LES IJÉCOLLEMENTS PLEURO-PARIÉTAUX
—- [A THORACOPLASTIE.
|. — Le pneumothorax artificiel.
La méthode de Forlanini fut appliquée aux dilatations bronchiques par Riva-Rocci en 1903. D’autres auteurs l'ont utilisée systématiquement et les statistiques les plus importantes furent publiées par Tilman (65 cas), Rist (59 cas), Roles et Todd (21 cas), Cordier (14 cas).
LES AVANTAGES. La bénignité du geste opératoire, s’il est possible de lappeler ainsi, doit être placée au premier rang. Elle est absolue, en dehors des accidents nerveux inhérents à toute ponction pleurale.
En réalisant l'équilibre entre la pression intra-pleurale et la pression intra-pulmonaire, il met les lésions au repos et les soustrait aux modifications manométriques inspiratoires, à cette aspiration pleurale dont parle Jacobœus.
L'efficacité du pneumothorax artificiel est prouvée par les succès obtenus : Tilman a guéri 16 malades sur 65 (36,5 %). Malheureusement la statistique de cet auteur est antérieure à l’emploi du lipiodol, et il nous paraît difficile d’en contrôler la valeur. En revanche, Rist (1932) appuie ses résultats sur des constatations radiologiques complètes: 13 guérisons complètes sur 50 (21.6 %), et 7 améliorations qui disparaissent à l’abandon des insufflations. Roles et Todd (1933) obtiennent 3 améliorations sociales sur 13 (25 %). Cordier, enfin (1938) : 3 améliorations et 2 succès sur 14 malades ainsi traités.
LES INCONVÉNIENTS. Le P. A. est illogique lorsqu'il s’attaque à des bronchiectasies infectées plongées au milieu d’un massif de sclérose pulmonaire intense. Il nécessite une hyperpression considérable, incompatible avec la parfaite tolérance exigée. De plus, il n’est pas toujours possible. Les adhérences pleurales s'opposent très fréquemment à linsufflation. Elles expliquent les échecs :
PS0 292 sur 99,072) , Roles et Todd : 6 sur 13 (46 %).
Cordier : 4 sur 14 (28,5 %).
Si la symphyse n’est que très partielle, réduite à des brides plus ou moins lâches, l'introduction d’air dans la plèvre sera rapidement interrompue et le collapsus très imparfait.
Le P. A. est parfois dangereux : Cordier a perdu 2 malades de pleurésie purulente. L'apparition d’une telle complication ne surprend pas, quand on connaît la virulence des germes contenus dans les bronchiectasies.
Enfin le P. A. entretenu pendant longtemps constitue une contre-indication de la lobectomie. L’épaississement de la plèvre viscérale s’oppose, en effet, à l’expansion du lobe sain. Nelson (1934) a insisté sur cette influence néfaste de la méthode de Forlanini. Nous montrerons, plus loin, l'intérêt de l’insufflation pleurale dans les jours qui précédent une intervention radicale : elle rend compte de l’état de la plèvre, et elle la prépare à une ouverture brutale. Le P.A. prolongé ne réserve donc pas l’avenir, et nous ne pouvons pas l’admettre parmi les moyens susceptibles d'améliorer l’état du malade avant une lobectomie.
Les succès de Rist ont été obtenus chez des enfants, porteurs de lésions cylindriques, post-infectieuses, unilatérales. Dans les autres formes, aucune guérison ne peut être espérée. L'amélioration des symptômes fonctionnels ne survient qu'au prix d’insufflations indéfiniment répétées (Rist oppose la servitude du P. A. à la servitude du crachoir), de redoutables dangers d'infection pleurale. Le pralicien devra savoir à l’avance qu’il enlève à son malade toute chance d’être un jour radicalement délivré de lésions siftisamment localisées pour permettre l’insufflation, donc probablement justiciables d’une lobectomie.