TROISIÈME PARTIE
CIIITIQUK
La lecture des chapitres qui précèdent est instructive et je tiens à bien préciser ce qui en ressort. Et d'abord, une question capitale se pose. Y-a-t-il une opération curative contre le cancer de l'estomac? En d'autres ternies, peut-on mettre en opposition la gastrectomie et la gastro-entérostomie, en ne regardant que cette dernière comme une opéi'ation palliative?
Tous les auteurs ont jusqu'ici parlé de môme. Pour tous, sans exception, il s'agit, une fois la laparotomie faite, de voir par l'exploration manuelle s'il est indiqué de pratiquer l'extirpation. Si la chose est reconnue impossible on « se décide pour une opération palliative », la gastro-entérostomie en général, ou une des opérations diverses que nous avons signalées. Ces opérations, dans tous les articles spéciaux, sont mises en parallèle avec la pylorectomie regardée toujours comme une « cure radicale ». Il faut s'entendre, et ne pas employer les mois sans se préoccuper de leur sens. Or, je déclare qu'il n'y a pas d'opération curative contre le cancer de l'estomac, moins encore si c'est possible, que contre le cancer de tel ou tel autre organe. Je parle, bien entendu, du cancer de l'estomac arrivé à la période où on peut le diagnostiquer.
Pour un cancer du sein ou de la lèvre ou de la langue, le chirurgien peut être consulté à une période très rapprochée du début du mal. Il a la tumeur dans la main, sous les yeux; il peut en apprécier d'emblée le volume, les connexions; il explore
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aisément les départements ganglionnaires correspondants. Il a presque toujours en somme la possibilité de l'aire une opération précoce et il peut espérer que l'économie n'est pas encore infectée et que le système lymphatique est indemne. De plus, l'ait sur lequel je reviendrai, l'opération est d'une bénignité absolue, dans tous les cas de cancers accessibles que j'ai choisis comme exemples. Dans ces termes là on conçoit à la rigueur que l'opération précoce et large puisse être curative. Mais il faut pour cela, et c'est une condition expresse et formelle, que l'opération soit « précoce et large ». Or, je crois pouvoir démontrer qu'il est à peu près impossible, dans le cancer de l'estomac, de faire une opération précoce. Nous verrons ensuite ce qu'il faut penser d'une opération large appliquée à cette même affection.
Cette troisième partie est divisée, comme les deux premières, en trois chapitres.
Dans le premier, je m'occuperai surtout du diagnostic du cancer de l'estomac et des modes d'exploration permettant de déceler de bonne heure les indications formelles de l'intervention.
Dans un deuxième chapitre, j'établirai un parallèle entre la gastrectomie et la gastro-entérostomie, en insistant sur la gravité opératoire comparée et les résultats éloignés de ces deux modes de traitement.
Enfin le troisième chapitre comprendra, sous forme de conclusion, le résumé des deux chapitres précédents.