‹ Traitement chirurgical du cancer de l'estomacChapitre 2 sur 19 · PRATIQUE ÉTRANGÈRE · texte numérisé non relu

PRATIQUE ÉTRANGÈRE

En commençant ce travail par la relation de ce qui se fait à l'étranger je commets un léger anachronisme ; chacun sait, en effet, que c'estM.Péan qui le premier, en 1879, a pratiqué sur l'homme une résection du pylore cancéreux. La pylorectomie est donc une opération d'origine parisienne : c'est cependant à l'étranger seulement qu'elle a été en honneur pendant les dix ans qui ont suivi la publication du chirurgien français. Et même, comme nous le dirons dans la seconde partie de ce travail, M. Péan n'a eu l'occasion de pi'atiquer à nouveau son opération, que neuf ans après sa tentative de 1879. Pendant ce laps de temps, aucun autre chirurgien français n'avait fait cette opération. Nous allons voir au contraire combien les efforts, les tentatives, les modifications, les perfectionnements, s'étaient multipliés dans les écoles voisines.

Le 28 septembre 1881, un assistant de Billroth, Wôlller, eut l'idée ingénieuse et hardie, dans un cas où la pylorectomie n'était pas possible, de faire une opération palliative qui rétablît la voie gastro-intestinale obstruée par le cancer. Il amena une anse intestinale au contact de la paroi saine de l'estomac, en amont du cancer, et sutura les deux organes l'un à l'autre, après les avoir incisés à ce niveau.

Il créait ainsi une voie gastro-intestinale indépendante de la voie gastro-duodénale obstruée, un véritable canal de dérivation. Wôlller eut bientôt de nombreux imitateurs ; et, suivant que

le cancer siégeait plus ou moins loin du duodénum, les opérateurs établirent le contact gastro-intestinal, sur une région de l'intestin plus ou moins rapprochée du pylore. Le priacipe est le môme, et je ne ferai qu'un chapitre, des gastro-duodénostomies et dès gaslro-jéjunostomies, que je comprendrai toutes sous le terme générique de gastro-entérostomie.

Enfin, diverses autres opérations ont été proposées. Les unes ont été des opérations, pour ainsi dire, de nécessité, improvisées au cours d'une tentative malheureuse. Ce ne sont pour la plupart que des ébauches d'opérations qui ne méritent pas de nom spécial. Je les résumerai sous la rubrique « Opérations diverses ». Une seule de ces opérations a été pratiquée en France : elle est due à Daniel Mollière (de Lyon).

Cette première partie de mon travail se divise donc en trois

chapitres :

r Pylorectomies étrangères.

2° Gastro-entérostomies étrangères;

3° Opérations diverses.

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