‹ Traitement Chirurgical des BronchiectasiesChapitre 93 sur 98 · LE RÉSULTAT EST FAVORABLE · texte numérisé non relu

LE RÉSULTAT EST FAVORABLE

On assiste progressivement à l’amélioration de létat général. La fièvre tombe, l’appétit revient, le malade engraisse. En même temps l’abondance de lexpectoration diminue. Les crachats perdent leur fétidité, ils deviennent plus “lairs, et l'analyse bactériologique montre la disparition des formes anaérobies, la diminution du nombre des germes. Ainsi une forme sévère se transforme en une maladie plus bénigne ; une forme bénigne semble revenir aux stades initiaux de l'affection.

Alors se pose le véritable problème du traitement chirurgical. Nous nous trouvons en face d’un malade porteur de lésions indiscutables qui, anatomiquement, peuvent se prêter à une exérèse. Les signes fonctionnels sont peu intenses, la vie du malade.est très supportable. Nous rejoignons ici les cas examinés tout à fait au début : la discussion thérapeutique se présente de la même manière. Ou bien, nous conseillerons une intervention, ou bien nous nous contenterons de cette amélioration, que nous tenterons d'entretenir par un traitemeni médical longuement poursuivi. Il nous faut peser le pour et le contre de chacune de ces deux possibilités :

— Le traitement médical. Son incontestable supériorité

réside dans sa bénignité. Le malade ne court aucun risque des méthodes auxquelles il est soumis. Il peut, d’autre part, se sentir satisfait par l’amélioration obtenue grâce au traitement d’attaque : il a repris ses occupations, son travail, ses études, sa vie familiale. Pourquoi cet état ne se prolongerait-il pas toujours ?

A côté de ces avantages, les inconvénients s'imposent à notre esprit Nous savons que le résultat obtenu ne durera pas, que ce traitement devra se poursuivre toute la vie, CAR LES LÉSIONS NE GUÉRISSENT JAMAIS, Car la source des troubles demeure intacte. Or l’entretien du traitement médical exige des conditions bien particulières, que nous avons déjà signalées :

— Des ressources financières ou sociales suffisantes.

— Une activité sociale ralentie périodiquement par les cures thermales ou d’altitude.

— Un contact permanent avec le médecin, capable d’utiliser correctement les différentes méthodes.

Le nombre des malades capables de se soumettre à de telles disciplines est très restreint, qu’il s’agisse de malades pauvres, ou simplement d’une absence du souci de VPavenir, particulièrement chez les enfants. Certains parents se lassent de ces visites continuelles, de ces interruptions de travail incessantes. Et si le traitement vient à être abandonné ou seulement négligé, le malade se trouve exposé à des complications dont nous avons exposé la fréquence et les caractères redoutables : récidive des signes fonctionnels et généraux, dans les formes améliorées, aggravation progressive des formes initiales, qui aboutit à la mort dans un nombre de cas qui avoisine 30 "}.

Nous pouvons ainsi opposer la bénignité du traitement médical à la sévérité du pronostic, lorsque son application subit la moindre défaillance.

=— Le traitement chirurgical. Nous n’avons pas cherché à dissimuler les dangers des exérèses pulmonaires. Les échecs que nous avons subis ont assez sévèrement instruit

notre expérience pour que nous ne puissions être taxés de partialité lorsque nous affirmons que ce stade de la maladie réunit les conditions les meilleures et les plus favorables à une intervention radicale :

__ La maladie est récente, ou suffisamment freinée pour que l’état général n’ait rien à redouter de l’acte chirurgical lui-même.

— L'infection a été réduite au maximum, et les dangers de complications infectieuses diminuent parallèlement.

— Les lésions sont sèches ou presque, et le parenchyme qui les entoure ne participe pas à la suppuration.

Les résultats que nous avons publiés montrent la qualité des résultats fonctionnels obtenus : il s’agit d’une guérison presque toujours complète, et surtout absolument définitive, lorsque l’opération a été correctement conduite.

Nous sommes donc bien convaincu que le champ des exérèses pulmonaires mérite de s'étendre à ces formes en apparence bénignes, aux enfants examinés précocement, aux malades anciens dont le traitement médical prolongé a réussi à améliorer l’état général et fonctionnel : nous partageons complètement l’opinion des chirurgiens anglais et américains dont les admirables statistiques arrachent la conviction.

Nous insistons enfin sur la nécessité de la préparation médicale de tous les malades chez lesquels l’intervention a été décidés.

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