‹ Traitement Chirurgical Des Ulcérations Rebelles De La MainChapitre 12 sur 30 · Semaine Médicale, 19 octobre · texte numérisé non relu

Semaine Médicale, 19 octobre

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Agir directement sur la néoplasie et sur le bacille par des injections portant le médicament au sein même des tissus malades ; telle est l’idée séduisante mise en pratique par plusieurs expérimentateurs qui ont tenté de guérir ainsi le lupus.

De toutes les substances essayées, c’est le calomel qui a donné en injections locales les meilleurs résultats. C’est un fait avéré qu'il modifie d’une manière très réelle les néoplasies tuberculeuses avec ulcérations et infiltrations profondes; mais il ne fait que les améliorer sans les guérir définitivement.

Presque toutes les autres tentatives d’injections locales médicamenteuses : huile grise, glycérine iodée, ont été sans résultat thérapeutique, les substances n'ayant donné lieu qu’à une inflammation banale analogue à celle que produit tout corps étranger introduit au sein des tissus vivants.

Quant aux procédés chirurgicaux, ils sont nombreux et nous verrons le parti que l’on peut tirer de tous ces moyens : scarilication, râclage, ignipuncture et air chaud, cautérisation profonde, ablation chirurgicale.

La scarification employée par Volkman et perfectionnée par E. Vidal est une opération assez douloureuse. L'opération ne durant que quelques minutes, l’anesthésie locale suflit et peut être obtenue par la cocaïne, le chlorure d’éthyle, le chlorure de méthyle, le gaïacol. De la pointe du scarificateur, l'opérateur trace une série de petites incisions courtes et parallèles, perpendiculaires à la peau etnon pas obliques,

sans que son poignet bouge, sans que son bras parücipe au mouvement de ses doigts «comme un dessinateur qui fait des hachures pour ombrer un dossin » (Darbois).

La scarification achevée, il suffit pour arrêter l’hémorrhagie de faire une légère compression avec du coton aseptique. La plaie est ensuite recouverte de produits divers selon les dermatologistes. M. Balzer, par exemple, après un bain de permanganate de potasse, y applique une poudre composée de : une partie de permanganate pour cinq de tale. Unna emploie l’emplâtre cité plus haut contenant de l’acide salycilique et de la créosote.

Mais ce procédé un peu complexe n’agit que si on le pratique avec une régularité absolue et une tenacité inlassable.

«Si on suspend la médication avant la guérison complète, dit M. Brocq, le lupus reprend sa marche extensive et l’on perd en peu de temps le terrain que l’on avait péniblement gagné ».

Son grand avantage est de donner d'excellentes cicatrices : aussi sera-t-elle très utile pour le lupus de la face, Mais ce ne sont pas ceux-là qui nous intcressent et devant les cas dont nous étudions en ce moment le traitement, on songera à la lenteur de ce procédé quile rend inapplicable dans les lupus étendus dela main.

Le raclage préconisé par Volkman est employé par de nombreux dermatologistes français avec un certain succès. Il s'applique au lupus de grande éten-

due des membres où du tronc et les plaies informes dues à cette opération peu élégante se cicatrisent assez rapidement.

Mais la cicatrice ainsi obtenue est malheureusement irrégulière, couturée, incomparablement moins belle que celle que donnent la scarilication ou Fautoplastie.

L'ignipuncture par le galvano ou le thermo-cautère, la cautérisation par l'air chaud, préconisée par Hollænder, de Berlin (1) ont donné aussi quelques résultats, mais surtout dans le lupus de petites dimensions et susceptibles de guérir assez rapidement.

Pour en finir avec les procédés chirurgicaux, nous citerons l’ablation chirurgicale avec réunion par première intention, procédé de choix dans les cas de lupus de petites dimensions. À noter cette observaüion qu'il est exceptionnel qu'il y ait repullulation dans le voisinage de la cicatrice, lorsque l’ablation a été faite largement.

Enfin l’ablation large avec autoplastie consécutive dont nous parlerons dans le chapitre suivant.

Inous reste àsignaler deux procédés de traitement étudiés depuis quelques années et dônt l’un en parüculier a donné de bons résultats.

L’électricité d'abord, sous presque toutes ses formes a été essayée dans letraitement dulupus : courants

de haute fréquence, électrolyse, rayons Rœntgen.

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