‹ Traitement chirurgical des affections inflammatoires & néoplasiques de l'utérus et de ses annexesChapitre 9 sur 15 · I. Historiqae · texte numérisé non relu

I. Historiqae

M. Sflgond, au Congrès de Bruselles, crut devoir soulever, à l'occasion de noire communication, au cours de laquelle nous avions signalé la date du 3 décembre 1887 comme étant celle de noire première castration utérine pour ' lésions suppuralives des anneies, la question do priorité. Wous lisons à ce propos dans le Bulletin médical:

1 Je regrette que M, Doyen ait attendu jusqu'à )892 pour revendiquer la priorité dons l'Iiysléreclomie vaginale pour lésions des annexes; j'eslimedooc | que le nom de Péan, qui l'a érigée en méthode et en a décrit le manuel, doit lui Être conservé. Le procédé de morcellement de fibromes décrit par 5 M, Doyen comme un procédé nouveau n'est, sauf la régularité géométrique ^

I fragments réséqués, que l'évidement central conoïde, sans hémoslase

fcpréalable, pratique par Péan depuis de longues années. La durée du morcel-

nienl vaginal, que l'hys té rectorale soit concomitante, préalable ou complé-

K.tnentaire, est utie opération à laquelle on doit certainement assigner plus de

» minules comme durée moyenne, u iBull. méd., 1892, p. 1239.) (Segond.)

La Semaine médicale écrivait à son tour :

< SI M. Doyen a, dès 1887, pratiqué de parti pris une liyslérectomie v.igi- 1 noie dans un cas de suppuration pelvienne, il s'est fait, à celle époque, si I jMu de bruit autour de son opération, qu'on ne l'a pas connue, et pour ma

■ partie crois toujours que la priorité revient, malgré cette tentative antérieure ée, tout entière â M. Péan. D'autre part, M. Uoyen parie du procédé par

tinorcellemcnt qui lui est propre. C'est, à n'en pas douter, le procédé par l'tnorcellement imaginé depuis longtemps par M, Péan et qui comprend la [féaection successive des 2 valves antérieure et postérieure de l'utérus par

■ tranches horizontales, ou bien l'évldemeot central, qui est meilleur au point lâe vue de l'hémostase. EnRn, la section médiane de l'utérus est préférée par l'H. Doyen. Soit, mais jo ferai remarquer que celle section avait été con~ [seillée d'abord par M. Mûller, en 1881. « iSem.mid.,^. 383, 1892.) (Segond.)

[ond ayant largement usé de son droit de parole au Congrès de XBruxelles, il nous était impossible, sans abuser des instants de nos coilc- Igues, de lui répondre immédiatement. Nous avons donc cherché à élucider lia question, en lisant avec attention les livres de M. Péan, que nous avons I parcourus avec beaucoup d'intérêt, et les publications de M. Segond, dont ^ notre excellent collègue a bien voulu nous faire l'hommage.

Nous ferons remarquer tout d'abord que nous n'avions aucunement réclamé I la priorité de rhyslérectomio pour lésions suppurées des annexes, et que nous y, n'avions signalé la date de nos premières opérations que pour prendre le rang I Jusqu'alors méconnu, malgré notre communication du 1°' avril 189i, et qui nous f appartenait de droit, parmi les premiers partisans de ce mode d'intervention.

La question de priorité, soulevée par l'éminenl chirurgien au profit de Péan, \ nous oblige à revenir sur les opérations de ce dernier et à insister sur

I détails que nous Ignorions il y a quelques semaines. Et ce n'est pas tsang un profond étonnement que nous avons constaté que Péan n'avait fait

■ avant 1882 aucune ablation d'annexés, pour n'atteindre en 188G que le chiffre r encore si restreint de 10 opérations, toutes par la laparotomie. Nous pensions

■c^alement que Péan pratiquait plusieurs années avant nous-même l'hystérecn torale vaginale pour lésions des annexes, lorsque nous nous sommes aperçu, b en parcourant ses Cliniques, que, loin d'avoir substitué de propos délibéré ù la [.'laparotomie la castration vaginale, il ne choisit cette voie que pour remédier I insuccès complet d'une laparotomie antérieure et n'avait encore fait en H décembre 1887 que 3 de ces opérations, pour ne s'attaquer quequelques mois plus l'Jard, part'hystèreclomie, à des cas de lésions suppurées péri-utérines, A propos tâe SB première ablation de l'utérus par le vagin pour méirite douloureuse

