‹ Traitement Chirurgical des BronchiectasiesChapitre 43 sur 98 · PRONOSTIC SOCIAL · texte numérisé non relu

PRONOSTIC SOCIAL

Il dépend avant tout de l'intensité des symptômes fonctionnels. L’abondance et les caractères de lexpectoration, en dehors de toute complication, soumettent la vie des malades à des conditions bien particulières. Churchill (1958) a tracé un tableau saisissant des désagréments, pour ne pas dire plus, dont les dilatés bronchiques ont à souffrir. Enfant, le petit malade ne peut aller régulièrement à Pécole, dont lécartent les poussées saisonnières. En classe, il devient un objet de risée ou de répulsion pour ses maitres et ses camarades. On le considère comme iuberculeux et chacun s’écarte de cet enfant qui ne cesse pas de tousser, et de cracher, ce qui est pire. Ses parents le soignent avec attention, mais évitent de l'emmener au spectacle ou de le faire participer à ces réunions de famille qui pourraient le distraire. Repoussé de toutes parts, l'enfant grandit, solitaire, et son caractère souffre, s’aigrit de Pantipathie qu'il inspire. Il ne peut jouer, car il s’essouffle rapidement : c’est un mauvais compagnon, volontiers délaissé.

Adolescent, on lui ferme l’accès des écoles supérieures, des ateliers où il désirerait entrer en apprentissage. son infirmité lui enlève toute ambition, il n'ose faire aucun projet d'avenir. Il fuit les distractions où se complaisent les garcons de son âge. Son manque de résistance lui

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interdit le sport, ses joies et ses bénéfices. Arrivé à ce tournant de la vie où naît la personnalité, il se sent paralysé, diminué, incapable d’orienter son esprit vers d’intéressantes disciplines.

L’adolescence n’est pas moins pénible pour les jeunes filles qui voient leurs compagnes se détourner d'elles et les jeunes gens re leur porter aucun intérêt. Beaucoup sont persuadées que le mariage leur est interdit. La maitresse de piano de Laënnec, « ne s’était jamais mariée et avait toujours eu des mœurs très pures ».

Cet aspect de l’évolution mérite de retenir l'attention : nous nous proposons de guérir ces malades. Il ne s’agit pas seulement de leur éviter de redoutables complicaüons. Ils ont droit à la vie de tout le monde, en commun, car leur état ne comporte aucun danger pour ceux qui les entourent. Nous avons donc le devoir de les aider, de les soulager, et de leur procurer une existence qui fasse renaitre en eux le goût de l'action.

Cette obligation est un argument en faveur d’un traitement aussi précoce que possible. Nous avons été frappé, en effet, de la difficulté à convaincre de leur guérison les malades adultes, débarrassés de leurs lésions. Ils admettent difficilement la possibilité d’une vie normale, faite de travail et de distractions. Ils ont trop longtemps souffert de leur isolement et de leur infirmité pour être prêts à une prise de contact rapide avec un mode d’existence qu’ils n’ont souvent jamais connu

Les enfants, au contraire, n’ont pas encore subi cette lente intoxication physique et intellectuelle. Leur esprit, comme leur corps, a conservé sa souplesse et ses immenses possibilités d'adaptation.

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