PÉRITONITE POST-OPÉRATOIRE OU CHIRURGICALE
Elle est beaucoup moins fréquente que ne porterait à le croii-e la multiplicité des opérations pratiquées sur l'abdomen. Eendue plus rare par l'application de l'antisepsie, elle fait souvent défaut alors même que la mort est la conséquence de l'intervention chirurgicale. La péritonite post-opératoire ne sam-ait être combattue par une nouvelle action chirurgicale que lorsqu'elle détermine la production d'une collection sanieuse ou purulente entraînant une septicémie générale menaçante.
Nous ne pouvons passer en revue les péritonites consécutives aux opérations diverses pratiquées sur la cavité abdominale. Que l'inflammation péritonéale soit causée par infection directe de la plaie opératoii-e ou qu'elle soit déterminée par l'issue dans l'abdomen du sang, de la bile, de l'urine ou des matières fécaloïdes; que l'infection, en un mot, soit de cause intérieure ou extérieure, peu nous importe. Le chiruro-ien se préoccupe exclusivement de parer aux accidents pentonéaux qui menacent son opéré.
Nous avons dit plus haut que l'intervention chirurgicale n'avait sa raison d'être que dans la périto-
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nite avee épanchement. Ajoutons qu'elle n'est véritablement utile que dans les formes plus ou moins localisées et à marche peu rapide. Dans ces conditions, les indications opératoires étant fournies par les frissons, la fièvre, un état général grave, les chirurgiens actuels s'efforcent de donner issue aux liquides infectieux et obtiennent quelquefois d'excellents résultats. Telle est la pratique de Keitli, Spencer Wells, Kœberlé, Freund, etc. Dans les péritonites à début rapide et où un examen attentif faisait croire à de la rétention septique dans la cavité abdominale, les chirurgiens ont employé diverses manœuvres. Tantôt ils ont séparé la partie inférieure des lèvres de la plaie opératoire et drainé par cette ouverture-, tantôt ils ont incisé et drainé le cul-de-sac vaginal postériem--, tantôt enfin le drainage a été institué à la fois par le vagin et par l'abdomen. Des lavages antiseptiques, pratiqués avec soin, ont pu dès lors entraîner les produits septiques dont la résorption menaçait l'opéré. Cette conduite thérapeutique énergique a sauvé plus d'un malade et mérite d'être parfaitement connue.
Netter propose simplement de diluer les produits septiques en injectant dans le péritoine de l'eau tiède.
Les indications de cette intervention cMi-m-gicale sont difficiles à poser ; elles sont mômes quelquefois délicates à saisir. Après l'ovariotomie, par exemple, la péritonite n'a pas des allures franches. Ainsi que le remarque M. Terrillon (1), cette péritonite ne s'accompagne pas de son cortège habituel. Elle débute sans orage. Pas de vomissements considérables, pas de douleurs violentes, pas d'anxiété marquée. Un tympanisme rapide est le symp-
(1) Bull, thérap., 1884, t. CVI, p. 175.
tome le plus fréquent. Certes le cliirurgien reconnaîtra toujours le début de la péritonite, mais il se trouvera impuissant dans ces formes sèches, diffuses, dont les seules manifestations symptomatiques sont celles d'une septicémie générale jusqu'ici audessus des ressources de l'art. Par contre, on sera autorisé à agir rapidement, i^ar une ouverture large, le drainage, etc., en présence de collections septiques intrapéritonéales. Le prof. Herrgott (de Nancy) (i), à la suite de la lecture d'unlait de M. Kœberlé, se déclarait nettement partisan dè cette intervention. Celle-ci d'ailleurs a fourni, en l'espèce, les meilleurs résultats.
Observation I. — Kœberlé. Gaz. mecl. Strasbourg, 1867, p. 43. — Péritonite en a{iparence mortelle et consécutive à une ovariotoniie. Le lendemain, oa remarque dans le flanc droit, une matité de la largeur de la paume de la main. Incision immédiate au centre de la zone mate, ouverture du péritoine. Il s'écoule environ 150 grammes de sérosité rongeâtre analogue à celle que l'on observe dans la péritonite récente. Amélioration immédiate. Le lendemain, état excellent. Guérison.
Antonio Ceci (2) après une ablation de la rate, a vu survenir une péritonite purulente. Des lavages intra-abdominaux avec le pliéno-sulfure de zinc "au centième en ont eu facilement raison. Le malade est actuellement en voie de guérison.
(1) Gaz. méd. de Strasbourg, ISQi^ p. 31.
(2) Communication écrite.