■ |16 fëv. 186ti), opération faite chez une femme où l'ablation des annexes, pratl- IBmarslSSâ, n'avait amené aucun soulagement, Péan fait remarquer

324 0PÉR4TI0NB BUR l'utérus BT SES ANNEXES.

qu 1 p ra sur la demande formelle du mÉdecin iraitaDl, de la malade et de la t m II !e 8 mars 1886, il enleva un ovaire procident par le vagin, en

p ta I iilérus. En juillel, Il (il au contraire une laparotomie pour lésions d ann En novembre, il enleva de nouveau les annexes par le vagin, et

p iq a I 1 une outre Terame l'hyslérectomîe lolale par cette voie. Dans celle d t lalive, les nnneies furent laissées ; dans la première opéralion, il n'avait pu en être question, puisqu'elles avaient été enlevées antérieurement parla laparotomie. Jusqu'alors Péan hésitait el n'avail pas de procédé bien réglé.

Le 8 novembre 1887, seulement. Il Ht sa 3° bysiéreclomlc pour lésion non néoplasique, dans un cas analogue à celui qui avait nécessité sa première opération ; les anneies avaient élé enlevées dans deux opérations antérieures, il n'appliquait donc encore rhystércciomie pour lésions inflammatoires qu'à des cas d'exceptions.

M. Péan parait également n'avoir fait â cette époque l'hystérectomie totale pour (Ibromcs que dans les cas où les dégâts survenus au cours du morcellement altéraient tellement la structure de l'utérus, qu'il devenait dangereux de le conserver. Le procédé de choix élall encore pour lui l'hyslérolomie, et c'est par l'incision simple de l'utérus qu'il opéra, en 188), un kyste hcmatlque du fond de l'utérus (28 julll.), en 4887 (17 Janv.), un kyste hydatique du même organe, et, en février, mars et mal de la même année, 3 cas de suppurations pcL'i-uiérines, dont l'une était compliquée de fistule reclale.

Péon classait ces opérations sous le litre de Kystes utérins. Sécheyron, dans sa thèse (1888) et dans son mémoire (1889), lous deux inspirés par Péan, son maître, signale les mêmes cas dans un chapitre également intitulé : Hyitérotomie vaginale pour kystes utérins et juxta- utérins.

La thèse de notre ami le D'' Sécheyron (1888), ne traitant que de l'hyslérolomie, tandis que ses additions concernant l'hystérectomie datent de 1889, nous pouvons considérer comme l'opinion de Péan à celle époque l'appréciation de Sécheyron sur celte dernière opéralion. Sécheyron recommande la castration utérine comme préférable à l'ablation simple des annexes (p. 600). I U. Péan, dit-il, à plusieurs reprises, chez des femmes qui avaient des douleurs tenaces, intolérables, a enlevé l'utérus, mais laissé les annexes Il

parait même à M. Péan qu'après la castration utérine les annexes lendent' à s'atrophier. La castration utérine paraît donc plus recommandable que la castration ovarienne. Le mieux serait d'être plus radical encore et d'enlever l'utérus avec ses annexes. »

L'auteur ajoute dans une note : < M. Doyen nous communique l'observation suivante : cas d'Iiystereclomie vaginale pour métrlle chronique, guérlson ; les 3 ovaires, gros comme des mandarines, et purulents , furent enlevés au

cours de l'opération > et continue : • L'extirpation de certains ovaires,

surtout s'ils étaient augmentés de volume, peu entachés d'adhérences, et prolabés, serait focile. La recherche de certains autres serait au contraire fort difllcilo et leur extirpation très loborieuse; it serait peut-être préférable, dans ces cas, de no pas insister, et d'attendre les résultats de l'ablation de l'utérUs.' i

El, plus loin, p. 60!> : Hystértciomie vaginale dans les inflammations périn utérines. « Un nouveau chapitre d'indications opératoires rie l'hystéreclontlè

"Taginale vienl de s'ouvrir ; M. Péon, se trouvant en présence de deux malades très affaiblies, en danger de mort, et afTeciées de suppurations péri- Utérines, a proposé et exécuté avec succès rbystéreclomle vaginale. L'opération était une opération de nécessité : il fallait conjurer par une tentative extrême une issue considérée comme fatale à brève échéance. Rarement des cas analogues, entraînant une opération aussi grave, se présenteront. Ce Cliapiire renferme en tout 2 opérations de Péan, datant du S juin et du 30 août 18^. Les annexes ont été laissées. >

Dans un appendice, Séclieyron cite, comme opérations pour phicgmasies ulérines et péri-utériaes, les 2 opérations du 12 et du 20 décembre 1887, que nous avons signalées plus tiaut, et qui se rapportent, non pas â des phlegmasiea péri-ulérines primitives, mais à des kystes ovariens mulliloculaires suppures.

