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CHAPITRE lY

Astigmatisme et anisométropie

Nous avons insisté plus haut sur la correction des vices de réfraction qui manquent rarement dans le strabisme et concourent au maintien de la déviation. Les strabiques convergents sont, nous l'avons vu, presque toujours hypermétropes, et devront porter des verres convexes; les strabiques divergents, au contraire, sont des myopes, et porteront des verres concaves. Avant d'indiquer la forme, les montures des verres de lunettes et la mesure de leur écartement, il nous reste à étudier deux vices de réfraction : l'astigmatisme et l'anisométropie. Ceux-ci viennent souvent compliquer l'hypermétropie ou la myopie, et il est nécessaire de les corriger soigneusement si l'on veut prévenir le développement de l'amblyopie, ou remonter l'acuité visuelle do l'ieil amblyope, par des exercices convenables.

LE TRAITEMENT ADJUVANT DU STRABISME

§ 1. — Astigmatisme.

Définition. — L'œil astigmate n'a pas la même réfraction dans tous les méridiens de l'œil (1) : Fmi des méridiens est plus réfringent que l'autre, e't pour cette raison l'image rétinienne ne sera jamais nette (fig. 24).

Jusqu'ici, en effet, nous avons envisagé l'emmétropie et la myopie, mais en supposant la réfraction toujours la même dans les deux méridiens. L'image dans ces conditions est vue nette, car tous les rayons lumineux réfractés par les méridiens horizontal et vertical de l'œil et par les méridiens intermédiaires viennent

Fig Ai. — Marclie des rayons lumineux dans l'œil astigmate.

converger en un même point, sur la rétine {cmmélropie), en avant [myopie) ou en arrière [hypermétropie] ; il suffit, dans les deux derniers cas, de rapprocher l'objet de l'œil (myopie), ou d'accommoder (hypermétropie), pour avoir une image nette.

Au contraire, l'œil astigmate n'ayant pas la même

{\) Sous le terme de méridiens de l'œil, on désigne les plans passant par l'axe visuel et perpendiculaires à l'équateur du gloljc. On distin- Kue le méridien vertical, \% méridien honzonlal et les mmdiens nhliques, c'est-à-dire tous les méridiens intermédiaires entre le meri.ii.'n vertical et le méridien liorizontal, ces deux derniers constituant les méridiens principaux.

ASTIGMATISME ET ANISOMÉTROPIE

réfraction dans tous les méridiens, et l'un des méridiens étant plus réfringent que l'autre, l'image ne sera jamais nette. Soit un œil ayant le méridien vertical emmétrope et le méridien horizontal myope (fig. 24). L'image est nécessairement indistincte : l'œil demeuret-il au repos, l'image réfractée par le méridien vertical est nette, mais celle réfractée j)ar le méridien horizon-

Fig. 25. — Cadran pour la détermination de l'astigmatisme.

tal demeure confuse, et vient troubler la précédente. Le sujet cherche-t-il, en rapprochant l'objet, à accommoder pour le méridien horizontal, c'est alors l'image réfractée par le méridien vertical qui, se faisant en arrière de la rétine, devient confuse.

Dkter.mi.natio.n de l'astigmatisme. — Elle se fait à la fois par la méthode objective et par la méthode subjective. La première, qui comprend surtout deux pro-

LE TRAITIÎMENT ADJUVANT DU STRABISME

cédés, la skiascopie et l'examen à l'aide de l'ophtalmomètre, joint à sa précision sa simplicité d'exécution, et c'est elle qui sera toujours employée.

Mais elle exige des instruments spéciaux, dans la description desquels nous ne pouvons pas entrer. Nous décrirons donc seulement la méthode subjective, à la portée de tous et qui nous renseigne d'une façon approximative sur l'astigmatisme de l'œil et sur la correction à prescrire.

Cette méthode consiste à faire examiner par l'œil astigmate les rayons d'un cadran formé de lignes noires verticales, horizontales et obliques (fig. 25), et placé à 5 mètres de distance de l'obsei'vé, cette distance de 5 mètres représentant la distance minima' à laquelle l'oeil est capable de voir sans accommoder.

