‹ Traitement Chirurgical Des Ulcérations Rebelles De La MainChapitre 28 sur 30 · Indications et contre-indications · texte numérisé non relu

Indications et contre-indications

A. — Indications.— D'après M. Berger, l’ablation. chirurgicale suivie d’autoplastie selon la méthode italienne est indiquée d’une façon générale dans deux catégories de faits :

1° Comme méthode de nécessité dans les pertes de substance incurables, invétérées, entourées de tissu cicatriciel sur une grande étendue.

20 Comme méthode de choix dansles grandes autoplasties de Ia face, où les méthodes risquent en cas d'insuccès d'augmenter la difformité.

M. Berger précise ainsi d’une façon parfaite, les indications de cette méthode pour les tumeurs de la main, mais seulement dans les cas où elle est utilisée comme méthode de nécessité.

Decloux observe de même que dans les cas désespérés, alors que toute autre méthode a échoué, on doit recourir à l'intervention sanglante.

Mais nous tenons à le rejeter: ce procédé n'est pas

uniquement une dernière ressource. Au contraire,

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plutôt il sera employé, meilleurs seront ces résultats.

Nous dirons d’abord que la main est une des régions où ses indications doivent se présenter le plus souvent et sont le plus facilement réalisables.

M. Berger émettait d’ailleurs le même avis à la Société de chirurgie le 9 mars 1892. « Pour la main, disait-il, ce procédé me paraît tout à fait supérieur. »

Considérons maintenant les indications de la méthode, tirées de la tumeur elle-même et de l'individu malade.

A) Du côté de la tumeur, nous avons à examiner:

1° L’étendue. — Dans les tumeurs à larges surfaces et à racines profondes, le traitement par les cautérisations ignées ou chimiques, la photo ou l’électrothérapie, est d’une longueur absolument désespérante et le résultat en est tout à fait incertain. Les seuls procédés discutables sont les procédés chirurgicaux : le raclage et l’ablation.

Or le raclage produit des délabrements qui sont souvent longs à se réparer : encoreces délabrements sont-ils insuflisants : d’ailleurs si leraclage peut amener une grande perte. de substance nécessitant une autoplastie ; pourquoi alors ne pas recourir plutôt à l’ablation qui satisfera davantage en permettant d'agir largement et complétement ?

> Le siège. —Sur le dos de la main, ces tumeurs sont très gênantes, non seulement au point de vue esthétique, mais même au point de vue fonctionnel.

) : CE & , D'autre part, nous avons vuqu'àce niveau les répa-

rations autoplastiques, sont relativement faciles. Le traitement chirurgical semble donc tout indiqué.

3° L'évolution. — Plusieurs cas peuvent se présenter :

Ou bien nous avons affaire à une affection d’allure torpide, sans tendance à la généralisation, sans tendance non plus à la guérison. C’est alors une tumeur incurable invétérée qui est gênante surtout au point de vue local. L'opération sera alors d’une incontestable utilité d'autant plus qu’on peut s’attendre à tout moment à voir un cancroïde changer d'allures et se généraliser, ou bien à observer sur un lupus des poussées épithéliomateuses qui en aggravent le pronostic.

Ou bien il s’agit d’une tumeur à marche rapide ; s’il ne semble pas y avoir encore de complications générales, viscérales ou autres il faut opérer vite.

Peut-être empêchera-t-on une généralisation qui va se produire, surtout si l’on enlève le plus complétement possible les ganglions même suspects.

B.— Du côté de l'individu. — Chez les enfants, on a rarement l'occasion d'observer ces tumeurs. Les lupus cependant s'y rencontrent : et alors l’opérabon peut parfaitement se faire : l’objection à poser serait-elle de limmobilisation, mais nous avons vu dans une des observations citées qu’un résultat autoplastique très bon avait été obtenu chez un enfant à cicatrices vicieuses. é

L’aduilte est le meilleur terrain.

Quant au vieillard, s’il n’a pas d’état général spé-

cial, il supporte assez facilement le choc opératoire qui en réalité n’est pas exagéré, Deux des observations que nous avons citées se rapportent d’ailleurs à des vieillards de plus de 60 ans (62 et 67 ans).

Le sexe semble indifférent,

Quant à la profession, il est évident que ce traitement est tout à fait indiqué chez un ouvrier, chez un manœuvre qui a besoin de sa main pour travailler et qui ne peut se soumettre à un traitement long etsuivi. Le procédé chirurgical qui est rapide et l’autoplastie qui donne une réparation solideetutile n’est donc pas à comparer avee les autres méthodes. Le cas du cocher cité dans l'observation de Faitout en est une preuve.

Enfin que l’on aie affaire au malade indigent qui se fait soigner à l'Hôpital ou à l'individu riche qui accepte de se laisser traiter dans une maison de santé ou une clinique particulière, l’on aura une indication de plus à soumettre ces malades au traitement chirurgical. Souvent, en effet, l'on hésite à entreprendre un tel procédé dans un domicile particulier, alors qu'on n’a pas le nombre d’aides suffisants et qu'on ne peut être suffisamment sûr des soins consécutifs. |

B.— Contre-indications.— Les contre-indications se déduisent en somme des indications que nous avons exposées.

1° Au point de vue de la tumeur :

Il est évident que là où on pourra faire une réunion par première intention, on ne cherchera pas

ailleurs un lambeau réparateur. Maïs on ne doit pas par crainte d’autoplastie restreindre l'étendue des tissus à enlever et risquer ainsi d’être mcomplet.

Une tumeur s'étendant trop profondément ou trop en surface, et qu'on ne serait pas à peu près certain de pouvoir enlever complétement, ne semble pas demander le traitement chirurgical. Celui-ci, en effet doit-être complet ou ne pas être.

Enfin si la tumeur a une marche très envahissante si les engorgements ganglionnaires sont exagérés, si surtout des généralisations viscérales se sont déjà produites, il vaut mieux respecter la tumeur.

Ce qu'il y a de grave alors, ce n’est pas la tumeur, c'est l’état général et le traitement local, s’il n’aggravait pas cet état, serait au moins d’une utilité très contestable.

2° Au point de vue de l'individu :

Il est un certain nombre de personnes qui refusent absolument de se soumettre à une opération, on essaiera de les persuader : mais il en est quelquesunes près desquelles il vaudra mieux ne pas insister, car les résultats autoplastiques seraient sans doute compromis par l’'impatience, la nervosité, les exigences, la pusillanimité du malade incapables de supporter pendant quelques jours une immobilisation et une souffrance cependant relative.

Restent enfin les contre-indications tirées de l’état général.

On attendra évidemment la fin d'une maladie aiguë et d'autre part l’on sait le résultat souvent désas-

treux des opérations chez les individus atteints de certaines diathèses.

Il vaudra donc mieux s’abstenir non seulement chez les cancéreux ou tuberculeux avancés, mais chez les individus présentant des signes de diabète, d’insuflisance rénale ou de syphilis.

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