La première hystérectomie de Péan pour pelvi-périlonile suppurée date du 6 mars 1888 (p. 784), et se trouve ainsi de 3 mois postérieure à notre première hystérectomie vaginale pour lésion suppurée des annexes.

Enfin nous lisons, dans les conclusions, au chapitre : Hystérectomie vaginale pour phlegmasies péri-utérines: ■ Les phlegmasies péri-ulérines entrainonl des suppurations à longue durée, des accidents seplicémiques, peuvent nécessiter une opération radicale comme l'hystêrectomie vaginale. L'opération est alors l'ultime ressource, une dernière chance de succès. »

Péan fut plus afllrmatif dans sa communication à rAcadémie(8 juill. 1890) et conseillaf dans tous les cas graves de icsions inDammatoires péri-ulérines, de recourir d'emblée â l'hystéreclomie vag^inale{ôuîi. ni^rf., p. 633 et suiv.). Nous avons vu que c'est la lecture de celte communication qui engagea Segond h voir opérer Péan, pour l'imiter peu après. Nous avons vu également que tous deux ne font l'ablation des annexes qu'accessoirement et quand, après l'ablalion de l'utérus, elles se présentent à la vulve.

La question de l'ablation des annexes étant à l'ordre du jour du îi" Congrès français de Chirurgie, qui s'ouvrait G mois plus tard, nous avons réservé nos documents pour ce Congres.

Nous nous sommes montré, dans la séance du d*' avril 1891, franchement partisan de la castration tolale par le vagin, et nous y avons développé les résultats de nos 20 premières opérations.

Nous avons indiqué de plus a l'année 1887 > comme l'époque oii nous avions fail nos premières castrations totales par le vagin et nous avons pris soin de signaler notamment notre l''^ ablalion vaginale de l'utérus et des annexes comme ayant été faite de propos délibéré et pour lésions suppurées.

Notre communication, qui était basée sur B6 opérations, dont 20 liysléreeioniles vaginales, et qui apportait k l'appui des idées de Segond des opérations de 3 ans antérieures â celles de notre collègue, paraît, malgré son importance, être resiée absolument méconnue.

Quénu, Routier (1891 et 1892) et Segond lui-même (1892) n'en nrcnl aucune

mention. Si l'on vient donc à nous reprocher aujourd'hui le peu de bruit qui

s'est fait autour de nos opérations, nous serons obligé do répondre qu'il faut

être un Péan ou un Segond pour lancer aussi brillamment un nouveau procédé,

AllCH. cuiit. — E, D. 8

Î06 324 OPÉRATIONS snn l'utérus et ses annexes.

el quB le peu d'allcnllon que prêtent certaines sociétés de la cupilaleaux communications qui n'émanenl pas d 'un de leurs membres assure aux chirurgiens J de province ie seul privilège do rester ignorés.

Heureusement nos contrères de la région appréciaient nos succès, el bien de ] nos amis pourraient témoigner que, dès 1887, ils connaissaient les indications ] de la castration totale par le \agin et spéciliaient, en nous envoyant leurs malades, qu'il était nécessaire d'enlever, non seulement l'utérus, mais aussi les annescs. Le nombre de nos opérations en est la meilleure preuve,

Nous nous sommes donc contenté d'amasser de nouveaux documenta et nous avons patiemment attendu le Congrès de Bruxelles, persuadé qu'à l'étranger, au moins, nous pourrions obtenir quelque attention de nos compatriotes les chirurgiens de Paris.

II est donc bien établi que nous avons donné avant Péan les indications de la castration totale par le vagin , ce dernier n'enlevant qu'accessoirement les trompes et les ovaires, alors que depuis plusieurs mois nous suivions la pratique opposée, et que nous avons pratiqué avant lui la castration vaginale pour lésions suppurées des annexes.

Nos opérations ont de plus ce point d'originalité, que nous avons fait de propos délibéré la castration utéro-ovarienne totale par le vagin près d'u avant d'avoir tenté la simple ablation des annexes par la laparotomie et qae * nous avons décidé en connaissance de cause de supprimer d'emblée la totalité j des organes génitaux internes, tandis que M. Péan n'a Tait sa première ablation 1 de l'utérus par le vagin que par nécessité, dans un cas d'insuccès de l'ablation '

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