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bite s’est étendue à toutes les veines superficielles du membre. La saphène interne est thrombosée jusqu’à son embouchure dans la fémorale; la saphène externe est prise depuis Le pied jusqu’au creux poplité ; sur les côtés et le dos du pied on sent des cordons durs.
Dans ces conditions une intervention est impossible. La malade est laissée au repos avec enveloppement ouaté du membre. Quand elle quitta l’hôpital le 10 juin la guérison était à peine obtenue.
Je citerai enfin ces mots de Schwartz (21): « La phlébite peut rester localisée mais aussi elle peut s'étendre, et après avoir débuté dans les veines de moyen calibre, atteindre les veines principales d’un membre, voire même se propager à l'autre extrémité, comme le professeur Verneuil en à vu un remarquable exemple ; on concoit toute la gravité du processus en pareil cas. »
Une des plus redoutables complications des phlébites est l'embolie pulmonaire. Elle est heureusement assez rare, mais aussi bien souvent mortelle : « On lPobservera surtout, dit OEttinger (56), dans les phlébites aiguës bien plus que dans la phlegmatia à évolution lente ; l’embolie sera donc plus fréquente dans la phlegmatia puerpérale, dans celle des maladies aiguës que dans la phlébite des cachectiques. C'est ce que tous les auteurs, Lancereaux en particulier, nous montrent dans leurs statistiques. » Il est intéressant de rappeler ce que Lancereaux (48) dit dans son Traité d'anatomie pathologique : « Le groupement d’un grand nombre de faits m'a porté à admettre que l'embolie et la thrombose veineuse étaient entre elles à peu près dans le rapport de 5 à 6. » Dans le texte qui est joint à son atlas on lit ceci: « Les cas de mort subite par embolie sont relativement plus rares que certains auteurs ne l'ont cru », car il compte : « environ un cas de mort subite sur 12 d’embolies pulmonaires ». Enfin, il n’a pas relevé un seul cas de mort subite par embolie sur plus de 150 cas de thrombose dans les maladies chroniques et cachectiques. Pourtant Ball et Charcot (35)en ont vu un exemple chez un cancéreux ; Lanrencin (50), Proby {17) en ont signalé la fréquence dans la phlegmatia des chlorotiques.
Ces citations nous prouvent que l’embolie est tout au moins rare dans les phlébites cachectiques et que la terminaison par mort su-
bite n’est pas très fréquente. À ce sujet Ball et Charcot (35) inti-
tulent leur travail : « Sur la mort subite et la mort rapide... » En lisant les 12 observations qu’ils rapportent on voit que la mort par embolie est arrivée deux fois subitement, deux fois après quelques minutes, deux fois après trois quarts d'heure, quatre fois après plusieurs heures, deux fois après plusieurs jours. Il y a plus et l’embolie peut se faire par étapes successives, témoin ce malade dont l'histoire est reproduite par Trousseau (61), et qui à la suite de récidives de phlébites superficielles de la jambe fait une première embolie légère, une deuxième le lendemain, plus grave, avec syncope ; une troisième cinq jours plus tard à laquelle il succombe.
Une femme enceinte de cinq mois, dit Lancereaux (48), est atteinte de phlébite double des membres inférieurs ; à trois jours de distance elle présenta des accidents manifestes d’embolie pulmonaire auxquels elle survécut.
Je pourrais citer d’autres exemples ; de ces faits je déduirai cette notion qu’en présence d’embolies successives, de gravité croissante, le chirurgien peut trouver le temps d'intervenir, avant que la mort n'arrive. Rigaud (58), Isch-Wail (45), sauvèrent ainsi leurs malades ; jy reviendrai.
Les embolies s'observent donc surtout dans les phlébites aiguës ; il faut un peu spécifier : elles sont fréquentes dans la phlegmatia alba dolens (puerpéralité, fièvre typhoïde, etc., etc.), les ouvrages classiques de médecine en font foi. Elles sont fréquentes aussi dans les phlébites traumatiques, surtout des membres (Azam, 34). I ne faut pas tenir compte des phlébites opératoires surtout consécutives aux amputations qui figurent en nombre dans tous les mémoires un peu anciens. Levrat (53) rapporte neuf autopsies pour embolies après fractures du membre inférieur, cinq morts dans les mêmes conditions sans autopsie et sept guérisons avec signes manifestes d’embolie. Les fractures compliquées, les altérations variqueuses, exposent davantage aux phlébites.
Dans la phlébite variqueuse l’embolie mortelle est certainement rare, mais on en connaît des exemples probants. Ghabenat (38) a réuni cinq observations suivies d’autopsies {Ball et Potain, Bric-
auet. Longuet et Gosselin, Seuvres et Després, relatée ] t