‹ Traitement chirurgical des plaies de poitrineChapitre 4 sur 24 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Les quelqueslplaies de poitrine observées dans nos hôpitaux, en temps de paix, plaies par balle de revolver, plaies par instrument tranchant,étaient traitées par l’immobilisation. Quelques jours après le traumatisme on pratiquait une ponction évacuatrice. Le traitement se bornait là, d’ailleurs les complications infectieuses étaient d’exception. Signalons cependant le cas de Baudet quiintervient pour arrêter l’hémorragie de la mammaire interne par coup de couteau, et la communication de Tuffer à la Société dechirurgie en 1906sur l'intervention dans les plaies de poitrine.

Pendant les guerres du Transvaal et de Mandchourie, les plaies de poitrine sent dans la grande majorité des cas des plaies par balle. Elles sont d’une grande bénignité, elles commandent l’abstension. Octave Laurent de Bruxelles, étudiant les plaies de poitrine observées pendant les guerres de Bulgarie et de Turquie,conclut à la bénignité relative des plaies de poitrine.Mais la majorité des blessures sont faites par les balles. |

Dans la guerre actuelle, et surtout dans la guerre

de position, les blessures du thorax par éclat d’obus sont au contraire les plus nombreuses. Leur évolution montre que l’agent vulnérant, quand ce n’est pas une balle, est d’une grande septicité.Les complications infectieuses sont de plus en plusnombreuses et fréquentes, pleurésies purulentes ostéites-costales,interminables. La lenteur de la guérison des pleurésies purulentes traumatiques,invite les chirurgiens'à chercher par tous les moyens à s'opposer à cetle complication, qui lorsqu'elle n’entraine pas la mort du blessé, fait trop souvent de lui un infirme; un inapte à la vienormale. Cependant la crainte de pénétrer dans le thorax, parce que l'intervention exagère le pneumothorax déjà existant, ou détermine son apparition, fait encore hésiter les chirurgiens.

Mais à la suite des travaux de Pierre Duval, la chirurgie du thorax prend uneimportance considérable,

L'intervention qu'elle ait pour but l'extraction d’un gros projectile, ou la ligature d’un vaisseau, montre: que la cavité pleurale, est abordable comme une synoviale articulaire. Une communication de Bazy en 1913 avait déjà montré qu’on pouvait aborder facilement ta plèvre sans craindre les dangers du pneumothorax.La théorie abstentionniste était basée sur l'arrêt de l'hémorragie, du fait de la compression du poumon par l’hématome pleural. Mais le pneumothorax opératoire par la rétraction qu'il ee favorise l'hémostase.

D’autre part,dans le cas d'épanchement récidivant, ‘Grégoire préconise la ponction élargie. Ce n’est plus

KA PET RRRNEREEE EPt

RAR ü nr x

ane ED lieues

de trocart mais le bistouri qui évacue. Enfin on admet qu’une thoracotomie retardée avec évacuation -et asséchement de la plèvre est légitime dans le cas d’hémotorax chronique avec pleurésie exsudative. Au Congrès de Chirurgie de 1918, qui vient de se terminer,la question du traitement des plaies de poi-

‘trine prend une importance considérable. On n’en-

visage plus uniquement l'extraction primitive de projectiles intrapulmonaires. On assimile dans bon nombre de cas la plaie du. thorax aux autres plaies. —

Barnsby, envisageant seulement le cas de thorax -ouverts, insiste sur l’excision de l’orifice, l’esquillec- ‘tomie, l’hémostase, l’excision du trajet si possible, “enfin la fermeture totale sans drainage, « la plèvre sque l’on draine dans les premières heures suivant le

traumatisme, est la plèvre qui s’infecte ». Barnsby

-conclut que l’opération doit être précoce, entre douze -et vingt heures après la blessure ; plus tard la mor- ‘talité s'élève.

Guillaume Louis rappelle qu'au début de la campagne, les lésions pleuro-pulmonaires, hormis les -cas où il y avait hémorragie notable, n'étaient pas -considérées comme justiciables d’une intervention. «C’est alors que Pierre Duval jette son cri d’alarme.

Guillaume Louis conclut qu’actuellement l’accord “est fait pour les thorax ouverts : il faut fermer la plaie, “empêcher la traumatopnée, mais surtout il faut que intervention soit rapidement menée.

Pour les torax fermés, l'indication opératoire est

VO plus difficile à préciser. Quand lhémorragie persiste l'accord est fait, il faut ouvrir et lier.

Mais en cas de plaie transfixiante, il est d’avis que le traitement médical prévaut.

Enfin la nature du projectile, d’après lui, commande l'intervention : si c’est une balle, l'extraction se fera à l'arrière ; si c’est un éclat d’obus, n’extraire que si le volume est supérieur à l’olive. :

En résumé les indications opératoires se sont faites de plus en plus nombreuses. Le traitement médical cède le pas au traitement chirurgical dans un grand nombre de cas ; les lésions osseuses déterminées par le projectile sont très fréquentes, elles doivent être rapidement traitées, parce qu’elles sont grosses de menaces infectieuses. Elles passent trop souvent inaperçues, cachées qu’elles sont par des ! petits orifices d’entrée ou de sortie.

NS de AS PSS ECO CENT DR

GUESS Etes Se

Page 1