‹ Traitement chirurgical des accidents myxédématéux et crétinoides par le thyroïdo-éréthismeChapitre 5 sur 15 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les fonctions de la glande thyroïde au point de vue physiologique sont encore mal connues dans leur mécanisme intime, mais depuis dix à quinze ans, leur importance ne saurait être contestée. La clinique avec les ablations totales de goitre, l’expérimentation d’autre part, ont nettement démontré que la glande thyroïde jouait un rôle considérable dans le développement de la nutrition des tissus. L’ablation de cette glande a, comme on le sait, pour effet à peu près fatal, l’apparition d’accidents myxœdémateux, de troubles psychiques, etc., et il semble que des arrêts congénitaux de développement du tissu thyroïdien, que des troubles fonctionnels de cette glande, de nature encore indéterminée, puissent provoquer des accidents de même ordre et donner lieu au myxædème spontané, par opposition au myxœdème opératoire bien connu des chirurgiens.

Partant de cette donnée, qu’il existe une relation intime

de cause à effet, entre le développement chez des jeunes sujets de certains goitres et la dégénérescence crétinoïde, admettant d’autre part les mêmes troubles physiologiques par suite d’un arrêt de développement ou des fonctions de la glande thyroïde, M. Poncet avait songé à exciter le tissu thyroïdien, à provoquer une irritation persistante; d’où l'opération à laquelle il a donné le nom de thyroïdo éréthisme. À priori, il trouvait l'indication de cette opération, dans tous les cas, aujourd’hui déjà nombreux où l’on croit devoir recourir chez des malades à des injections de suc thyroïdien, à des greffes de fragments de glandes empruntées à des animaux.

Dans un premier chapitre, nous signalerons le rapport connu depuis iongtemps, qui existe entre le développement du goitre avec les phénomènes généraux connus aujour d’hui sous le nom de myxœdème et avec le crétinisme.

Un fait a été établi depuis longtemps ; c’est la subordination du crétinisme au goitre, autrement dit encore, le tissu thyroïdien a été envahi par une néoplasie goitreuse qui donne ultérieurement naissance au crétinisme. Nous montrerons également qu’à côté de la dégénerescence crétinoïde post-goitreuse se trouve une autre forme de déchéance intellectuelle tout à fait comparable aux accidents myxœædémateux plus ou moins accentués et dans laquelle non seulement le goitre fait défaut, mais où il semble que la glande thyroïde, toutau moins à un examen clinique n'existe pas. C’est dans ces cas qu’il doit s’agir d’un arrêt de développement de la glande ou peut-être seulement de troubles sécrétoires, qui ont, on le comprend, le même retentissement sur l’état général, sur le développement du sujet, que la transformation goitreuse du

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parenchyme thyroïdien. Suivant l'expression de M. Poncet, à côté de myxædémateux, de crétins hyperthyroïdiens, se trouve une autre variété de crétins, de myxœdémateux hypothyroïdiens et en apparence athyroïdiens, Les uns ont un cou déformé, plus où moins volumineux, cou de goitreux, de grenouille ; les autres, au contraire, sont, d’après M. Poncet, caractéristiques par le défaut de dimension du cou, et le peu de développement de cette portion de la région cervicale est, chez eux, d’autant plus marqué que la tête est souvent volumineuse, les parties molles de la face épaissies, et le sujet parfois atteint d’onanisme.

Dans un deuxième chapitre, nous passerons en revue les signes, les symptômes du myxœdème et du crétinisme, chez les athyroïdiens qui nous occupent plus particulièrement.

Dans un troisième chapitre, nous rechercherons les lésions anatomo-pathologiques du côté des glandes thyroïdes ; nous dirons les considérations physio-pathologiques qui en découlent. É

Notre quatrième chapitre envisagera jusqu’à ce jour l’étude du traitement de ces accidents, par les injections de suc thyroïdien et greffes de tissu thyroïdien, qui ont pu donner, entre les mains des expérimentateurs et des médecins, d’excellents résultats, mais que nous considérons comme ayant été et devant être nécessairement transitoires.

Enfin, dans un dernier chapitre, nous exposerons le traitement chirurgical que nous proposons : l’excitation permanente du corps thyroïde, à laquelle M. Poncet a donné le nom de thyroïdo-éréthisme.

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DES ACCIDENTS MYXOEDÉMATEUX ET CRÉTINOIÏDES

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