‹ Traitement chirurgical de la peritoniteChapitre 13 sur 16 · OPÉRATIONS EXPLORATRICES DANS LES PÉRITONITES · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS EXPLORATRICES DANS LES PÉRITONITES

Ou peut iutervenir cliirurgicaleuieut soit contre la péritonite, soit contre la cause productrice, soit enfin contre les deux éléments morbides. Nous avons dû classer, dans ce travail, certaines péritonites sous divers chefs étiologiques. Bien différente, en effet, est la conduite du chirurgien sLiivant qu'il se trouve en présence dune péritonite tuberculeuse, puerpérale, par ulcération viscérale, par occlusion intestinale, etc.

' Si désirable que paraisse un diagnostic étiologique, «i utile qu'il soit en réalité, il n'est cependant pas toujours possible. L'erreur ou l'incertitude, sont, en l'espèce, souvent inévitables.

Nous en avons relaté ltu grand nombre de cas. Que faii'e en pareille occurrence ?

Jusqu'à ces dernières années, les chirurgiens s'abstenaient de toute intervention; de nos joLU's, on est devenu plus entreprenant et l'on fait assez volontiers des incisions abdominales exploratrices. Les résultats obtenus semblent favorables à cette pratique. En face d'une péritonite intense, localisée ou diffuse, septique ou purulente, pourquoi n'agirait-on pas? Faut-il laisser mourir un malade parce qu'on ignore la cause de son mal ? N'aura- t-on pas quelque regret quand l'autopsie révélera une salpingite ou une autre lésion quelconque qu'on pouvait peut-être guérir par l'ablation, la suture et l'antisepsie?

On sait, d'une part, que les incisions adbominales ont beaucoup perdu de leur ancienne gravité -, nous croyons avoir démontré, d'autre part, que certaines péritonites sont curables par une action chirurgicale opportune et méthodique : c'en est assez pour condamner une abstention systématique. En présence d'une inflammation péritonéale vive et menaçant directement la vie du patient, en l'absence de symptômes indiquant une fin prochaine et ù-remédiable, le chirurgien paraît actuellement autorisé à intervenir, même avec un diagnostic étiologique insuffisant : aux grands maux, les grand remèdes.

On a opéré, dans ces conditions, malgré la péritonite; on doit aujourd'hui le faire à cause même de la péritonite. Au lieu de rester une contre-indication opératoire, celle-ci doit devenir -une indication formelle. La mort, dans le cas dont nous parlons, est certaine et l'opération, nous l'avons vu, peut sauver le patient. Pourquoi hésiterait-on à donner à ce dernier quelques chances de guérison ou de sm'vie?

L'intervention chirurgicale, dans les péritonites purulentes ou septiques sans cause tangible, peut arrêter la marche de la maladie ; dans les péritonites par lésions viscérales, elle peut, en supprimant ces -lésions, supprimer l'affection qui en résulte. Dans un cas comme dans l'autre, le chirurgien peut parfois guérir son malade. L'opération exploratrice devient dès lors curatrice. Cette idée thérapeutique, repoussée encore par un grand nombre de chirurgiens, gagne journellement duten-ain. Lawson Tait, dont la pratique des opérations sur l'abdomen est si étendue, nous écrivait réceroment : « En présence d'une péritonite grave, je me préoccupe médiocrement de sa cause et de sa nature. J'ouvre d'abord le ventre largement et je me conduis ensuite suivant les indications fournies

pur l'inspection directe ». Plusieurs succès viennent à l'appui d'une telle manière de voir. Cette formule comporte assurément certaines réserves; elle nous promet cependant de brillants résultats et marque un g-rand progrès dans la thérapeutique cliirurgicale.

L'iiypotliermie notable, un coUapsus marqué, la déchéance vitale générale seront toujours des contreindications opératoires absolues.

Les ponctions capillaires n'ont rien à faire ici-, elles sont purement exploratrices. Les ponctions aux trocarts sont peu utiles ; à peine peuvent-elles servir à démontrer l'existence et la nature d'un épanchement.

En dehors d'un diagnostic étiologique et anatomique certain, la laparotomie est l'opération la plus convenable. Elle seule nous laisse constater des lésions viscérales ayant déterminé la péritonite et nous permet, le cas échéant, d'y porter remède.

L'application parfaite des règles de la méthode antiseptique est absolument de rigueur.

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