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veine poplitée était thrombosée. Réunion sans drainage. Suites opératoires simples ; l'ædème qui existait avant l'opération, ne fut pas modifié. Les douleurs diminuèrent le premier jour, puis disparurent. Le malade quitta hôpital au début de février, moins d’un mois après son opération.
En résumé dix-huit résections de phlébites des membres ont donné dix-huit guérisons rapides, dont deux avec suppuration, dans un délai de quinze jours à un mois ; par contre une incision de phlébite demanda plusieurs semaines pour réunir ; les malades furent toujours promptement soulagés de leurs douleurs. Îl n’y eut ni nouvelle phlébite à la suite de l’opération, ni récidive. |
L’indication opératoire paraît donc s'appliquer à tous les cas, sauf peut-être ceux de grossesse avancée, ceux où la phlébite est très légère et diminue par un repos de quelques jours ; il y a toujours avantage à intervenir sur des veines non thromhosées, et si l’on peut, mieux vaut attendre la résolution de la phlébite pour opérer ; l'indication n’en est pas moins absolue, afin de mettre le malade à l'abri des récidives. Enfin il est des phlébites étendues à presque toutes les veines superficielles d’un membre, comme chez la malade de l'observation 2; on ne peut songer à tout enlever ; l'intervention incomplète se bornerait à la résection des gros paquets veineux, mais ne donnerait pas je crois de résultats bien satisfaisants, car il faudrait toujours attendre la guérison spontanée de la phlébite des veines que l’on est obligé de laisser. Mieux vaut s’abstenir, quitte à agir en cas d’accident.
TECHNIQUE OPÉRATOIRE. — Elle est si simple que je ne ferai qu’en indiquer les différents temps :
1° Ligature de la ou des veines efférentes, mises à nu à quelque distance au-dessus de la thrombose.
Je ne vois pas l'avantage que présente une ligature placée le plus haut possible, comme le conseille Schwartz, ce qui nécessite une incision spéciale ; cette conduite serait bonne à imiter au contraire dansune intervention pour phlébite suppurée.
20 Sectionner la veine ; protéger la ligature, soit par la suture cutanée, soit par un pansement ; inciser les téguments le long de Ja
phlébite, réséquer la peau si elle est trop adhérente, ou enflam-
ire
mée, et disséquer au fur et à mesure les varices thrombosées en enlevant tous les tissus environnants qui adhèrent. Des pinces sont placées sur les collatérales saines. Prolongeant ainsi et lincision cutanée et la dissection des varices, on atteint la limite de la phlébite ;
l'opération demande souvent un temps assez long, et beaucoup d’at-
tention.
3° Ligatures sur les vaisseaux. Sutures de la peau. : Pas de drainage si la phlébite était adhésive. En cas de suppura-
tion endoveineuse, drainer ou même ne pas réunir complètement.
S EI. — Phlébite des organes génitaux,
I. Phlébite du varicocèle, aiguë suppurée. — Elle est assez rare, et son histoire assez peu connue pour que j’en aie recherché les observations. Bien que signalée auparavant, on peut dire qu'elle n’est bien connue que depuis le mémoire d’'Escallier (148), basé sur
deux observations avec autopsie. Je les résumerai d’abord.
Ogs. XXXIV. — Escazzier (Mém. Soc. chir., 1851, p. 66). — Nègre de 20 ans, né à la Guadeloupe, vient se faire soigner avec un diagnostic de hernie étranglée depuis deux jours. La soi-disant hernie existe depuis deux ans. Il y a quatre jours, point de côté et expectoration sanglante ; il y a trois jours vomissements bilieux et douleurs abdominales généralisées, prédominantes à gauche; enfin depuis deux jours, la tumeur scrotale gauche ne se laisse plus rentrer dans l’abdomen. Constipation. Etat général grave, facies grippé, langue sèche et grise, vomissements continuels, pouls petit, fréquent, abdomen souple mais douloureUxe
Le scrotum est volumineux à gauche, très douloureux ; on y reconnait en bas le testicule, et au-dessus jusqu’à l'anneau inguinal, une tumeur, qui, au milieu est ovoïde et dure, et partout ailleurs formée par des nodosités dures et des cordons également noueux. La région inguinale est très douloureuse à la pression.
Une tentative de taxis est faite sous chloroforme, bien qu’on ne croie guère à une hernie.
Le lendemain, affaissement complet ; le malade a été à la selle avec lavements ; il meurt dans la soirée.
Auropsie. — La tumeur scrotale, enveloppée par la tunique fibreuse, a le volume d’un petit œuf de poule, bosselée et noueuse, reliée au testicule par un cordon extérieurement fibreux, prolongée en haut par un
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autre cordon pénétrant dans le canal inguinal sans le distendre ; ce dernier cordon est suivi jusqu’au niveau du rein ; dans la région lombaire il est entouré de tissu cellulaire sain, même pas adhérent.
L'incision de la tumeur donne issue à du sang et à du pus rougeàtre; sur la coupe, on voit un grand nombre de loges ; les unes vides, les autres remplies de caillots adhérents ; leur ouverture offre de 1 à 2 centimètres de diamètre. Entre ces petites cavernes, le tissu cellulaire est très dense, lardacé, adhérent à la membrane interne des loges.
Le cordon qui réunit la tumeur au testicule est constitué par huit à dix veines, distendues soit par du sang, soit par des caillots récents. De même dans le canal inguinal, plusieurs veines contiennent soit du pus grisâtre, soit des caillots adhérents ; elles pénètrent en bas dans la tumeur.
Après macération, la tumeur scrotale peut être disséquée en veines multiples, dilatées, formant des circonvolutions et des anses avec anastomoses.
Il n’y avait pas d’abcès viscéraux.
OBs. XXXV. — Escazuier (p. 72). — Un Brésilien avait depuis 20 ans une tumeur scrotale droite, qui une fois déjà avait été le siège de vives douleurs avec vomissements. Il est pris brusquement de douleurs violentes dans le scrotum et le ventre, avec suppression des selles et vomissements bilieux. La tumeur était mollasse, l'anneau libre. La constipation persista, les vomissements devinrent stercoraux, le pouls fréquent et petit et le malade succomba au bout de cinq jours. Le diagnostic avait été : Etranglement interne.
Auropsie. — Dans le scrotum existait une tumeur grosse comme un œuf de poule, mollasse ; une incision fit sortir une grande quantité de matières purulentes, d’un gris rougeàtre ; la tumeur était constituée par un peloton de veines entrelacées, à parois hypertrophiées et adhérentes. Le testicule était parfaitement sain. La tumeur se prolongeait au delà du canal inguinal et remontait dans l’abdomen avec le volume d'un intestin grêle ; au niveau de la 3° vertèbre lombaire, elle s’épanouissait en un large disque de 10 centimètres ; l'épaisseur en ce point était de # centimètres. Dans les anses veineuses, on trouve moins de pus que dans la tumeur serotale, et beaucoup plus de caillots durs, noirs, adhérents ; ils oblitèrent en haut les veines remplies de pus.
L'examen des viscères n’est pas fait. Le péritoine était sain.
Voici un troisième exemple calqué sur les précédents :
OBs. XXXVI. — Vazcin (Gaz. hebdom., 1877, p. 828, résumée), — Gendarme de 30 ans, habitant la Guadeloupe ; bain froid suivi de syncope ; deux jours après, douleurs vives dans le scrotum, irradiées aux lombes, vomissements, soif intense. L'état général s'aggrave vite, les
vomissements sont incoercibles, verdâtres, la température atteint 410 délire.