‹ Traitement chirurgical des affections inflammatoires et néoplasiques de l'utérus et de ses annexes. Deux procédés inédits d'hystérectomie abdominale et vaginale. La castration totale par le vaginChapitre 6 sur 27 · I. Historique · texte numérisé non relu

I. Historique

1° Histoire des inflammations péri-utérines jusqu’aux premières tentatives DE GUÉRISON RADICALE PAR LA LAPAROTOMIE.

a) Premiers travaux. — Les recherches d’Astrüc (1770) et de Lieutaud (1776) sur la propagation aux trompes et aux ovaires de l’inflammation de l’utérus furent à peu près contemporaines de la description de la phlébite par Hunter (1773) et de la lymphangite par Assalini (1787) et Sœmmering (1795), qui étendirent les premiers à la pathologie la belle découverte des vaisseaux blancs par Aselli (1622).

Gasc (1802), Laënnec (1804), paraissent avoir méconnu les travaux antérieurs sur l’inflammation des trompes ; ils ne s’attachèrent qu’ à l’étude de la péritonite puerpérale. Breschet (1818-1819) fit connaître en France la phlébite (1), en traduisant les œuvres d’Hodgson. Davis (1823), Guthrie (1826), Dance (1828) et Lee (1829) tirèrent parti des notions acquises et démontrèrent que la phlegmatia alba dolens (2)

{1} On eroyait, au temps d'Ambroise Paré, que les accidents observés au bras à la suite de la saignée étaient dus à la piqûre d’un nerf ou d’un tendon. Telle fut l’interprétation de la saignée malheureuse faite au roi Charles IX par Portail et que relate A. Paré. Hunter, le premier (1773j démontra qu’il s’agissait d’une inflammation de la membrane interne des veines, et ce fut Breschet qui inventa le nom de « phlébite ».

(2) La phlegmatia alba dolens a été mentionnée pour la première fois par Moriceau (1721), qui attribua « l’enflure des jambes et des cuisses des nouvelles accouchées à un reflux des humeurs qui devraient être évacuées par la vidange », c’est-à-dire à la rétention des loehies. Puzos et Levret imaginèrent la théorie du « dépôt > ou de « l'engorgement laiteux ». R. White (1784) en fit la conséquence de « l’obstruction des lymphatiques du membre inférieur. » Sa conception était tante théorique et ne reposait sur aucune démonstration anatomique. L’expression de « phlegmatia alba dolens » est due à Eull (1800).

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n'était qn'une phlébite crurale, ayant pour point de départ les sinus veineux de l’utérus.

Allard (1824), Andral (1824 et 1826), Gendrin (1829), Cuveilhier et Velpeau (1830-1836) donnèrent à leur tour une bonne description des lymphangites.

Nonat signala en 1832 la présence du pus dans les lymphatiques utérins à la suite de l’accouchement. Velpeau et Duplay firent en 1836 les mêmes constatations. Ces auteurs ne s’attachèrent toutefois, pour ce qui concerne la pathologie utérine, qu’aux grandes suppurations d’origine puerpérale.

Cruveilhier (1834) et Duplay (1836) rassemblèrent de nouveaux documents relatifs à la phlébite et la firent rentrer dans l’histoire générale de l’infection purulente. Tous deux, en observateurs d’élite, avaient étudié de pair la phlébite et la lymphangite puerpérale, et remarqué la fréquence plus grande de cette dernière. Aussi Chassaignac écrit-il en 1859 que Cruveilhier, en deux années de séjour à la Maternité, n’aurait constaté à l’autopsie, contre plus de 100 lymphangites utérines, que 7 ou 8 cas bien avérés de phlébite. Le grand mérite de Cruveilhier est d’avoir pressenti les doctrines microbiennes en faisant jouer dans la phlegmalia alba dolens le rôle principal à l’inflammation des parois veineuses.

Bouchut (1844) et Virchow (1854) firent un pas en arrière en considérant au contraire les caillots de la phlegmalia comme primitifs et en subordonnant à ces thromboses dites marastiques l’altération des parois vasculaires.

Baudelocque signala en 1830 la stérilité consécutive aux cas non mortels de pelvi-péritonite puerpérale. « On conçoit, dit-il, que les membranes de nouvelle formation, en faisant contracter aux trompes et aux ovaires des rapports vicieux, en les éloignant l’un de l’autre, en fermant l’orifice des trompes, deviennent un obstacle insurmontable à la fécondation. »

Walter {De morbis peritonii) avait déjà remarqué la fréquence des adhérences pelviennes et attribuait également à l'inflammation du péritoine qui entoure l’ovaire et à l’obstruction des trompes la stérilité des filles publiques.

Mercier (1838) fit les mêmes observations et insista sur la fré-

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