III. Phlébite profonde localisée. — Les observations sont
ici moins nombreuses.
Os. XXXIT. — Turrier (Bulletin de la Société anatomique, 1884, p. 31, résumée). — Tuffier présente une tumeur veineuse du creux poplité qui a été extirpée par Verneuilchez un homme de 31 ans. Le malade avait fait, six semaines avant son entrée à l’hôpital, une chute sur le
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genou, et peu après il ressentit dans le creux poplité des douleurs si vives qu’il fut obligé de garder le lit. Il existe de l’hydarthrose du genou. Au niveau du jumeau interne près du creux poplité se trouve une tumeur, dure, lisse, dont les limites ne sont nettes, ni vers le creux poplité où elle semble se perdre, ni plus bas, à 5 ou 6 centimètres, niveau où elle se confond avec le reste du muscle ; elle est bien située dans le muscle, et s’immobilise pendant la contraction ; la peau n’est pas adhérente. La marche est impossible à cause des douleurs, et l’extension complète de la jambe ne peut être obtenue.
La compression n’amenant aucune amélioration, on se décide à enlever cette tumeur.
Le 8 décembre 1883, incision de la peau, puis de l’aponévrose puis du muscle, jusqu'à atteindre La surface de la tumeur ; on la dissèque soigneusement, et pour l'enlever on est obligé de lier et couper les veines jumelles dont les connexions sont intimes. Suture et drainage. Guérison complète en quinze jours.
La tumeur est formée de deux veines variqueuses, bosselées, présentant des sortes de diverticules latéraux ; elle est adhérente aux tissus voisins de tous les côtés ; collé à sa surface se trouve un nerf qui a été réséqué, et dont la présence permet d’expliquer les vives douleurs.
Une seule veine aboutit en bas à cette tumeur tandis que deux ou trois s’en échappent à la partie supérieure. Sur la coupe de cette tumeur on reconnait que la lumière des veines est oblitérée par des caillots ; la paroi veineuse est très épaisse.
Ors. XXXIIT.— Quénu (Congrès français de chirurgie, 1892, p. 459, résumée). — François A..., 58 ans, marchand aux Halles, entré à l’hôpital Cochin le 9 janvier 1892 pour des douleurs extrêmement vives remontant à un mois. Les douleurs siégeaient surtout au creux du jarret droit, et s’irradiaient sous forme d’élancements jusque dans la jambe et la cuisse. Au commencement de janvier, les douleurs deviennent assez violentes pour condamner le malade à un repos complet au lit. En explorant bien le trajet des douleurs, nous trouvons au creux du jarret sur la ligne médiane, une petite tumeur du volume d’une noix, fluctuante, peu réductible et animée de battements, mais sans expansion ni souffle. Ces signes nous firent porter le diagnostic de varice enflammée de la veine poplitée.
Le 18 janvier, extirpation. Après incision de l’aponévrose, nous découvrons une tumeur violacée, lisse, à laquelle est intimement soudé le nerf saphène externe ; cette tumeur est accolée à la face externe de l'artère poplitée dont elle reçoit l’impulsion ; nous la décollons de l’artère avec facilité, un peu moins aisément du nerf sciatique poplité interne, puis une ligature est appliquée au-dessus et au-dessous de la poche qui est enlevée avec une portion du nerf saphène externe. Nous avons constaté, en pratiquant là ligature du bout supérieur, que la