SUITES OPÉRATOIRES
Nous allons étudier les suites opéraloires telles que nous les avons observées chez nos blessés porteurs de plaies de poitrine avec hémothorax, et aux quels la technique opératoire précédemment décrite a été appliquée. |
Nous étudierons comparativement, dans la suite, l’évolution des. plaies : de poitrine chez des blessés traités par l’abstention ©pératoire,-et entrés dans motre service pour des complications infectieuses.
Le blessé ramené dans son lit, dès son réveil, se sent soulagé le plus souvent, il accuse spontanément une amélioration des fonctions respiratoires. Alors qu'avant l’intervention, les mouvements respiratoires
“atteignaient 25 ou même dépassaient ce chiffre, ils tombent à 18 ou 20. Si la dyspnée persiste, il est bon de faire administrer dans les quelques heures qui suivent l'intervention, de la morphine à dose respiratoire, c’est-à-dire par demi-centigramme, jusqu’à
concurrence de un céftigramme et demi dans les vingt-quatre heure$ consécutives à l'intervention.
Le facies a une coloration normale, nous n’avons pas souvent observé de pâleur ou de la cyanose. Si
P. Wilmoth A
Ut er la cyanose apparaît dans les dous ou trois jours qui suivent l'intervention, il faut craindre une complication grave, soit du côté pulmonaire, insuffisance d’hématose du poumon non lésé, par congestion pulmonaire, soit du côté du myocarde : asthénie du muscle cardiaque chez des soldats âgés, fatigués ou tarés.
Pendant les vingt-quatre premières heures, le pouls reste rapide, il bat entré 110 et 120. Mais même lorsque ce chiffre est dépassé dans les premières heures ie pronostic ne doit pas en être fatalement assombri; sous l'influence de l'huile camphrée (vingt cent. cubes), de la spartéine (10 centigrammes), le pouls se régularise et devient moins rapide. Quand tout se passe normalement, la courbe du pouls est dès les premières heures qui suivent l'opération aux environs de 90.
Presque constamment la température est élevée dans les trois ou quatre jours suivants. Elle atteint le premier jour 39, oscille entre 38 et 39, puis redescend en lysis ou brusquement à la normale pour ne plus s'en écarter. Si la température s'élève dans le premier septénaire il faut craindre une infection. pleurale ou pulmonaire. Même si la température reste élevée pendant huit ou dix jours, il n’y a pas fatalement infection de la plèvre ou de la plaie pariétale thoracique. Il est fréquent que les plaies articulaires, osseuses, musculaires, suturées primitisr marquent leur étape vers la guérison par
une : pérature élevée les premiers jours. Il en est
FOTOS. T, RES
de même pour les plaies de poitrine suturées primitivement après nettoyage. |
L'état général devient rapidement satisfaisant, le blessé demande à s’alimenter, il dort la nuit sans le
secours de la morphine ou du chloral, N'était Patti
. tude spéciale dans son lit, que lui donne la pile
d’oreillers sur laquelle il s'appuie, on ne croirait pas avoir affaire à un blessé du thorax. |
Signes thoraciques. — De quelle façon se comporte la cavité thoracique vidée . primitivement du sang qui l'encombrait ? Voici comment normalement les choses se passent. |
L'examen du côté blessé montre la persistance du pneumothorax pendant plusieurs jours : sonorité
tympanique à la percussion, abolition des vibrations
e X . 0] à la main, résonnance cristalline des bruits intra-
thoraciques à l’auscultation. À ce sujet remarquons, à l'exemple de Grégoire, les services rendus par le
signe du sou de Pitres. Ce signe, qui est caractérisé. par ‘une résonnance métallique permet de déceler
la présence d’un épanchement dans un pneumo-
thorax... er La dilatation du thorax van ne us rien
‘d’excessif, les espaces intercostaux sont dilatés, plus
grands que normalement. ”
Une auscultation répétée, une percussion quotidienne, montrent que le pneumothorax se résorbe vite. Au dixième jour, il a d'habitude complètement disparu, le poumon reprend rapidement sa place
- dans la cavité thoracique, la percussion donne une :
sonorité normale, sonorité qu’on peut constater jusqu’à la partie inférieure du thorax. Quelquefois avec beaucoup de soin on peut délimiter une mince bande de submatité. C’est qu'alors un peu de liquide s'est accumulé dans le cul de-sac costo-diaphragmatique. Une ponction exploratrice, avec une’ aiguille assez grosse, permet dans ce cas de retirer, avec quelques difficultés souvent, quelques centimètres cubes de liquide séro-hématique. Plus cette ponction est éloignée de la date de l'intervention, moins prononcée est la teinte du liquide pleural.
Il faut insister sur ce fait que lorsque ‘l’on a soi-
gneusement nettoyé la plaie d’entrée du projectile, soigneusement asséché la plèvre contenant un épanchemént hématique de moyenne abondance, cet épanchement ne se reproduit pas. Tout au plus existe-t-il quelques centimètres tubes d’un: liquide de réaction pleurale, ou provenant du suintément de la plaie pariétale obstruée. "ess
Il est de règle qu’une ponction exploratrice faite quatre ou cinq jours après l'intervention, et répétée
dans les vingt ou trente jours qui suivent l’interven: tion, ne ramène que très Des de rene ou ‘pas du .
tout, : RATES x
En ponctionnant quatré ou cinq jours après l’inter
vention nous n'avons jamais ramené de sang pur,
preuve que la source de l’hémorragie était supprimée,
el que les manœuvres opératoires n’avaient pas . mobilisé un caillot qui obturait le vaisseau lésé.
Quand la ponction exploratrice a été positive nous
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n'avons pu retirer que quelques centimètres cubes
de liquide séro-hématique. Cette ponction doit: être faite dans le huitième espace intercostal, sur la verticale qui passe par l'angle de l’omoplate; il ne faut pas lat pratiquer plus haut, l'épanchement quand il existe étant minime. : re #
Remarquons que dans deux cas’ seulement, chez des blessés dont | hémothorax avait été évacué pri- mitivement, nous dvous dû retirer un épanchement d’une centaine de eentimètrés cubes environ. Le . liquide était très fibrineux, d’une coloration rose assez intense, ls ’agissait dans un cas d’une plaie du thorax gauche, avec éclat intrapéricardique, extrait au cours de l'intervention. Dans l’autre cas il s’agissait d’un énorme délabrement de la partie antéroinférieure du thorax droit avec large ouverture du cul-de-sac costo-diaphragmatique. La réfection pariétale avait été assez laborieuse, peut-être l’hémostase: des vaisseaux pariétaux n’avait-elle pas été assez nee :
- Quoiqu’ il en soit cette ae d’un épan- chement séro-hématique chez nos blessés n’a jamais ‘présenté le caractère d’une complication, ce n'était qu'un + séiragie au cours d’une évolution favo> rable. L'
air è
Examen bactériologique. — Chaque fois que la ponction exploratrice a été positive, le liquide pleu-. ral a été examiné soigneusement au laboratoire d'armée. Examen direct après centrifugation. Cul-