LES PRÉCURSEURS DE L'INTERVENTION
Lés premières interventions en date portèrent sur les muscles à action horizontale. Ce sont celles-ci que nous allons d’abord étudier.
A. — PREMIÈRES INTERVENTIONS PORTANT SUR LES MUSCLES A ACTION HORIZONTALE
C’est en 1842 que, pour la première fois, MAISONNEUVE et VeczPpEaUu eurent l’idée d'intervenir chirurgicalement dans le strabisme paralytique.
Puis Guérin, de Nantes, aurait opéré précocement 45 malades et, par une simple ténotomie, aurait eu Lh1 succés. :
Mais à la suite de ces précurseurs c’est à de GRAËFÉ que revient le mérite d’avoir nettement posé les indications et la technique de l'intervention dans le strabisme paralylique. Voici ce qu'il disait à ce sujet en 1862 :
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1° Si le défaut de mobilité s’élève de une ligne à une ligne et demie de sorte que la diplopie n’empiète que d’un petit nombre de degrés sur la moitié opposée du champ de la vision, il conseille la ténotomie simple du muscle antagoniste que l’on reporte en arrière de la même quantité, à savoir 1 ligne à 1 ligne et demie.
29 Mais si la diminution dans la motilité du muscle paralysé excède 1 ligne à r ligne et demie, si les positions extrêmes de l’œil ne peuvent être atteintes que par des secousses continues et ne peuvent se maintenir d’une façon permanente, voici ce que l’on doit faire :
Ramener en avant l'insertion du muscle paralysé en même temps qu’on pratiquera une ténotomie partielle du muscle antagoniste. Cette opération sera applicable aux cas où le défaut de mobilité se trouvera maintenn entre 1 ligne et demie et 2 lignes et demie.
3° Pour ceux qui dépasseront ces limites, il faut ramener en avant le muscle paralysé en même temps que l’on pratiquera la ténotomie complète de son antagoniste.
Telles sont les règles opératoires posées par pe GRAEFE qui, dans leurs grandes lignes, sont restées debout jusqu’à nos jours.
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B. -- PREMIÈRES INTERVENTIONS PORTANT SUR LES MUSCLES A ACTION VERTICALE
Cest DE GRAEFE qui, le premier, opéra de telles para-
Jysies. Pour une paralysie du grand oblique, il fit une
ténotomie du droit inférieur de l'œil sain, mais ne donna pas les résultats de son intervention.
En 1873, RuneBerG publia le r°° cas de guérison d’une paralysie du grand oblique par une ténotomie du droit inférieur de l’autre œil.
En 1874, Kwapp fit le premier avancement musculaire pour une paralysie du droit supérieur.
En 1875 et 1876, Scuôcer, RuneserG, Horz et von KriEs rapportent quelques observations de paralysies verlicales traitées chirurgicalement avec succès.
Mais c’est à EPeRoN que lon doit d’avoir le premier mis au point la question de l'intervention dans les strabismes verticaux paralytiques. ,
Dans un travail paru en 1889, après avoir tracé un historique détaillé de la question et rappelé six de ses interventions suivies de succès, il en arrive aux conclusions suivantes :
i° L'avancement est plus facile à doser que la ténotomie ;
ot Dans les déviations faibles l'avancement capsulaire
peut suffire ;
3° Ces interventions n’ont pas d'effet fâcheux sur l’in-
clinaison des méridiens rétiniens ;
4° L'effet de ces interventions peut se faire sentir dans tout le champ du regard binoculaire normal.
Suivent ses différentes méthodes opératoires sur lesquelles nous reviendrons ultérieurement.
Tels sont les précurseurs de l'intervention chirurgicale dans le strabisme paralytique qui déjà à cette époque avaient bien compris la nécessité de l’opération. | \
Et si la technique opératoire s’est considérablement améliorée, si leurs méthodes ont été plus ou moiné modifiées ou transformées, l’on peut dire cependant que, dans leur ensemble, les grands principes qu’ils ont établis sont encore vrais aujourd’hui.
Au cours de ce travail, nous aurons presque uniquement en vue le traitement chirurgical des paralysies franches survenant chez l'adulte, nous réservant de dire un mot en terminant sur le strabisme paralytique de l'enfant. |