III. — Les invaginations du coion pelvien
Notre maître et ami Pierre Duval dans sa thèse a étudié cette question au point de vue des cancers du colon pelvien.
Nous n'avons rien à ajouter à ses conclusions :
I® a L'invagination peut se faire dans Tanse sîgmoïdeméme et ne pas dépasser le segment présacré de celle-ci, elle se présente alors comme une tumeur coli-pelvienne ; * 2® Ou bien progressant davantage, elle peut atteindre Tampoule rectale et constitue alors véritablement une tumeur rectale ;
y Ou bien encore franchissant l'anus^ elle constitue une invagination procidente du colon (cas de Nicolaysen, Cecci, Ferranti). Cette dernière disposition est toute particjulière.
Dans les deux premiers cas, l'invagination intra-si^moïdienne ou intra-rectale peut être mobile ou fixe, la désinvagi-
TRAITEMENT CHIRUROIUAL
nation possible ou impraticable (la laparotomie seule peut fixer ce point). L'invagination intra-sigmoïdienne fixe ou mobile doit être traitée par la colectomie simple.
Mobile, elle peut être désinvaginée et le néoplasme traité directement, tel le cas de Von Eiselsberg.
Fixe, la colectomie sera très largesCt pour le rétablissement de la continuité de Tintesiin, il faudra certainement recourir au décollement et au glissement du colon iléo-pelvien descendant.
L'invagination intra-rectale peut au contraire voir son traitement varier suivant qu'elle est fixe ou mobile. , Mobile, si la désinvagination est possible, la colectomie retrouve immédiatement ses droits. Fixe au contraire, il faut alors recourir à la chirurgie rectale proprement dite, ou mieux recto-sigmoïde, et nous nous trouvons en face de deux procédés : la résection intra-rectale et le procédé de Maunsell ; la mclkode abdomino-périnéale de M. Quénu.
La seconde nous paraît de beaucoup la meilleure. Certes, i[ serait bien plus satisfaisant de faire une colectomie intrarectale et de rétablir la continuité de l'intestin en laissant le canal anal. Mais cette méthode ne laisse-t-elle pas infailliblement tout le méso-colon pelvien ?
Elle ne permet d'agir que sur le cylindre intestinal même, non sur le méso, sur les ganglions cfu'il contient : L'exérèse est presque forcément incomplète. Aujssi la résection intrarectale si elle donne de bons résultats pour les rétrécissements (Hartmann) ne nous semble-t-elle pas s'appliquer aux néoplasmes coliques à invagination intra-rectale.
La méthode abdomino-périnéale a dans ces cas une indien lion nette.
L'invagination procidente extra-anale sera traitée comme un prolapsus total ; c'est la technique de Nicolaysen, le procédé de résection bivalve (Segond, Mikulicz) largement appliqué.».
f Voie sacrée. — Barker (obs. i35) employa dans un cas d'invagination colique intra-rectale une voie qu'il a dû être le
DE L*INVAGtNATION INTESTINALE CaftONlOUE
seul à employer tout au moins d'après nos recherches bibliographiques.
Fig- 35.
Après une laparotomie où il essaie la désinvaginalion il n'y parvient pas. 11 essaie alors la voie anale sans plus de résultats et pratique en Un par la voie sacrée et la recto Lu mie postérieure, rablationintra-reolale deTintussusceptum et de la tumeur qui l'a causé.
Tschudy(obs. \i5bis) suit la marche inverse, en face d'un cas semblableà celui de Barker, il fait un Kraske, ouvre le rectumj résèque tumeur et invagination et fait une laparotomie ultérieure pour consolider ses sutures.
Dans un cas de M, G<irard Marchand (obs. 1 19) rapporté par M. Tuffier (1881) il eût été facile d'exécuter le Mikulicz puisqu'on sentait la rigole circulaire a 12 centimètres de Tan us.
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On fit une laparotomie et^ après essai infructueux de réduction^ un anus de Littre. Mort.
Dans le cas de Von Eiselsberg, cancer de TS iliaque invaginé, impossible à sortir par l'anus, laparotomie, désinvagination. Résection de i5 centimètres de rS iliaque. Excision d'un large coin du méso-sigmoïde. Guérison.
INVAGINATION DU DIVERTICULE DE INECKEL
L'invagination d'origine diverticulaire a été parfaitement étudiée par MM. Grisel et Bize dans la Reuue d'orthopédie (i^^'roars 1904, p. io4).
Nous ne rapportons ici que des documents, car' s'il ne se trouve qu'un cas chronique dans le travail de Grisel nous en avons relevé treize dans le cours de notre travail.
L'invagination chronique du diverticule de Meckel existe donc et cela dans une proportion relativement étendue par rapport aux cas aigus.
Fig. 36.
Fig. 37.
L'invagination du diverticule de Mekel se présente : I® Soit comme une invagination du grêle; 2® Soit comme une invagination iléo-colique.
Les schémas ci-joint de Corner permettront de se rendre Gernez 7
compte de la complexité des invaginations du diverlicule de Meckel qui sont simples, doubles, triplées voir même quadruplées.
Fig. 38.
11 n'y a pas d'autres indications susceptibles d'être ajoutées à celles que nous avons précisées au chapitre des invaginations iléo-cœcales et iléo-coliques, sauf celles créées {>ar la
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présence du diverlicule qui devra être enlevé lorsque la désinvagination est possible (obs. 190, igS).
L'irréductibilité est fréquente (obs. i83, 191, 192, 198), l'invagination étant souvent iléo-colique, secondairement.
Dans deux observations sont notés des rétrécissements assez serrés du grêle ; pareils faits même après désinvagination commanderont la résection, (obs. i85, 194). .