IV.— Evacuation de l’'hémothorax. — Asséchement
de la plècre
Tout accident étant conjuré, on va maintenant procéder à l'évacuation de l’hémothorax, ct à l’asséchement de la cavité pleurale. |
Quand la plaie opératoire, calquée sur la plaie et le trajet laissés par le projectile dans son passage transpariétal, siège au niveau des derniers espaces intercostaux, l’ouverture de la plèvre permet à l’hémothorax de se vider complètement et spontanémert, Mais quand la plaie est haute, il faut donner une cerlaine inclinaison à la table opératoire du côté de la tête du blessé. Le liquide intrathoracique s’évacue par. son propre poids. La plus grande quantité du sang contenu s'échappe ainsi. Mais cette manœuvre ne peut évidemment pas toutévacuer. On monte une compresse, sur un grand clamp courbe et on assèche doucement les parois thoraciques. Il faut surtout passer. ces tampons dans le cul-de-sac costo-diaphragmatique où se collecte le liquide restant. Mais
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ARE ce nettoyage du cul-de-sac costo-diaphragmatique est surtout utile parce qu’il permet d’enlever les caillots qui l’obstruent constamment. En même temps que les caillots la compresse enlève les corps étrangers qui peuvent s’y trouver, projectiles, débris vestimentaires, mais surtout esquilles costales.
« Nous avons constaté que chaque fois qu’il y avait épanchement du sang dans la plèvre, il existait des caillots dans le cul-de-sac costo-diaphragmatique. La présence dés caillots dans le cul-de-sac diaphragmatique n’est peut-être pas due seulement à la pesanteur qui réunit les caillots au point déclive. Il se peut qu'intervienne ici le brassage du sang épanché, brassage qui serait à son maximum à ce niveau. Tous les hémothorax que nous avons ainsi traités étaient “Hapides leur coloration était d'autant plus intense que la blessure était plus ancienne. |
L'existence de caillots dans le cul-de-sac costodiaphragmatique est surtout bien mise en évidence lorsque la plaie siège au niveau des derniers espaces intercostaux —- Ces caillots ont une épaisseur de 1 centimètre et plus — ils sont franchement rouges, mollasses. Quelquefois ils se détachent facilement, quelquefois ils sont assez adhérents, et cela nous a paru en rapport avec le degré d'ancienneté de l’hémothorax.
Cette manœuvre du nettoyage de la plèvre et du cul-de sac costo-diaphragmatique faite doucement et avec patience (il faut quelquefois user une dizaine de compresses avant d’avoir obtenu un asséchement
2 HA parfait), ne présente aucun danger et n’allonge l'intervention que de quelques minutes.
L’asséchement présente une double utilité puisqu’il supprime l’hémothorax et qu’il permet d’extraire les corps étrangers entrés dans la plèvre. Nous avons pu de cette façon extraire balles, éclats d’obus, enlever des débris vestimentaires, et une longue esquille costale.
L’asséchement pratiqué, à la teinte que prennent les dernières compresses introduites, on peut en éonclure que la source de l’'épanchement est tarie. Cependant si l’on s'aperçoit qu’il existe un léger suintement, si la brèche de la paroi thoracique permet . de voir une plaie diaphragmatique, ik sera facile de suturer celte plaie. Pense-t-on, au contraire, qu'il s’agit d’une plaie pulmonaire suintant encore, par la brèche thoracique opératoire, nécessitée par l’excision des différents plans lésés, sans qu’on soit le plus souvent obligé d'élargir la résection costale, on pourra attirer le poumon à la plaie au moyen d’une pince en cœur. Il est facile alors de faire unerévision rapide de la surface pulmonaire, suture s’il y a hémorragie persistante, ou nettoyage d’une plaie pulmonaire bourrée de spicules osseux.