Lassar. Semaine médicale
badigeonnages à l'acide lactique, acide acétique, acide chromique, au nitrate acide de mercure, au nitrate d'argent ou chlorure de zinc, à la potasse caustique ; des poudres telles que l’iodol, l'aristol, la résorcine ; des solutions de chlorate de potasse, d’arsenic,des emplâtres à larésorcine, de Unna ; des pâtes de Canquoin, arsenicales ; des injections hypodermiques modificatrices d'alcool, de térébenthine, d'acide tannique, de liqueur de Fowler, d'iodure d’arsenic, d’iodure de potassium, d’hamamelis virginica, d’ergoline, de naphtol camphré. On a même associé des applications simultanées ou successives de médicaments différents. M. Darier emploie l'acide chromique et le bleu de méthylène: M. Kühne, d’Elbeuf, l'acide chromique et l'acide arsénieux ; le D' Gavino (Congrès de Rome), le sublimé et l'acide azotique. I n'est pas jusqu’à l’inoculation des streptocoques de l’érysipèle (Bush et Fehleisen) que l'on ait tenté dans un but thérapeutique, contre le cancer, quieüt aussi ses essais de sérothérapie. A cette longue énumération de corps chimiques, nous ajouterons l’emploi dela galvanisation et de la cautérisation par le feu.
De tous ces moyens, nous ne retiendrons pour les examiner un peu en détail, que ceux capables de détruire la tumeur: les destructeurs chimiques et la cautérisation ignée.
Pour ce qui est des caustiques chimiques, on peut caractériser d’un mot les reproches à leur adresse : le
caustique, en général, est un destructeur brutal et
aveugle : et il est toujours dangereux entre des mains inhabiles ou trop timides. Il existe, en outre, dans le mode d'accroissementdes tumeurs, une étroite parenté des tissus néoplasiques et des tissus sains, parenté telle qu'il ne peut guère exister de caustique spécilique, c'est-à-dire, un agent capable de détruire la vitalité des cellules néoplasiques en les poursuivant dans l'intimité des tissus sains sans altérer aussi ces derniers.
Dans ces dernières années, cependant, plusieurs travaux ont été tentés, en vue d'essayer de trouver l’action spécilique de larsenic à l'égard du cancer ; et les différentes pâtes arsenicales que l’on avait employées jusque-là, pâte du Frère Cosme, pâte de Rousselot, de Dubois, de Dupuytren, etc., ont reçu une heureuse modification dans la solution hydroalcoolique de MM. Cerny et Trunecck, de Prague.
Mais aux yeux des auteurs de cette méthode’ euxmêmes, le traitement qui devait obtenir @ la guérison radicale du cancer épithélial» (Semaine Médicale, mai 1897) ne tardait pas à avoir quelques inconvénients et ne se trouvait pas applicable à tous les cas. Aussi dans la Semaine Médicale de 1899, publiaientils un nouvel article «sur les formes de cancer justiciables des applications arsenicales » : de sorte que les résultats obtenus sont loin d'avoir confirmé la spécificité de ce traitement et l’action élective de l’arsenic.
Le traitement de MM. Cerny et Trunecek a été expérimenté souvent depuis ; si l’on en à fait ressor-
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tir les avantages, on en a critiqué ses inconvénients ; il nous suffira donc de les reproduire brièvement.
C’est d’abord la douleur, douleur si intense et si persistante qu’elle a pu provoquer des syncopes. À la Société de Dermatologie, en mars 1898, M. Hallopeau signalait ces douleurs, et M. Hermet d'ajouter: « M. Cerny m'a dit qu'à Prague, beaucoup de malades refusent de continuer le traitement à cause des douleurs qu’il provoque ». De plus, les anesthésiques paraissentinefficaces contre cette souffrance ; on aen effet, sans grands succès, incorporé l’orthoforme àla solution Cerny-Trunececk ; et l'injection préalable de cocaïne est aussi inefficace, € car la douleur acquiert son maximum dans les cinq ou six heures qui suivent son application.
C’est ensuite l’œdème périphérique. M. Ducastel, toujours dans la même séance à la Société de Dermatologie, disait: € Je me suis efforeé d'appliquer exactement les préceptes détaillés qu'ont donné les auteurs dans leur communication à la Semaine Médicale, et j'ai dû y renoncer en présence de la violente inflammation produite par l’acide arsénieux.
On a signalé également un coryza rebelle et de la conjonctivite. Pascal (1) considère comme « chimérique » le danger d'intoxication possible par l’arsenic ; il semble cependant qu'il faudrait tenir compte de l’âge, et de la résistance du sujet, ainsi que de l’é-
tendue de la lésion et de la surface d'absorption.