TOTAL
Nous devons, en outre, communiquer les résultats dont nous ont fait part Mason et Tudor Edwards. Le premier, depuis 1936, a réalisé deux nouvelles exérèses totales pour Bronchiectasie, avec succès. Au Brompton Hospital, T. Edwards, en novembre 1938, avait effectué 22 pneumonectomies, avec 2 morts.
Enfin, nous insistons sur un point qui nous paraît capital : tous les succès ont été obtenus chez des enfants. L’opérée la plus âgée, avait 18 ans (Mason). L'âge moyen, dans les autres cas, ne dépasse pas 10 ans. Voici donc un nouvel argument en faveur des interventions précoces : les enfants supportent beaucoup mieux une intervention de cet ordre que les adultes, ce fait est absolument certain.
Il. — Résultats éloignés, morbidité post-opératoire et résultats fonctionnels
On a accusé les exérèses pulmonaires de laisser derrière elles de telles séquelles, que le résultat obtenu ne vaudrait guère mieux que l’infirmité pré-opératoire. Une telle opinion remonte à l’époque où lobectomie était synonyme d’empyème chronique, de fistule bronchique, ou de thoracoplastie primitive ou secondaire. Les techniques actuelles permettent de réviser complètement ces données, qui pèsent très lourdement sur la faveur de cette chirurgie.
L'étude clinique complète des malades opérés suit les mêmes règles que l’examen pré-opératoire. La bronchographie lipiodolée, chez les lobectomisés, représente le moyen le plus sûr pour contrôler l’état anatomique et confirmer la valeur fonctionnelle de l’intervention.
1° Lobectomies
Les premiers chirurgiens qui ont mis en pratique la technique de Brunn se sont bien souvent bornés à insister sur la mortalité post-opératoire immédiate. Cependant, en 1933, Alexander publie les résultats éloignés de 10 malades parmi les 18 qu’il avait opérés en deux temps : il note 5 guérisons complètes, 4 améliorations suffisantes pour permettre une activité sociale normale, et une amélioration médiocre (expectoration persistante).
Depuis, de nombreux auteurs ont compris Fimportance des investigations post-opératoires complètes, et nous possédons des documents extrêmement démonstratifs. Nous devons à l’obligeance du Docteur Tudor Edwards, la connaissance des résultats exposés par le Docteur Lee Lander, à la réunion annuelle des chirurgiens thoraciques anglais (novembre 1938).
Examinons, tout d’abord, les conclusions des chirurgiens
dont nous avons reproduit les statistiques immédiates :
__ Romanis et SELLOR (1936) : 46 cas. 11 morts. 35 malades examinés secondairement :
23 guérisons complètes.
12 améliorations, socialement complètes, dues à la persistance de quelques Bronchiectasies dans les autres lobes.
— Caurcizz et KinG (1937) : 49 cas. 3 morts. 40 malades revus :
30 guérisons complètes.
> améliorations, chez lesquels l’expectoration trouve sa source dans de petites dilatations du moignon pédiculaire.
5 bilatéraux, améliorés par l’ablation d’un seul lobe.
— HozsT (1938) : 10 cas. 8 guérisons complètes.
1 amélioré.
1 encore en traitement.
— ROBERTS (1933) : 10 cas, 2 morts. 6 guérisons complètes. 2 ont repris leur travail, mais conservent une légère expectoration.
— Tupor Epwarps (1936) : 114 cas. 14 morts. 64 malades examinés secondairement :
3 complètement guéris.
10 guéris, mais on retrouve quelques cavités, à l’examen lipiodolé.
13 crachant encore un peu (dilatations bronchiques résiduelles).
6 morts tardives.
— LEE LANDER (1938) : a pu revoir 160 opérés de Tupor EpwaRps et de ROBERTS. Il les divise ainsi :
27 enfants opérés précocement : 25 guérisons. 2 crachent de 5 à 20 grammes par jour.
10 bronchiectasies hémoptoïques : 8 guérisons.