aucune déviation. Dans le cas contraire, ils sont déviés vers la base du prisme, et l'image est reportée en dehors. Le résultat du décentrage sera donc de soulager la convergence en faisant office de prismes à base interne (fîg-. 23).

3" Pns)7î€s à base inteime. — Pour la même raison, on pourrait recourir à l'emploi de prismes à base interne placés devant chaque œil et combinés au port des verres concaves (fig . 23). Ces prismes, souvent mal tolérés, devront être très faibles : 1, 2 ou 3 degrés au ma.\imum.

-4° Ténotomie des droits externes. — Enfin, lorsque tous les moyens précédents auront échoué, on pourra recourir à la tétonomie des droits externes. Mais il importe de se montrer ici très prudent et de ne recourir à cette intervention que dans les très forts deg rés d'asthénopie. Et encore mieux vaudrait pratiquer Vavancement des droits internes.

Mais il s'agit alors d'une intervention délicate, à laquelle on ne se résoudra que lorsque tous les autres moyens auront échoué. Nous n'insistons pas sur ce point qui dépasse le cadre que nous nous sommes tracé ici.

La conclusion de tout ceci est que, dans les cas de myopie faible, ne dépassant pas 4 à 5 dioptries, on donnera de préférence la correction totale. Celle-ci est facilement acceptée chez les jeunes sujets, surtout si on a soin de paralyser au préalable l'accommodation par des instillations d'un collyre à l'atropiue, répétées pendant plusieurs jours.

LE TRAITlîMENT ADJUVANT DU STRABISME

Si la myopie est plus accentuée, de 4 à 8 dioptries, le principe est le suivant : corriger toute ou presque toute la myopie pour la vision de loin ; correction partielle pour la vision de près.

Lors de myopie supérieure à 8 dioptries, le principe est toujours le même : corriger toute ou presque toute la myopie pour la vision de loin ; correction partielle pour la vision de près.

Mais pour peu que la myopie dépasse 12 à 14 dioptries, la correction totale pour la vision de loin devient impossible : les verres concaves diminuent tellement la surface de l'image, qu'on ne peut dépasser une certaine limite; d'autant plus que des verres trop forts sont mal tolérés et déterminent vite des étourdissements. On ne cherchera donc pas à donner à ces sujets une acuité visuelle normale ; on se contentera de prescrire, pour la vision de loin, des verres leur permettant d-e se conduire aisément et, pour la vision de près, des verres concaves beaucoup plus faibles, de degré variable suivant la tolérance individuelle.

La myoj)ie a, en général, une tendance fâcheuse à progresser. Faible d'ordinaire chez les jeunes sujets, elle devient plus forte avec l'âge.

Le port de verres, combiné à certaines précautions d'hygiène que nous étudierons ailleurs, permet d'en éviter la progression.

Dans tous les cas, en outre du port des verres correcteurs, et lors de strabisme avec amblyopie de l'uù des deux yeux, l'œil amblyope sera soigneusement exercé et on recommandera au sujet de le faire travailler seul avec le verre correcteur, afm de remonter 1 acuile

CORHIXT[ON DU STRABISME DIVERGENT

visuelle. Le principe est toujours le même que pour l'œil hypermétrope.

Distinction d'une lentille concave, d'une lentille CONVEXE. — Enfin, en terminant, il nous parait intéressant de donner le moyen de distinguer une lentille concave d'une lentille convexe, et d'en déterminer la puissance.

Pour reconnaître si un verre est convexe ou concave, il suffît, tandis cju'on regarde au travers de la lentille très rapprochée de l œil un objet quelque peu éloigné, d'imprimer au verre de petits mouvements de déplacement de droite à gauche et de haut en bas.

L'image de l'objet se déplace en sens inverse pour le verre convexe, et dans le 7nê}ne sens pour le verre concave.

Cette première détermination faite, il reste à reconnaître la puissance de la lentille. Le procédé le plus simple est le suivant : soit un verre convexe ; pour en déterminer la valeur en dioptries, on cherche dans la boîte un verre concave que l'on superpose au verre convexe, et on déplace les deux en même temps. Si l'objet continué à se déplacer en sens inverse, on prendra un verre concave plus fort, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de déplacement. Après quelques tâtonnements, on arrive rapidement à trouver le verre qui donne une neutralisation complète. Il suffit alors de regarder le numéro du verre concave qui neutralise le premier, pour avoir le numéro du verre convexe examiné. Si, par exemple, il a fallu employer une lentille concave df; 4 dioptries, il est clair qu'il s'agit d'un verre convexe

LE TRAITEMENT ADJUVANT DU STRABISME

de 4 dioptries; on procéderait de même pour un verre concave (1).

( 0 Numérolaneen pouces.^ Ce système de numérotalion en dioptries, nui a pour base la valeur réfringente des lentilles, est aujourd liui universellement adopté. 11 a remplacé le système ancien, qui avait pour base la courbure des lentilles et pour unité de mesure \(i pouce. Le pouce est environ la trente-sixième partie du mètre. Une 'e;it'']e ciui avait son foyer à 1 mètre (à 36 pouces) était une lentille de 36 pouces. Une lentille de 1 pouce était une lentille ayant son foyer a 27 millimètres (à 1 pouce). , ,. ^ .

On voit de suite les inconvénients de cette numérotation en pouces. Les lentilles sont désignées par des chiffres d'autant plus forts qu elles sont plus faibles, et la plupart des verres employés représentent des fractions de pouce. Les calculs deviennent de ce fait très compliques. Aussi celte numérotalion est-elle abandonnée. Mais cette mesure a cours encore dans le public, et il importe de pouvoir convertir immédiatement en dioptries un numéro en pouces. Le calcul est très facile . le pouce étant la trente-sixième partie du metrc^ la lenti le de 36 ïouces équivaut à la lentille de i dioptrie. Il suffira de diviser le chiffre 36 pal- le numéro du Terre examiné, pour obtenir le numei o en dioptries. Supposons un verre de 9 pouces ; nous dirons o6 : 9 = 4 dioptries. Une lentille de 9 pouces = une lentille de * dioptries-

Le chiffre 36 n'étant pas toujours exactement divisible, on peut, sans erreur appréciable, et afln d'éviter les fractions, prendre indifféremment le chilire 36 ou le chiffre 40. Soit, par exemple, une lentille de 1^ pouces Nous dirons 40 : 10 = 4 dioptries. L'erreur est insigniûante.

Page 1