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thrombosée sur presque tout son trajet à la jambe et à la cuisse ; bourrelets notables à la face interne du mollet.
Le 4° décembre 1896, M. Quénu fait une longue incision de 10 à 12 centimètres à la cuisse, le long de la veine qui est d’abord liée aussi haut que possible, non loin de son embouchure. La peau est d'abord disséquée, puis les veines enlevées avec la graisse qui les entoure. Une deuxième incision sur le côté interne du genou et de la partie supérieure de la jambe, et une troisième incision dans le 1/3 inférieur de la jambe permettent d’enlever, après ligatures à la soie, la totalité des veines enflammées. Sutures de la peau. /
Examen bactériologique négatif. Les caillots contenus dans les veines
sont noirs, non adhérents ; la saphène est très sinueuse avec de nombreuses bosselures.
. Le premier pansement fut fait au bout de quatre jours, la malade se plaignant de sa jambe; on constate de la rougeur près de la ligne de suture, et l’ablation de quelques crins au niveau de la jambe, permet l’écoulement d’un peu de liquide purulent. Cette suppuration dura peu, et cessa après l'élimination de quelques fils de soie ; la guérison était obtenue le 25 décembre.
Au début de janvier 4897, il se forma une petite tuméfaction fluctuante à la partie supérieure de la cuisse ; une petite incision donna issue à un peu de liquide parfaitement clair. À la fin de janvier, sans cause appréciable, on voit se former quelques coagulations très peu étendues au niveau des veines de la face interne de la jambe gauche: en même temps quelques douleurs et un peu d’æœdème. La malade étant assez rapprochée de son terme et cette phlébite étant très légère, on la traite par le repos au lit.
La malade quitte hôpital Gochin, le 6 mars 1897 ; prise de douleurs elle va faire ses couches à la Maternité. L'accouchement est normal, sans complications.
À la fin de mars, la malade vient se montrer dans le service ; elle est en parfait état et ne se plaint nullement de ses varices.
Cette malade a été revue en février 1898 ; elle se plaint de douleurs et d'æœdème de la jambe gauche qui n’a pas été opérée, elle n’éprouve rien de semblable du côté droit. On constate l'intégrité de la cicatrice et la disparition complète des varices à ce niveau ; seule la saphène externe présente quelques dilatations. Du côté gauche au contraire, les varices sont assez accusées, On lui conseille le port d’un bas élastique se réservant d'intervenir sur cette jambe s’il n’y a pas d'améliorations, en réséquant les varices
Si je joins à ces observations cinq cas que Schwartz dit avoir opérés avec succès, ou plutôt quatre, car le malade de l’observation 23
est compris dans ce relevé, j'obtiens un total de 15 résections chez
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14 malades pour phlébites variqueuses superficielles, des membres inférieurs.
En opposition avec ces exemples nombreux, où la phlébite a été extirpée je rapporterai le cas suivant, où une simple incision fut pratiquée ; on reconnaitra les inconvénients inhérents à cette méthode défectueuse et incomplète.
O8s. XXX. — Quénu (communication orale) — Un marchand de lait est atteint de phlébite variqueuse du mollet, dont le début remonte à huit jours environ. La masse variqueuse est volumineuse, de consistance molle, avec fluctuation en certains points ; la peau est amineie, rouge ; il y a élévation thermique. Redoutant la suppuration de cette tumeur, M. Quénu propose l'exlirpation au malade, qui la refuse, et se décide seulement à se laisser inciser sa phlébite. L’incision donna issue à des caillots mous, à du sang, mais il n’y avait pas de pus.
A la suite de cette intervention, la plaie bourgeonna mal, resta atone et la guérison ne fut obtenue qu’après de nombreuses semaines.
Il. Phlébite superficielle des membres supérieurs. — La phlébite peut être variqueuse et en voici une observation remar-
quable, de date déjà ancienne,
Ops. XXXI. — Quénu (inédite). — J. Victor, 32 ans, vidangeur, entré à l'hôpital Cochin, service de Quénu le 25 novembre 1891. Ce malade est atteint de varices congénitales de l'épaule droite ; il se souvient que déjà dans son jeune âge, les varices étaient très développées à ce niveau et que leur trajet était visible sur la peau ; jamais il n’en a été gêné.
Vers la fin du mois d'octobre dernier, il a ressenti dans la région de ces varices quelques douleurs, plus violentes chaque soir, en même temps qu'il voyait les veines augmenter de volume, faire saillie davantage, et présenter par places de petites bosselures douloureuses.
Les varices occupent la région antérieure de l'épaule, recouvrant le deltoïde et une partie du grand pectoral, allongées suivant le sillon delto-pectoral ; les dimensions de la masse variqueuse sont d'environ 12 centimètres, sur 8 à 10; elle remonte en haut jusqu’à l’acromion, eten bas s'arrête à 3 centimètres au-dessus de l’attache humérale du deltoïde. Sous la peau se dessinent des cordons bleuâtres, formant réseau à mailles assez larges, au niveau desquelles la peau a sa coloration normale : elle est adhérente aux veines sous-jacentes, surtout à la partie moyenne, où se trouve une masse variqueuse couverte de pelites nodosités dures, douloureuses, du volume d’une noisette ; à côté de ces points indurés s’en trouvent d’autres, mollasses ; entin il y à des
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cordons veineux indurés sur uu long trajet.En bas vers le bras, en dedans vers le thorax, on voit de grosses veines bleues, souples s’échapper de la tumeur. La température locale n'est pas élevée.
La cause de cette phlébite ne peut être nettement déterminée ; il faut faire remarquer que le malade, vidangeur, transporte les tinettes à l’aide d’un bâton qui repose sur son épaule droite.
Opération le 2 décembre 1891.— Incision longitudinale suivant le grand axe de la tumeur, aux extrémités de laquelle tombent deux perpendiculaires en H. Dissection des deux lambèaux cutanés ainsi obtenus; la peau est si mince par endroits, qu'on ouvre quelques ampoules thrombosées ; la tumeur étant mise à nu, on lie et résèque trois grosses veines afférentes du côté du bras, puis on relève la masse variqueuse de dehors en dedans pour en dégager la face profonde. L’aponévrose très adhérente est enlevée en même temps ; chemin faisant on lie de nombreuses veines et des artères très développées à la périphérie ; et sur la face prolonde, plusieurs veines variqueuses pénétrant dans le deltoide. Quatre grosses veines efférentes sont enfin liées du côté du thorax et la tumeur est enlevée. Ligatures à La soie. Suture des lambeaux cutanés aux crins. Drain à la partie inférieure.
6 décembre. — On enlève le drain.
Le 10. — On enlève les points de suture ; la réunion est obtenue, mais par place il y a un peu de sphacèle superficiel.
Le 18. — Cicatrisation complète.
Le 20. — Départ du malade.
J'ai pu voir ce malade en février 1898 : il est revenu dans le service de M. Quén u, se faire opérer d’une hernie inguinale. On a pu constater à ce moment l'état parfait de la cicatrice ; et sauf quelques veinules bleuâtres à distance, il n’y a plus trace de varices.
Je n’ai pas d’autres observations de phlébites du membre supérieur j'ai déjà cité les trois opérations de Lee (52), et l'observation de Desmons (4) (voy. p. 39, 40) destinées à parer aux accidents de pyohémie. Je n’y reviens pas, d'autant plus que la technique opératoire était imparfaite, et que nous ne pouvons en tirer aucun renseignement à cet égard ; il y aurait certainement lieu dans des cas ana-
logues de modifier la technique comme je l’indiquerai plus loin.