DOIT-ON OPÉRER LE STRABISME PARALYTIQUE ET A QUEL MOMENT
En présence d’une paralysie oculaire médicalement incurable (les seules qui relèvent de la chirurgie) dans quel cas doit-on intervenir et à quel moment ?
Nous trouvons à ce sujet peu de renseignements précis dans la littérature médicale. Même parmi les plus grands défenseurs de l'intervention, certains n’en parlent pas et d’autres à peine.
a) Parmi les indications que l'on a données de l’intervention dans le strabisme paralytique
EPERON (1) dit à propos des déviations verticales qu’elles sont en général peu considérables et facilement accessibles à la guérison chirurgicale. Il ajoute que le succès de cette intervention serait favorisé par ce fait
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que l'élévation et l’abaissement sont effectués par deux muscles différents dont l’un, souvent épargné par la paralysie, continue à fonctionner.
Oum est partisan de l'intervention quelques $emaines après le début de la paralysie. Même, au cas où la guérison surviendrait, l’antagoniste suffirait à obvier à la sur-correction.
SAUVINEAU estime que le traitement chirurgical ne doit être employé qu’en dernier ressort. L'intervention trouverait son indication dans les paralysies oculaires isolées permettant alors de remédier à la déviation et de faire disparaître la diplopie. Il préfère attendre plus longtemps que Ohm avant d'opérer. |
Pour AxenreLp il faul intervenir dans les paralysies au cours desquelles après plusieurs mois persiste un degré considérable de déviation paralytique.
Fucus est d'avis que l’on doit intervenir dans les paralysies anciennes sans guérison possible.
TERsON à propos de dix cas de paralysie traumatique du droit externe, dont 9 étaient définitives, estime que l'intervention peut être précoce, la guérison survenant avant un mois. Les résultats qu’il a obtenus en opérant un de ces cas lui ont permis de dire qu’il ne fallait pas hésiter à intervenir dans les paralysies incurables de toute nature.
LAGRANGE dans un travail très documenté sur letraitement chirurgical du strabisme paralytique s'exprime en ces termes : ne
« Tout malade atteint de strabisme paralytique incurable a horreur de la vision double et si nous le mettons
LENS LC dans des conditions mécaniques qui lui permettent de l’éviter, il en profitera dans une étendue plus ou moins grande du regard.
Toute la question se résume à savoir si nous pouvons mettre la macula déviée en face de l’objet fixé par l’autre œil. Or, il n’est pas douteux que nous le pouvons dans le plus grand nombre de cas/
À priori tous les sujets pourvus du sens de fusionne ment normal, doivent bénéficier de l’opération. Ceux-là seuls qui manquent d’appétit pour la fusion binoculaire ne seront pas améliorés et leur nombre en est très restreint ».
PouLarp et HARTMANN pensent que toutes les fois que le traitement médical s’est montré inopérant il faut recourir à l'intervention chirurgicale qui, depuis 20 ans, leur a donné d’excellents résultats.
LuTHErR PETER écrit dans un ouvrage paru récemment (et qui résume assez bien les idées américaines actuelles sur le strabisme) que l’on peut opérer un strabisme paralytique un jan après son apparition si l’on n’a pas constaté d'amélioration. Dans certains cas, Cependant, on peut opérer plus précocement. Il est d’ailleurs difficile de poser des règles définies pour lintervention.
TERRIEN est hésitant sur l’opportunité de lintervention. En voici les raisons :
- «A la longue, alors même que la paralysie persiste, la diplopie finit par disparaître, ou, pour parler plus exactement, par n'être plus perçue par l’œil dévié, neutralisant l’image fausse comme dans le strabisme concomitant. Dans le cas contraire, et, seulement lorsque la
paralysie est devenue définitive, on pourra remédier à la déviation par une intervention, si celle-ci devient nécessaire ». Et encore, ajoute-t-il, dans son 7raité sur la chirurgie de l'œil, en règle générale, on s’abstiendra d’opération.
b) Pour certains auteurs, il existerait des contre indications à l’opération
Pour SAUVINEAU (1) les paralysies survenant au cours d’affections graves du système nerveux, dans lesquelles de nouvelles paralysies sont à craindre, ne seraient pas justiciables du traitement chirurgical.
Pour Fuogs (1) en présence d’une paralysie complète avec inertie totale du muscle, l'opération serait inutile.
Pour De LAPERSONNE : «la disparition de la diplopie par avancement lorsqu'il existe la même acuité des 2 yeux serait très rare, car le rapprochement des axes des deux yeux rend beaucoup plus gênante la diplopie, et généralement le malade est obligé de faire l’occlusion d’un œil pour éviter le vertige et les incoordinations plus grandes des mouvements. Lorsque la paralysie est incomplète, le muscle avancé, par sa contractilité partielle pourrait favoriser, si ce n’est la vision binoculaire, du moins un rapprochement tel que la fausse image
disparaisse ».
c) Enfin le principe même de l’intervention a été rejeté par Hartridge
Il trouve en effet illusoire un traitement qui s’attaque au muscle alors que la lésion est d’origine nerveuse.
RTL MIE d) Conclusions
D’après ce qui précède, nous voyons qu’actuellement encore, les avis sont partagés sur l'opportunité de lPintervention. [| semble cependant, d’après les discussions qui ont suivi les dernières communications de Poulard et de Lagrange que la plupart des ophtalmologistes ne soient pas convaincus de la certitude des résultats heureux de l'intervention. Ils paraissent craindre que, dans les cas difficiles, œil ne puisse être remis en rectitude absolue et s’y maintenir, laissant alors, même dans le regarden face, persister la diplopie.
Telle n’est pas notre opinion-sur les résultats de l'intervention, dont les indications sont d’ailleurs varia-
bles suivant le cas.