II. — Abord du plan costal
Les muscles excisés,on aborde le plan costal,tantôt il y a une côte fracturée, tantôt deux côtes superposées sont cassées l’une complètement, l’autre incomplètement, tantôt enfin une fracture de l’omoplate se surajoute à la fracture costale. Il faut procéder à une esquillotomie minutieuse de ces fractures. La fracture de l’omoplate doit être régularisée à la pince gouge, il ne faut laisser aucune particule osseuse libre. Même les fragments adhérents doivent être enlevés, ils seraient une gène à la bonne consolidation de la cicatrice opératoire, et ces fragments osseux sont souvent l’origine de suppurations interminables. La côte est réséquée à une certaine distance des bords de la fracture. Là encore il ne faut pas laisser d’esquilles, les muscles intercostaux sont parfois bourrés de petits spicules ; il faut les nettoyer.
Même si la fracture est sans déplacement notable, il vaut mieux réséquer la côte, on évitera toute cause d'infection sécondaire et on n’expose pas le blessé à la formation d’un cal douloureux.
La résection costale faite, les écarteurs mis sur les muscles intercostaux sus et sous-jacents, on arrive sur la plaie pleurale.
IlI. — Abord de la plèvre
Même dans le cäs où la plèvre a été traversée par une balle arrivant suivant la normale, la perte de
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substance peut ne pas être punctiforme, même si les dégâts osseux sont réduits au minimum. La perte de substance pleurale est tantôt linéaire tantôt cireuaire. Les bords de cette perte de substances ne sont jamais nets, comme à l’emporte-pièce,.ils sont toujours irréguliers, déchirés. La lésion pleurale est parfois très importante, mesurant plusieurs centimètres de longueur sur un ou deux centimètres de hauteur. Tout autour de la déchirure la plèvre est ecchymotique, la teinte très foncée presque noire aux bords mêmes de la plaie pleurale,- décroît à mesure qu’on se rapproche du tissu sain. De petites esquilles costales sont fichées à son pourtour. Nous avons même trouvé dans quelques cas de petits débris vestimentaires farcissant la plaie pleurale. Enfin dans un cas un lambeau d’étoffe entraîné par le projectile obstruait, en partie, l’orifice pleural. Ne pas pratiquer le nettoyage de cette plaie, c'était vouer le malade à une pleurésie purulente certaine. |
Il faut, si possible, déterger rapidement les lèvres de la plaie pleurale. L'entrée de l’air dans la cavité thoracique, a lieu le plus souvent au moment où on aborde la plèvre, la résection costale faite. Parfois les lèvres de la plaie séreuse sont agglutinées par du sang, et c’est en nettoyant cette plaie qu’on détermine le pneumothorax, qui se produit avec un bruit particulier. C’est à ce moment que l’anesthésiste doit surveiller attentivement le facies du blessé. Le plus souvent, lorsque l'ouverture de la plèvre est faite avec ménagements, aucun accident ne survient.
Quand l’entrée de l’air a été trop brusque, le blessé pâlit soudain, ses pupilles se dilatent et les mouvements respiratoires se précipitent. Il suffit dans ce cas de supprimer l’anesthésie pendant quelques inslants. La respiration se régularise alors rapidement, le facies se recolore, l’anesthésie continue, mais l’acte opératoire n’a pas été interrompu pour ce minime incident. 7