‹ Traitement Chirurgical des BronchiectasiesChapitre 15 sur 98 · PIN · texte numérisé non relu

PIN

ENT ds

1° Lésions unilatérales.

Elles furent longtemps considérées comme exceptionnelles. Des statistiques récentes montrent au contraire leur fréquence :

F1G. 1. — Pièce de lobectomie inférieure gauche (Obs. 4). On voit la lingula, en haut eï à gauche. Elle démontre le groupement

en foyer des dilatations qui respectent ici le sommet du lobe inférieur.

Farrell : 64 A de lésions unilatérales, sur 100 cas.

Ballon, Singer et Graham : 149 cas, 83 unilatérales.: 56,5 7. Les cliniciens français ne semblent pas avoir été aussi heureux que leurs confrères américains et notre maitre, le Professeur Cordier, nous affirmait récemment

DEAR 0j Et

que sa statistique personnelle indiquait une assez nette prédominance des lésions bilatérales. Nous manquons peutêtre encore de documents décisifs, et il serait utile de savoir si le pourcentage varie avec l’âge, et si les enfants sont plus volontiers porteurs de lésions unilatérales.

a) BRONCHIECTASIES DU LOBE INFÉRIEUR. Elles représentent ia forme la plus chirurgicale des dilatations bronchiques. Cachces sous les lobes supérieurs, ratatinées contre le cœur au contact même du äiaphragme, leur exérèse crée une cavité qui sera facile à combler. On les rencontre plus souvent à gauche qu’à droite ; elles représentent la localisation la pius fréquente des lésions unilatérales : sur 83 cas, Ballon trouve 74 dilatations bronchiques du lobe inférieur, 40 gauches et 34 droites.

Le lobe inférieur est toujours très nettement séparé des lobes moyen et supérieur, sus-jacents. La grande scissure, oblique, possède une profondeur suffisante, tout au moins en dehors et en avant. Des difficultés peuvent naître, en revanche, en arrière et en dedans, au cours de la libération de la région malade. Le sillon interlobaire disparaît parfois, et l’opérateur éprouve une surprise désagréable, forsqu'il constate l'absence de plan de clivage, dans la région juxta-médiastinale et pédiculaire.

b) BRONCHIECTASIES DU LOBE MOYEN. Elles sont rares. et correspondent alors à une étiologie bien précise : corps étranger où sténose de la bronche lobaire moyenne, abcès bronchiectasiant du lobe moyen.

La coexistence de dilatations bronchiques dans le lobe inférieur et dans le lobe moyen est beaucoup plus fréquente. Il faut même la rechercher avec soin, afin de ne pas réaliser une opération incomplète ; une récidive plus ou moins grave de la maladie sanctionnerait certainement une telle lacune dans le diagnostic de localisation.

©) BRONCHIECTASIES DU LOBE SUPÉRIEUR. Cette localisa-

Uon des lésions est également exceptionnelle. Elles revêtent, en général, l’aspect de dilatations pseudo-cavitares, superficielles ou enfouies au sein du parenchyme. L’infecton s’y développe difficilement, car le drainage « postural » de la lésion s'effectue automatiquement. Aussi les rencontre-t-on souvent par hasard, à l’occasion d’un examen radiGlogique banal, que n’avait pas motivé un syndrome de bronchorrée chronique grave.

- d) BRONCHIECTASIES UNILATÉRALES TOTALES. Elles occupent la totalité du poumon. Leur aspect pseudo-kystique évoque l’idée de la « maladie congénitale », surtout chez lenfant. Les dimensions des lobes sont très restreintes, car Forgance ne fonctionne pratiquement pas. Il attire vers lui le médiastin, même en l’absence de toute symphyse. En réalité, le déplacement médiastinal provient surtout de lhypertrophie compensatrice du poumon sain, qui assume à lui seul les responsabilités de l’hématose. Les parois de l'hémithorax malade souffrent de la déficience fonctionnelle des lobes qu’elles recouvrent : les espaces intercostaux deviennent plus étroits, et le diaphragme remonte.

2° Lésions bilatérales.

Les statistiques de Ballon et de Farrelf fournissent des

chiffres sensiblement égaux :

Ballon : 44, 66 sur 149 cas.

farrell : 36 %, d’après 100 cas.

On observe toutes les associations possibles. La plus fréquente groupe des lésions dans les deux lobes inférieurs (60 sur’ les 66 cas de Ballon). Eloesser, Lewis se sont attaqués avec succès à ces localisations bilatérales qui n'intéressent qu’un seul lobe de chaque côté : nous verrons que la bilatéralité ne constitue pas forcément une contre-indication du traitement chirurgical radical. Mais le nombre

Page 1