C... Emile, âgé de 64 ans, est entré, le 7 mars
Se
dans lle serviae de chirurgie de M. le professeur Hartmann, à l'Hôtel-Dieu, pour une ulcération de da face dorsale de la main droite. ,
C’est-en octobre 1917 que le malade remarqua, pour la première fois, sur la face dorsale de sa main droile, aw niveau du siège de l'ulcération actuelle, un petit bouton que le malade pril pour une verrue, qui augmenta iInsensiblement de vorume sans jamais provoquer de douleur.
Le malade essaya de la « brûler » lui-même à la teinture d’iode, ce qui provoqua une petite ulcération laissant s’écouler du pus jauntre et liquide.
En juin 1918, un médecin le Lui brùla au thermocautère.
En février 1919, l’ulcération continuait à suinter et n'élut traitée que par des pansements humides.
Au début de mars 1919, il alla consulter le professeur Jeanselme, puis un chirurgien, qui lui conseillèrent une intervention chirurgicale.
Le 7 mars 1919, il entre dans le service du professeur Hartmann.
Antécédents personnels. — Rougeole dans l’enfance; aucune autre maladie, |
Antécédents familiaux. — Père mort d'accident, mère morte à 72 ans, un frère bien portant, femme morte de paralysie. un fils mort de maladie de cœur, une file bien portante.
Examen à l'entrée. — Inspection : On voit sur la face dorsale de la maux droite, au niveau du premier espace intermétacarpien, à ? centimètres au-dessus du premier espace interdigital, une ulcération de forme presque rectangulaire de 4 centimètres sur 5, à bords festonnés, surélevés, légèrement éversés. Le fond est bourgeonnant, saignant du sang rouge brun. La peau interne est vialacée et cette tete s'étend jusque sur le petit doigt.
Palpation : La bace de l’ulcération est indurée. Les bords paraissent mobiles sur les plans profonds, mais la région
du fond adhère au tendon extenseur de l'index et la mobilisation de ce doigt mobilise lPulcération.
Les mouverments du doigt de la main droite sont assez profondément modifiés, la flexion du pouce est presque impossible, celle des autres doigts est difficile et un peu douloureuse.
Le creux axillaire droit est déformé par une tuméfaction de la grosseur du poing molle et mobile sur les plans profonds.
Au-dessus de l'épitrochlée, quelques petits ganglions durs.
Rien d'anormal dans les creux sus- et sous-claviculaires.
Sur le dos de la main gauche, quelques-unes de ces laches brunâtres vulgairement appelées crasse des vieïllards. :
Opération. — Le 15 mars 1919, par M. le professeur agrégé Okinezye : 1° Ablation en un seul bloc de la tumeur, en dépassant largement ses bords, avec l’index et son métacarpien, conservation de la peau de lindex qui, après hémostase minutieuse, est rabattue sur la face dorsale de la main, pour obtenir le plasuc de la perte de substance.
2° Ablation d'un ganglion épitrochléen.
3 Ablation d'une masse ganglionnaire volumineuse dans l’aisselle droite, adhérente à la veine axillaire et au bord axillaire de l’omoplate. Suture avec drainage,
Suiles normales. — Ablation du drain après 48 heures. Abllation des fils au 10° jour; sort guéri lle 18° jour.
Le malade n’a pu être revu depuis.
Cette observation à été lue par M. A. Remilly, à la Société Analomique (séance du 20 mars 1920).
L'examen histologique de cet épithélioma a été fait par le IF Peyron. Voici quelles sont ses conclusions : « La pièce apparait comme le type d’un cancroïde cutané: c’està-dire dun épithélioma à globes cornés caractéristiques présentant une kératinisation complète. À cette kérafinisa-
Pi Pate.
lion se rallache loute la série des dégénérescences nucléaires et des aspects pseudo-parasilaires dont la descriplion serait banale.
Cette prohfération du type malpighien présente la disposilion classique en masses volununeuses, irrégulières, étirées el anastomosées avec des figures en bulbes d'oignon caractéristiques. \
Cependant quatre points spéciaux sont à noter
1° Sur cette structure ordinaire, vient se greffer la ramificalion anormale de ces grosses masses qui ne s'effectue pas loujours suivant le même type; en certains points, elle bourgeonne sous forme de lous petits amas ovoides où de cordons allongés donnant le même aspect à la coupe transversale, ovoïdes; complètement dépourvus de formation imbriquée et présentant cependant dans leur evtoplasme la structure striée filamenteuse caractéristique de l’assise malpighienne. À leur tour, ces petits amas cellulaires se fragmentent el l’on voit des cellules carcinomateuses äsolées, essaimées dans le tissu conjonctif; indice probable d'une grande malignité,
2° Certains de ces mêmes amas constituent, par la disposiion de leur contour cellulaire, des cellules géantes épithéliales. Toutes les formes de transition s’observent et nous retrouvons là un exemple nouveau à lappui de la notion classique des cellules géantes d’origine épithéliale.
3° La nalure de ces pets bourgeons à faible Kkératinisaüon s’allongeant en bourgeons mineurs contournés rappelle les ébauches fœtales des glandes sudoriparés et follicules pileux avant la naissance.
4° Fa tumeur arrive parfois dans le. derme refoulé au contact des glandes sudoripares. L'appareil sudoripare luimême ne parlicipe pas à la tumeur.
En résumé, cetle néoplasie parait provenir de assise mañpighienne et elle ne présente pas les caractères bien connus de cette forme spéciale dite baso-cellulaire et que lon