‹ Traitement Chirurgical des BronchiectasiesChapitre 65 sur 98 · DR NT · texte numérisé non relu

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Il. — La phrénicectomie.

Bardenheuer, en 1912, sectionna le phrénique gauche, chez une malade atteinte de dilatations bronchiques des deux bases, en vue d'améliorer son état général. Le succès fut loin de répondre à ses espoirs. Néanmoins, l’idée fut reprise par de nombreux auteurs. Depuis quelques années seulement, on est fixé sur la valeur exacte de cette opération.

La paralysie de l’hémidiaphragme peut être réalisée, soit par la phrénicectomie, définitive, soit par la phrenicotomie qui permet la récupération des mouvements diaphragmatiques dans un délai plus ou moins long, soit par alcoolisation (Chiray et Malinsky) dont l’action est encore plus transitoire.

Les avantages de cette opération expliquent la faveur dont elle a joui pendant longtemps : bénignité de l’acte opératoire, compression élective de la base du poumon, mise au repos de la région malade, modification de la courbure des bronches favorisant le drainage (Singer' et Graham), compression extra-pleurale évitant les risques d'infection de la séreuse.

Mais les inconvénients de la phrénicectomie nous obligent à la rejeter de façon formelle ;

— On a publié des accidents mortels au cours de l’opération ou dans <es suites immédiates : une hémoptysie foudroyante (Rist), une asphyxie brutale (Leriche).

. — La sclérose pulmonaire s’oppose parfois à l’ascension du diaphragme.

— La paralysie du diaphragme favorise la stase des sécrétions purulentes : l’opinion de Singer et Graham paraît erronée. Les bronches du lobe malade occupent normalement une position favorable à l'évacuation des cavités. L’élévation du diaphragme aurait plutôt tendance à les

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déformer et à en rétrécir la lumière. D’autre part limimobilisation diaphragmatique empêche le poumon de se vider et l'infection se propage directement au parenchÿme voisin ; on peut redouter ainsi l'apparition de suppura- {ions, d’abcès pulmonaires dans les semaines qui suivent l'opération (Desjacques, Léon Kindberg). Si le trop plein purulent des cavités se déverse dans larbre bronchique, la paralysie du diaphragme diminue l’énergie des secousses de toux, du « Tussive Squeeze » des auteurs américains. Les lobes sains sont ainsi très mal protégés.

—— La phrénicectomie est une condition très défavorable à la lobectomie (Nelson), elle réduit la ventilation pulmonaire et s'oppose à l’expansion rapide des lobes sains. Dans les exérèses pulmonaires totales, elle diminue les dimensions de la cavité à combler, et peut être, à la rigueur, conservée. Nous écrivons « à la rigueur », car le diaphragme a tendance à remonter spontanément dans le thorax, à la suite des pneumonectomies totales, sans que la section du phrénique soit nécessaire.

Les différentes statistiques nous fournissent les renseignements suivants :

Hedblom (1927) : 22 cas :

2 guérisons.

9 améliorations.

11 échecs (50 VAE

Oakley (1931) : 85 cas :

21 guérisons cliniques.

51 améliorations.

33 échecs (39 %). Courcoux (1932) : 3 améliorations avec persistance des bronchiectasies au lipiodol.

Giraud (1932) : 1 amélioration pour dilatation bronchique tuberculeuse, sans confirmation lipiodolée.

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