CHAPITRE IV
La marche. — Manipulations et soins consécutifs
Lorsque la section tendineuse a été pratiquée et que l’appareil plâtré a été enlevé, le segment du membre dévié n’a pas encore repris sa position normale. Il reste encore dévié, les mouvements des articulations provoquent des douleurs ; enfin il existe autour de ces articulations des épaississements fibreux qui limitent la mobilité. Il faudra alors fortifier les muscles du patient et réveiller chez lui les mouvements fonctionnels de ses articulations.
Cette deuxième partie du traitement demande plus de temps, de patience et de sacrifices de ceux qui soignent le jeune malade que les interventions chirurgicales et les appareils plâtrés. Elle a pour but de détruire petit à petit les causes de raideur et d'atténuer les difficultés qu'éprouve le malade à s'appuyer complètement sur’ ses membres inférieurs et à marcher d’une façon convenable. \
Pour arriver àrendre aux articulations, surtout à celles du pied et du genou, toute leur souplesse, deux facteurs sont indispensables : a; la marche graduée, b) les massages où manipulations diverses en y ajoutant l’électrisation des muscles,
se, MARCHE
À.— Appareils ambulatoires
On doit commencer par mettre le malade debout, soutenu par un ou deux aides. Rien ne frappe davantage que les progrès rapides obtenus par persévérance dans l'emploi de ce moyen ; bientôt on permet la marche modérée et progressive avec l’aide d’une personne étrangère, de béquilles ou d'appareils (Terrillon).
Cette marche graduée est effectuée plusieurs fois dans la journée par petite séances et limitée par la douleur ‘éprouvée par le petit malade.
Après quelques jours de marche, les articulations s’assouplissent, la plante des pieds s’aplanit sauf sur le bord interne qui est le plus rebelle à ce redressement lent; enfin les orteils qui sont presque toujours fléchis, se redressent petit à petit. Le gros orteil est souvent rebelle et dans ce cas si le tendon fléchisseur contracturé semble la cause de la permanence de la flexion on peut le sectionner, comme le recommande Terrillon. Maïs cela n’est pas toujours nécessaire.
D'une manière générale plus on fait marcher l'enfant, plus la marche devient facile, Or, le corps du malade en pesant sur les membres inférieurs y détermine des contractures musculaires, et favorise la flexion des genoux et des hanches. Le poids du corps, tel est l'obstacle important qui s'oppose à la marche. Les appareils mécaniques viennent heureusement remédier à ces inconvénients.
Les béquilles constituent, de tous les appareils mécaniques, le plus simple et le plus utile. Elles sont un moyen de soutien et facilitent la marche. Lorenz en rejette complètement l'emploi, de même que de tout appareil orthopédique. (Je tiens, dit-11, toutes les machines orthopédiques pour des empêchements dirimants de la locomotion et je crois qu'elles ne valent pas mieux que les semelles de plomb que recommande Andry
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pour apaiser la musculature agitée. Le malade reste, avec les appareils, l'éternel tributaire du marchand de béquilles s’il ne se fatigue enfin de la torture et ne les jette au feu ». L'opinion de l’auteur allemand est, comme on le voit, absolue, maïs les appareils orthopédiques et les béquilles en particulier ne, méritent pas une critique aussi sévère. La majorité des orthopédistes ont toujours retiré des béquilles les plus grands avantages-et nous pouvons conclure que leur simplicité et leur utilité par la marche en font un appareil de choix dans le traitement de la maladie de Little.
De Forest Willard (17) a modifié avantageusement les béquilles en les combinant avec un chariot. C’est ce qu’il appelle les béquilles sur roues Cwheeled crutches ». Les béquilles sur roues peuvent être faites à bon compte et avec des matériaux simples. De Forest Willard conseille un modèle fort simple dont nous donnons la description d’après Redard.
Ce chariot à béquilles se compose du cadre d’une voiture ordinaire d’enfant ; sur ce cadre s'élèvent deux tiges terminées par deux supports de béquilles rembourrés qui peuvent s'élever ou s’abaisser; la distance des extrémités des béquilles varie avec le diamètre du thorax; chez les sujets impotents ou atteints de cyphose on entoure le thorax d’une large ceinture de cuir formant corset et solidement fixée aux deux tiges latérales qui font fonction de béquilles. Il est facile de voir avec quelle commodité l’enfant placé dans ce chariot peut mouvoir les jambes pour marcher, le poids de son corps étant soutenu par les deux supports à béquille.
Le chariot de Darach (fig. 1) qui soutient le tronc et permet au sujet d'apprendre à marcher, sera aussi utilement employé.
Quand, pendant la station debout, il ya demi-flexion des membres inférieurs dans les articulations de la hanche et du genou et quand aucun obstacle important ne s'oppose au redressement, l'enfant étant dans la position horizontale, l'appareil de notre maitre le docteur Redard donne d'excellents résultats,
Cet appareil (fig. 2) se compose d’un corset en euir moulé et de deux cuissards avec jarbières ; des tiges métalliques articulées au moyen de vis que l’on serre ou desserre à volonté réunissent ces trois parties. Des tracteurs élastiques puissants glissent sur des poulies fixées à des tiges verticales dépendant des cuissards, prennent leur point d'appui en haut sur le corset, en bas sur les cuissards et produisent l’extension de la
FIG. 1, -- Appareil de Darrach.
cuisse sur le bassin. L'articulation du genou peut être rendue rigide ou mobile par les vis des deux tiges latérales. Avec cet appareil l'enfant peut très bien apprendre à marcher, appuyé sur une canne et l’on peut obtenir de lui une marche correcte.
V. Robin (de Lyon), qui s’est beaucoup occupé du traitetement mécanique de la maladie de Little, a inventé ur appa-
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reil dont la théorie et la description se trouvent dans la thése de son élève le Dr Garabet-Mazaret. Robin a essayé de corriger les attitudes vicieuses et de les améliorer en quelque sorte par une gymnastique permanente, un Massage actif et continu. Les muscles contractés sont susceptibles de contractions volontaires : or il faut que chaque contraction subisse un massage actif: en effet, à mesure que les muscles se contrac-
F1G. ?, -- Appareil de Redard. -- Appareil à traction élastique de P. Redard pour parésie des membres inférieurs avec contracture des hanches et des genoux en flexion ; A. 4’, tractures élastiques ; 8. B’, poulies de réflexion.
J tent l’appareil à de la tendance à les allonger, allongement qui n'a de limite que la situation normale. Nous savons que d’une manière générale, dans la maladie de Little, il y a flexion en même temps qu'adduction des deux membres inférieurs ; il faut donc agir contre cette adduction exagérée et cette flexion, et pratiquer contre elle un massage actif et continu, Robin se
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