Si toutes les lignes du cadran sont vues également noires, il n'y a pas d'astigmatisme. Dans le cas contraire, l'une des lignes ou quelques lignes sont vues avec une netteté très grande, et celles qui leur sont perpendiculaires sont vues troubles. La ligne vue avec le plus de netteté et la ligne la moins nette, respecliment perpendiculaire à la précédente, indiquent les deux méridiens principaux. Si, par exemple, la ligne verticale est vue nettement, et la ligne horizontale trouble, nous dirons que le sujet est astigmate pour le méridien vertical, et c'est ce méridien qu'il nous faudra connger par les verres.

Vision des astigmates. — Pour comprendre le principe de la méthode subjective, il est nécessaire de bien se rendre compte de la manière dont voient les astig-

ASTIGMATISME ET ANISOMÉTUOPIli 57

mates. Il suffit de se rendre soi-même astigmate, en plaçant devant l'œil un verre cylindrique.

Les verres cylindriques sont des lentilles taillées sur un cylindre parallèlement à l'axe. Ils sont convexes ou

Fig. 26. — Cylindre convexe axe horizontal.

concaves, et ont la propriété de ne réfracter que les rayons qui tombent perpeudiculairemenf, sur leur axe. Les rayons passant par l'axe du cylindre le traversent sans se réfracter. L'axe du cylindre est figuré par un petit trait horizontal placé aux deux extrémités d'un des méridiens de la lentille (fig. 26). On se rend facilement compte de la propriété de ces lentilles, de n'agir

Fig. 27 et 28. — Le cylindre rend myope le méridien vertical de l'œil.

que suivant l'un des méridiens, méridien perpendim- /^«>e4 /'«.reducylindre. Si, en eCTot, on imprime à la lentille de petits déplacements en fixant un objet au travers, on voit cet objet se déplacer en sens inverse

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s'il s'agit d'un cylindre convexe, dans le même sens s"il s'agit d'un cylindre concave, mais seulement lorsque la lentille se déplace dans l'un des méridiens, le méridien perpendiculaire à l'axe. Dans la position de la lentille (fig. 26), le déplacement de l'image ne se produit que dans le sens vertical. La lentille déplacée dans le sens horizontal ne détermine aucun déplacement de l'image (1).

Plaçons, par exemple, devant notre œil emmétrope, > une lentille cylindrique convexe de + 3 dioptries axe horizontal (fig. 27). Le résultat est le suivant : notre méridien vertical devient myope de 3 dioptries, le méridien horizontal restant emmétrope (fig. 29), ce que l'on peut traduire par le schéma représenté figure 28.

Or, si nous fixons avec cet œil rendu astigmate les diflérentes lignes du cadran, qui tout k l'heure nous paraissaient également noires, nous verrons très noires la ligne verticale et les lignes voisines de celle-ci, tandis que la ligne horizontale et les lignes qui s'en

(O En réalité, seuls, les rayons qui pénètrent dans la lentille parallèlement à l'axe ne subissent aucun déplacement. Ceux qui traversent la lentille suivant les méridiens intermédiaires entre 1 axe de la ontille et le méridien perpendiculaire à l'axe, sont réfractes et d autant plus réfractés qu'ils se rapprochent davantage du mendien perpendiculaire à l'axe. La déviation est proportionnelle a la grandeur de l'angle formé d'une pari par le méridien dans leci el se trouvent les rayons, et de l'autre par 1 axe du cylindre. Or d ms l'œil astigmate, la réfraction des méridiens intermédiaues aux méridiens principaux diminue graduellement et régulièrement en ÏÏK.n du niéridien le plus réfringent au mé.-i.lien e moms je ringent. Les lentilles cylindriques conviennent donc admu-ablement a '«.coirertion do l'astigmatisme. Il suffira, nous le verrons de placer 1 axe de )^\MtplS-amde,ienl^nv.,tv\mn principal de 'œil • on ne

veut pas corriger, pour corriger ^vx même coup très exactement le se ond .nér dien principal et tous les méridiens intermédiaires.

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