CHAPITRE PREMIER
Considérations sur le traitement médical et . l’évolution des phlébites.
Les moyens thérapeutiques conseillés contre les phlébites par les auteurs classiques de médecine les plus récents, Dieulafo y (6), OEttinger(15), Vaquez (29), sont purement palliatifs. Vaquez écrit à ce sujet : « Lorsque la phlébite s’est produite, la prescription la plus urgente à imposer, c'est l’immobilisation immédiate et absolue dans une gouttière garnie de ouate, et, remontant jusqu’à la racine du membre. Les liniments calmants au début, les mixtures ou onguents résolutifs après la deuxième semaine peuvent être appliqués sur le membre malade mais avec les plus grandes précautions. La durée de l’immobilisation absolue ne doit pas être moindre de 95 à 30 jours... Les premiers mouvements hors du lit ne pourraient être permis qu'après le quarantième jour, »
Ce qui peut se traduire ainsi : laissez évoluer la phlébite comme il lui plaira ; ne provoquez pas vous-même une complication d’embolie, tâchez d’atténuer les douleurs tout le temps que voudra bien durer la maladie.
Et le malade souffre énormément les premiers temps, moins plus tard, sauf une complication de sciatique ; l'immobilisation rigoureuse, prolongée, est pour lui un gros tourment. Enfin, la maladie dure longtemps, cinq semaines dans les cas favorables, dit Va quez (29), deux mois et plus, d’après Schwartz (141); Trousseau (61) cite une embolie pulmonaire {rois mois après le début d’une phlébite ; Levrat (53) en rapporte une autre (de Bouchard) au cinquanteseptième joar. Chez une malade de Picqué f4) la phlébite dura huit mois. Enfin je viens de voir dans le service de Quénu une malade dont je veux rapporter l'observation à cause de l'extraordinaire durée
de l'affection.
(1) Cf. p. 48.