‹ Traitement chirurgical des plaies de poitrineChapitre 9 sur 24 · TECHNIQUE OPÉRATOIRE · texte numérisé non relu

TECHNIQUE OPÉRATOIRE

Dans son traité des Plaies de la plèvre et des poumons Grégoire dit : « De même, lorsque la plèvre suppure, et elle suppure toujours au voisinage d’un foyer de fracture de côte infecté, il arrive que l’on multiplie les pansements et les lavages de la cavité pleurale sans que les accidents infectieux diminuent en rien. Pourtant tous ces phénomènes disparaitraient si, négligeant pour le moment la plévre, on traitait le foyer de: fracture, si les esquilles étaient mises à nu et enlevées, et le clapier largement drainé. » |

Il importe donc d'éviter cette complication — la suppuration du foyer de fracture. C’est un accident qui retarde la guérison du malade, mais c’est surtout un accident gros de conséquences. Au-dessous de ce foyer septique, il y a la plèvre remplie par le sang épanché. Cet hémothorax est un bon milieu de culture. L’infection du foyer costal se propagera rapidement au contenu pleural. Puisque l'intervention a pour but d'éviter les complications septiques, elle sera complète quand le nettoyage de la plaie thoracique sera suivi de l’évacuation immédiate chirurgi-

cale, de l’hémothorax. C’est la technique que nous allons décrire.

La technique à suivre pour évacuer l’hémothorax et assécher la plèvre, au cours de l'intervention, ne présente rien de particulier, quand le chirurgien est obligé de pénétrer dans la cavité thoracique, soit pour enlever un gros projectile, soit pour lier un vaisseau qui saigne. Ce n’est pas le cas que nous voulons envisager, puisque dans ce cas l’évacuation de l’hémothorax s’impose d’une façon absolue ; de même qu'une intervention ayant pour but l’extraction d’un projectile dans un genou serait incomplète si elle ne se terminait par un asséchement minutieux de la synoviale, de même une intervention serait incomplète si le chirurgien après avoir extrait un projectile intra-pulmonaire, n'asséchait pas le sang contenu dans la plèvre.

Mais dans les cas envisagés, c’est-à-dire dans les cas où la présence de corps étrangers non métalliques (capotte, esquilles, bourre) et d’un épanchement hématique est soupçonnée, la technique est toute autre.

On soupçonne une fracture de côte — des débris vestimentaires, des spicules osseux ont été entraînés — l’excision de la plaie d’entrée (à laquelle s’ajoute dans les cas de plaies transfixiantes l'excision de ia plaie de sortie) permet d’arriver sur la fracture de côte, qui est tantôt au niveau d’un des deux orifices, tantôt aux deux orifices. Et c’est la brèche que donne ‘la résection costale, obligatoire puisqu'il y a fracture,

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qui permet de pénétrer dans la cavité thoracique pour étancher le sang. Au-dessous de la fracture de côte la plèvre est toujours plus ou moins déchirée ; mais la perte de substances est suffisante pour permettre l’asséchement de la séreuse.

Voici maintenant, en détail, la technique opératoire que nous préconisons. Prenons comme type d'intervention le cas d’un blessé atteint d’une plaie de poitrine par éclat d’obus — orifice d’entrée, face postérieure ou face latérale du thorax. — Le projectile de dimensions moyennes repéré à la radioscopie, est localisé dans la paroi antérieure où il est venu se ficher après avoir traversé le thorax. Le radiographe a noté en plus une teinte grise de l’hémithorax lésé, ce qui nous indique la présence d’un épanchement hématique.

Nous espérons démontrer, par la suite, que ce cas, considéré comme seulement justiciable d’un traitement médical, auquel viendra s’ajouter, mais plus tard, l'extraction du projectile, est justiciable d’une intervention précoce, qui mettra le blessé à l'abri des accidents infectieux. Son état lui permet de supporter l’intervention; la voici :

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